Brutalité policière à Montréal | L’Association canadienne des journalistes demande une enquête

Estimant avoir documenté plusieurs cas de journalistes montréalais agressés par les policiers, l’Association canadienne des journalistes a demandé vendredi l’ouverture d’une enquête par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), alors qu’une vidéo troublante sur Instagram concernant une intervention policière mercredi dernier refait surface.
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Le plus récent de ces incidents concernant la presse est survenu en août, précise l’Association canadienne des journalistes, quand deux journalistes, Isaac Peltz et William Wilson, « ont été agressés par des agents du [Service de police de la Ville de Montréal] alors qu’ils couvraient une marche de la fierté alternative, la Rad Pride ».
« Isaac Peltz a affirmé que les agents n’avaient pas tenu compte de leur accréditation de presse et l’avaient frappé à plusieurs reprises au ventre et sur le côté, tout en menaçant une arrestation, dénonce l’ACJ dans un communiqué publié vendredi. « Il s’agit d’un comportement totalement illégal de la part des mêmes agents chargés de maintenir l’ordre et de faire respecter la loi », a déclaré Brent Jolly, président de l’ACJ.
L’ACJ, notamment connue pour l’organisation d’un gala annuel prestigieux, se présente comme « la plus grande organisation professionnelle au Canada », ayant comme mission de défendre les intérêts des journalistes d’un océan à l’autre.
Vidéo troublante sur Instagram
L’ACJ rapporte en outre qu’une vidéojournaliste du média alternatif Pivot, Oona Barrett, avait été menacée d’arrestation l’été dernier alors qu’elle couvrait une manifestation environnementale près de l’aéroport Montréal-Trudeau. En avril 2024, rappelle l’ACJ, Savanna Craig, journaliste à CUTV, la télévision de l’Université Concordia, avait été arrêtée par le SPVM et accusée de « méfait ». Elle couvrait un sit-in propalestinien dans une banque du centre-ville. « Toutes les accusations portées contre elle ont ensuite été abandonnées », indique-t-on.
Cette sortie de l’organisme de défense de la presse survient alors qu’une arrestation particulièrement musclée d’un manifestant mercredi soir, diffusée sur Instagram, suscite des interrogations quant au comportement des policiers. Cette manifestation anti-intelligence artificielle, tenue en marge de la conférence All In, a dégénéré après une heure quand des manifestants ont tenté de renverser des clôtures rue Jeanne-Mance.
Sur Instagram, on voit notamment deux agents presser un œil du manifestant au sol et menaçant, selon des commentaires publiés, « de le lui crever ».
La mauvaise qualité de la bande sonore empêche de confirmer hors de tout doute qu’un des policiers a bien lancé cette menace.
S’il ne peut se prononcer sur la proportionnalité de la force utilisée par les policiers, Fernando Belton, directeur général de la clinique juridique de Saint-Michel, estime qu’il est « clair » que menacer de crever un œil « est un acte dérogatoire ».
« Aucune situation ne donnerait le droit à un policier de faire une telle menace, et encore moins de la mettre en application, analyse-t-il. Les policiers disposent de plusieurs moyens pour restreindre une personne récalcitrante ou même violente. Crever un œil ne fait pas partie de leur option. »
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