Alto achète un premier terrain et se prépare aux expropriations

Alto se lance à la recherche d’experts en immobilier qui auront la mission de déterminer la valeur des propriétés et des droits fonciers qu’elle souhaite obtenir en vue de la construction du premier réseau de train à grande vitesse (TGV) au pays.
La société d’État confirme d’ailleurs avoir déjà acquis un premier terrain stratégique
.
Elle refuse toutefois de préciser l’emplacement exact de la propriété acquise, mais confirme par écrit que celle-ci était déjà sur le marché et présentait un intérêt stratégique pour le projet
.
La société d’État assure toutefois que son programme principal d’acquisition foncière ne débutera qu’une fois le corridor plus précis partagé publiquement et les études techniques suffisamment avancées
.
D’ici là, la société d’État doit se préparer à un processus d’acquisition de droits fonciers et d’expropriation qui s’annonce ardu en raison de la grogne des agriculteurs de l'est ontarien et du Québec, dont plusieurs s’opposent fermement au projet.
Alto a donc lancé en août un avis de projet de marché sur le site d’appel d’offres du gouvernement du Canada afin de se doter de services professionnels d’évaluation immobilière. Le contrat est d’une durée de trois ans.
L’entreprise choisie aura la tâche de fournir à Alto une évaluation de la valeur marchande des terrains ciblés afin d’éclairer les futures discussions avec les propriétaires lorsqu’une propriété ou des droits fonciers seront requis pour le projet
.
Les propriétaires pourront avoir une évaluation indépendante (évaluateur de leur choix) et pour laquelle Alto couvrira les frais raisonnables
, poursuit l’organisation gouvernementale.
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Je m'attends à ce qu'il y ait un débat
Pendant ce temps, les agriculteurs serrent les rangs, assure le vice-président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), Michel Dignard.
Ça n’a pas changé. Il n’y a pas un agriculteur qui a accepté l’accès à son terrain
, assure-t-il.
Il précise toutefois que l’UCFO poursuit ses discussions avec Alto, les plus récentes ayant eu lieu il y a moins d’un mois au sujet des éventuelles compensations financières pour les agriculteurs touchés par le passage du TGV.
Les deux parties doivent se rencontrer à nouveau le 23 septembre, ajoute M. Dignard, afin de discuter cette fois-ci des impacts environnementaux du projet et des mesures proposées par Alto pour les atténuer.

Michel Dignard est le vice-président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens.
Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Michel
Alto doit aussi annoncer une version plus précise et fort attendue du tracé de 200 kilomètres entre Ottawa et Montréal cet automne.
Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a d’ailleurs dû défendre à nouveau le projet de TGV vendredi, alors qu’il était en plein caucus libéral à Banff, en Alberta.
Questionné sur l'opposition du Parti québécois et du Parti conservateur au tracé, il a réitéré son engagement envers le projet.
Pour tout le monde qui appuie ce projet-là, et ils sont très nombreux, ça va changer la donne au Canada
, indique M. MacKinnon.
Maintenant, je m'attends à ce qu'il y ait un débat, c'est clair.

Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
D’autant qu’Alto n’a toujours pas dévoilé le nombre total de propriétés touchées par le passage du TGV. En mai dernier, le président-directeur général d’Alto, Martin Imbleau, a toutefois révélé que le chemin de fer du futur TGV entre Montréal et Ottawa traversera environ 1700 propriétés, dont au moins 500 terres agricoles.
Alto précise ne pas avoir de mise à jour concernant ces estimations.
Lors d’une entrevue avec Radio-Canada en novembre 2025, le ministre MacKinnon a indiqué qu’il y aura forcément des expropriations le long du tracé.

Alto a dévoilé une première ébauche du corridor proposé pour le projet de train à grande vitesse au début de l'année. Une version plus précise du tracé sera présentée cet automne. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Presque un an plus tard, le politicien assure vouloir procéder aux acquisitions de terrain avec la plus totale sensibilité
.
Il souligne toutefois qu'il faut cesser de véhiculer ce qu'il qualifie de fausse information concernant les expropriations de résidences dans le secteur de Mirabel, au Québec.
C'est pas vrai qu'on va refaire les erreurs du passé, comme à Mirabel. On s'est excusé pour l'expropriation à Mirabel
, assure Steven MacKinnon.
Alto prévoit aussi annoncer cet automne l’emplacement des gares. Il faudra toutefois attendre à l’an prochain pour connaître la version finale du tracé entre Montréal et Ottawa.
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