Meurtre à Sorel-Tracy | Que se passe-t-il sur le chemin des Patriotes ?

(Sorel-Tracy) En l’espace de 48 heures, un quarantenaire a été assassiné et deux résidences voisine ont été visée par des attaques au cocktail Molotov, sur le « tranquille » chemin des Patriotes, à Sorel-Tracy. Les autorités tentent toujours d’expliquer ce soudain déchaînement de violence.
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À l’arrivée de La Presse mercredi matin sur les lieux de la scène de crime, quelques résidents du secteur, curieux de savoir ce qui s’était passé la veille, erraient devant l’immeuble à logement alors que les enquêteurs et techniciens en identité judiciaire continuaient de recueillir des éléments utiles à l’enquête.
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« J’ai été très surprise d’entendre qu’un meurtre venait d’avoir lieu dans le quartier », explique Claudine Papineau. La veille, vers 21 h 30, elle se souvient d’avoir entendu plusieurs sirènes de voitures de police. « Je me suis dit : “Voyons donc, qu’est-ce qui se passe ?” », sans pour autant imaginer qu’un homme venait d’être abattu.
Je savais qu’à la quantité de sirènes, ce n’était vraiment pas normal.
Quelques minutes plus tôt, des suspects se sont rendus à l’arrière du logement où habite Pascal Gaudreau, 44 ans. Ils ont cogné à sa porte, puis ont ouvert le feu à plusieurs reprises dès qu’il a ouvert.
« J’avais l’impression que c’étaient des feux d’artifice », explique une voisine qui n’a pas voulu que son nom soit publié, craignant d’être la cible d’une prochaine attaque.
Dans une vidéo filmée par un voisin publiée sur les réseaux sociaux quelques instants après les coups de feu, on peut entendre une femme crier à l’aide, implorant l’arrivée des ambulanciers.
Selon les informations fournies par la Sûreté du Québec, la victime était bien connue des services policiers. D’après nos recherches, Pascal Gaudreau a été accusé à plus de 20 reprises au cours de sa vie.
Sa dernière incarcération remonte à 2021, alors qu’il devait purger neuf mois avec sursis et une probation de deux ans, pour une histoire de possession de biens criminellement obtenus.
En 2015, il avait été accusé de méfaits et de vol, après s’être introduit par effraction la nuit dans un concessionnaire Ford de Bécancour. Il avait alors été pris sur le fait alors qu’il tentait, avec des complices, de voler des roues de camion.
Au début des années 2000, il avait aussi été incarcéré à quelques reprises pour des dossiers de vol, de vol de véhicule, d’introduction par effraction dans un dessein criminel ou encore pour des voies de fait.
Incendies criminels
Depuis le 9 octobre, Éthel Blais vit un véritable calvaire. Habitant seule dans la maison en face de l’immeuble où Pascal Gaudreau a été assassiné, la femme de 79 ans a reçu la visite de trois individus qui ont rôdé autour de sa propriété, en plus d’y commettre des méfaits.
Les pneus de sa voiture ont été crevés, de l’essence a été aspergée autour de sa maison et une roche lancée a détruit la fenêtre de sa chambre. Un adolescent a, pour l’instant, été arrêté.
« Les enquêteurs m’ont dit qu’il s’agissait de trois jeunes différents, dont un âgé de 15 ans », raconte Mme Blais. « Il n’aurait pas été capable d’utiliser son briquet, sans quoi ma maison aurait probablement brûlé complètement. »
Après le deuxième incident, elle a décidé de quitter son domicile à la tombée de la nuit pour aller dormir chez sa cousine.
Cette décision lui a peut-être sauvé la vie. Aux alentours de minuit, dans la nuit de dimanche à lundi, son domicile a été la cible d’une attaque au cocktail Molotov qui a brûlé une partie du mur de sa chambre.
« Ça s’enchaîne, c’est très stressant », explique la dame qui avoue ne plus se sentir en sécurité le soir dans cette maison qu’elle habite depuis 60 ans.
Une autre résidence située à proximité de la sienne a été visée par un incendie criminel quelques heures plus tard.
Pour l’instant, rien ne permet de confirmer un lien entre le meurtre et les attaques incendiaires, explique la porte-parole de la Sûreté du Québec, Valérie Beauchamp.
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