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Friday, September 25, 2026

Des data centers envoyés dans l’espace ? "C’est le scénario d’une réelle dystopie", réagit le professeur Francesco Contino

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En France, en Irlande ou encore chez nous, notamment à Saint-Ghislain, de nombreux projets de data centers, des centres de stockages de données notamment pour l'IA, sont lancés ou en phase de construction un peu partout. Mais ces infrastructures cumulent les impacts néfastes sur l'environnement : artificialisation des sols, bruit, création d’îlots de chaleur, pollutions atmosphériques. 

En plus de l'inquiétude autour de leur implémentation, les data centers vont forcément générer des tensions sur le réseau électrique mondial. Alors pour Benoît Deper, le patron de l’entreprise wallonne Aerospacelab, la solution serait de les envoyer dans l’espace. Tout simplement. "J’étais assez sceptique sur la faisabilité du concept il y a encore quelques mois. Mais on commence à voir une ébauche de faisabilité économique", a-t-il affirmé sur le plateau de Jeudi en Prime. "Je pense que c’est un relais de croissance formidable pour l’industrie spatiale et pour nous également."

Son entreprise vient de conclure un contrat historique : 2,4 milliards d’euros pour construire 264 satellites destinés au futur système européen de communication sécurisée par satellite. Aerospacelab finalise également la construction de la plus grande usine à satellites d’Europe, à Marcinelle, avec pour objectif de produire 500 engins chaque année. ​

Actuellement, la Belgique compte une cinquantaine de data centers sur son territoire. D’après les chiffres d’Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, leur consommation représentent 4% de l’électricité belge. Toujours selon ces mêmes chiffres, les data centers consommeront huit fois plus en 2034 en Belgique.

Est-ce vraiment gérable ? Ne risque-t-on pas un problème d’approvisionnement en électricité ? Il faut prendre ces chiffres avec des pincettes, analyse Francesco Contino, professeur à l’école polytechnique de l’UCLouvain. "On parle ici de demandes pour des projets annoncés. Elia doit faire des calculs pour voir si les capacités sont suffisantes avant de pouvoir laisser les nouveaux projets se faire." L’expert se veut rassurant : "Elia veille sur nous. Il ne faut pas avoir peur d’un black-out demain parce qu’il y a des data centers".

Pour autant, les effets dévastateurs tant environnementaux que sociaux, notamment sur les populations impactées, sont réels.

Cette idée de mettre ces data centers sur orbite relève tout bonnement de la fiction pour Francesco Contino. "C’est le scénario d’une réelle dystopie. Je ne comprends pas qu’on puisse réfléchir très sérieusement à ça. Il faut rester les pieds sur terre." Ce professeur à l’école polytechnique de l’UCLouvain y voit là la démonstration parfaite du manque de volonté de se raisonner.

Francesco Contino l’assure, il est pourtant possible d’avoir une utilisation raisonnée de ces outils. "Il ne faut pas voir l’IA comme le diable incarné. On peut non seulement intégrer l’électricité et la chaleur, et s’assurer qu’on fait tout ça avec du renouvelable. Je vois les data centers en utilisation modérée comme les leviers de transition, mais il faut le faire de manière intelligente et pas laissée à tout va", développe-t-il.

Le Centre informatique national de l’enseignement supérieur (Cines), à Montpellier, en est un exemple. Ce data center de service public d’intérêt national abrite des serveurs et des supercalculateurs refroidis par eau tiède. Par ailleurs, le Cines va prochainement être connecté au réseau de chaleur au nord de Montpellier, ce qui réduira les ressources en énergie et en eau nécessaires au refroidissement des serveurs et permettra de produire de l’eau chaude et de chauffer plusieurs dizaines de logements.

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