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Wednesday, October 21, 2026

QR : les injections qui facilitent la perte de poids sont-elles sans danger ?

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Nous avons contacté l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) pour disposer des données concernant les notifications belges d’effets indésirables suspectés à propos de ces produits.

Entre le 19 octobre 2021 et le 18 octobre 2026, 2011 cas d’effets indésirables signalés en Belgique ont été enregistrés dans la base de données européenne de pharmacovigilance. Parmi ces cas, 488 ont été considérés comme graves.

Ainsi, des pancréatites (des inflammations du pancréas) ont été signalées dans 71 cas sur cette période. Les symptômes peuvent consister en une douleur abdominale intense et persistante, qui parfois irradie vers le dos. L’Agence européenne des médicaments (EMA) considère ces pancréatites des "événements graves connus" qui font l’objet d’une surveillance.

La plupart des notifications belges (41%) concernent des affections gastro-intestinales, comme des nausées, des vomissements, de la diarrhée, de la constipation, des douleurs abdominales. Ces troubles digestifs, les plus fréquents en début de traitement ou en cas d’augmentation de la dose, correspondent également aux effets indésirables les plus signalés au niveau européen.

Viennent ensuite des signalements belges de troubles plus généraux, comme de la fatigue, un malaise ou des réactions localisées à l’endroit de la piqûre (29%).

Près d’un tiers de notifications (27%) a trait à des intoxications, des lésions ou des complications consécutives à une utilisation du produit non conforme à ce qui est recommandé dans la notice (dosage incorrect, mauvais schéma d’administration).

Plus rarement (3%), le patient a signalé des effets indésirables dans la vision, comme des défauts visuels, une vision trouble ou, bien plus grave, une atteinte du nerf optique qui transmet les informations de l’œil vers le cerveau (la "neuropathie optique ischémique" ou NOIA-NA). Cet effet indésirable "très rare" est "reconnu" par l’Agence européenne des médicaments. En juin 2025, son comité de pharmacovigilance, qui surveille la sécurité des médicaments, a conclu que cette diminution de l’irrigation sanguine du nerf optique, qui peut entraîner une perte de vision, constituait effet indésirable très rare du sémaglutide (contenu dans les médicaments Ozempic, Rybelsus par voie orale et Wegovy).

Enfin, 2% des signalements soulignent des problèmes cardiaques, de types palpitations ou tachycardie.

Parmi ces médicaments injectables, il en existe de différents types.

Certains, comme l’Ozempic, sont autorisés uniquement pour traiter le diabète de type 2 (qui ne dépend pas de l’insuline) insuffisamment contrôlé.

Ils sont parfois détournés de leur usage, afin de perdre du poids, alors que d’autres médicaments (Saxenda, Wegovy, Mounjaro) sont indiqués spécifiquement pour aider à faire chuter la balance. Mais attention, pas, juste pour perdre quelques kilos.

Ces traitements ne peuvent être prescrits que dans des situations d’obésité, au-delà d’un certain indice de masse corporelle (IMC de 30) ou dans des cas de surpoids (IMC à partir de 27) à condition qu’il y ait au moins un facteur de comorbidité lié au surpoids. Ils ne sont pas remboursés et cela ne changera pas dans l'immédiat, car le Ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke a annoncé qu'il refusait le remboursement pour le Mounjaro dans le cadre de la perte de poids. 

Ces molécules viennent imiter des hormones naturelles de l’intestin qui aident à réguler la glycémie et l’appétit. Les médicaments peuvent imiter une seule hormone, le GLP-1 (en anglais, le "glucagon-like peptide 1"). On appelle ces médicaments des "analogues au GLP-1". C’est le cas de l’Ozempic (dont la molécule est le sémaglutide), par exemple.

Ils peuvent aussi avoir une double action, sur deux hormones. Leur appellation scientifique est alors "doubles agonistes GIP/GLP-1".

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (l’ANSM) vient de mettre en ligne son troisième rapport de pharmacovigilance sur les effets indésirables associés aux analogues du GLP-1. L’Agence a entamé une enquête dès 2023 à propos de ces produits. Ce dernier rapport analyse les signalements rapportés entre le 1er février 2025 et le 31 janvier 2026. Il évoque des "effets indésirables attendus, mais potentiellement graves".

Sur 840.000 patients exposés à ces produits durant les 12 mois concernés, 2801 cas d’effets indésirables ont été retenus dans le document, parmi lesquels 515 cas graves, soit 18,4%.

L’ANSM signale également 13 décès, précisant que dans 2 cas de pancréatite aiguë, l’imputabilité au médicament est jugée "possible", comme dans un cas de cancer du pancréas.

Comme chez nous, les principaux effets indésirables sont les troubles digestifs. Et comme chez nous, le rapport souligne le risque d’atteintes du nerf optique.

Dans 36 cas, des effets indésirables ont été signalés dans le cadre d’une utilisation non appropriée pour la perte de poids. Parmi ces patients, 17 cas graves dont 5 cas de pancréatites.

L’ANSM souligne que dans 2 cas sur 3, le médicament administré était obtenu en dehors des circuits officiels : soit sur internet, soit via des plateformes de vente entre particuliers, soit via les réseaux sociaux. Lors d’un usage inapproprié, neuf fois sur dix, les doses utilisées ont été trop élevées ou augmentées trop rapidement par rapport aux recommandations.

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