Aux États-Unis, le prix du burger ne cesse d’augmenter : Trump autorise l’importation de viande de bœuf sans taxe, les éleveurs mécontents

"Cronies Sports Grill", dans ce restaurant, à l’ouest de Los Angeles, les cuistots s’activent en cuisine. Au menu : des sandwichs au poulet, de la salade, et bien sûr, le hamburger de bœuf, servi ici depuis près de 40 ans. Mais pour Dave Foldes, propriétaire des lieux, l’aliment symbole des États-Unis est devenu un casse-tête. "J’ai comparé avec les prix d’il y a exactement un an, et le prix du bœuf pour nos steaks hachés a augmenté de 20 à 25%. C’est énorme. Alors nous sommes obligés d’augmenter nos prix, et cela devient plus difficile pour nos clients."
La décision de Donald Trump d’autoriser l’importation de 300.000 tonnes de bœuf haché sans taxe lui donne un peu d’espoir, même si cela n’a pas encore apporté de changement. "Non, je n’ai constaté aucune baisse. Je viens justement de payer ces factures. Pour moi, peu importe que la vache parle espagnol ou anglais. Tant qu’elle respecte toutes les normes sanitaires et de sécurité, toute baisse des prix est bonne à prendre."
L’importation de bœuf non taxé est censée soulager les consommateurs. Mais avec cette mesure, Donald Trump prend le risque de s’aliéner les éleveurs, eux aussi très touchés par la crise.
Changement de décor. Dans une grande plaine près de San Diego, le ranch d’Allie Fender. Cette éleveuse possède une trentaine de vaches à viande. Mais avec les coûts du diesel et des matières premières qui augmentent, elle a du mal à s’en sortir. La décision de l’administration Trump la laisse perplexe. "C’est une solution à court terme, mais à long terme, il faut surtout soutenir les éleveurs pour qu’ils puissent continuer à faire ce que nous faisons. Et je crois que c’est justement ce qu’on oublie un peu : nous voulons pouvoir fournir du bœuf aux consommateurs américains, parce que nous estimons que ce que nous produisons ici est le meilleur produit au monde."
Certains éleveurs sont encore plus radicaux. À Galt, près de Sacramento, le mercredi, c’est jour des enchères aux bestiaux.
Beaucoup ici considèrent que les règles, notamment environnementales, imposées par Joe Biden, ont contribué à décimer leurs troupeaux. Et ils ont largement soutenu Donald Trump. Alors aujourd’hui, ils se sentent trahis.
Le président s’est retourné contre eux
"Les Américains des zones rurales ont le sentiment que le président s’est retourné contre eux", déclare Jake Parnell, responsable du marché aux bestiaux de Galt. "Ce sont eux qui l’ont porté au pouvoir. Ce sont eux qui ont été les plus fidèles à son mouvement. Et puis, il leur a en quelque sorte coupé l’herbe sous les pieds."
Selon les experts, la mesure devrait permettre aux consommateurs d’économiser à peine 2% sur le bœuf. Le pari est donc risqué pour Donald Trump, à quelques semaines des élections de mi-mandat.
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