ESPNBetting: Is the over or under the play in Alabama-Georgia game?RTP Desporto18h30 Pavlidis aumentado e a polémica CR/JJThe Jerusalem PostILF launches dictionary to reclaim 'hijacked' terms related to October 7, Israel-Hamas warInquirerDTI maps halal calamansi supply chain in Oriental MindoroBollywood HungamaEXCLUSIVE: Kareena Kapoor Khan’s mystery helmet post decoded! She has teamed up with F1 champion Lando Norris for a global collaboration, say sourcesESPN DeportesMessi y Cristiano Ronaldo, diferentes hasta para irseDeadlineNBC Developing Series Based On Finland’s ’66th North Precinct’ From ‘The Irrational’ Creator Arika Mittman7sur7L’OMS “pas en mesure” de mener une évaluation complète des risques après la mort d’une laborantine en SibérieEuronewsTrump mocks Sheinbaum over Gulf of Mexico and imitates her alleged reaction: 'No, no, please'BBC News BrasilLula pode virar no segundo turno? As 5 batalhas do petista a partir de agoraLa PresseÉtude | La plus grande colonie de manchots du monde victime du changement climatiqueWirtualna PolskaTak Ukraina "świętuje" urodziny Putina. Podano bilans strat
The Daily Newsstand · Free, Always
Wednesday, October 7, 2026

«Gaza, trois ans après le début de cette phase de génocide, ne se relève pas»

Translate

Gaza est dévastée, réduite en cendres et en ruines après trois années de guerre. Au moins 74 000 morts, des centaines de milliers de Palestiniens vivent toujours sous des tentes ou des abris extrêmement précaires. Malgré la persistance des attaques israéliennes, la vie se poursuit au milieu du chaos et de la désolation et les organisations humanitaires dénoncent un blocage de l’acheminement de l’aide à la population palestinienne par Israël. Le point de la situation sur place avec Elsa Softic, adjointe à la direction des opérations de l'ONG Première Urgence Internationale. 

RFI : Combien de personnes vivent encore aujourd'hui dans des tentes ou des abris précaires à Gaza ?

Elsa Softic : Oui, c'est une très bonne question. La majorité du territoire, 65 % du territoire de Gaza, est occupée et n'est pas accessible pour les Palestiniens. Donc déjà, on est dans une situation de surpopulation puisque 2,1 millions de personnes vivent dans 35 % d'un territoire qui était déjà exigu.

Aujourd'hui, on estime qu'il y a au moins 175 000 personnes qui vivent dans des tentes ou dans des abris non sûrs. Donc, c'est-à-dire des abris, des bâtiments qui peuvent être encore contaminés par des engins qui n'ont pas explosé ou des bâtiments qui sont très fragiles et qui risquent de s'effondrer. Et on a la grande majorité de la population qui vit dans des campements ou dans des tentes et des abris de bric et de broc, si vous me permettez cette expression.

À lire aussiComment le 7-Octobre a modifié la carte de la Palestine

On entendait l'une des femmes dans le reportage parler de l'aide qu'elle reçoit. L'aide humanitaire, elle est toujours limitée, restreinte par Israël aujourd'hui. Comment est-ce qu'on vit à Gaza en ce moment ?

Aujourd'hui, à Gaza, on survit, on ne vit pas. Gaza, trois ans après le début de cette phase de génocide, ne se relève pas. Le territoire survit grâce à des systèmes d'urgence et de débrouille, mais qui manquent aussi de ressources essentielles à leur fonctionnement. Vous l'avez dit, la réponse humanitaire, elle est entravée, elle est parfois même interdite. Il n'y a pas de pénurie, il y a des restrictions, c'est-à-dire que les items existent, ils sont à l'extérieur de la bande de Gaza, ils attendent de pouvoir rentrer par le seul point de passage qui est ouvert, mais c'est restreint par les autorités israéliennes. Donc aujourd'hui, la vie à Gaza, c'est de la survie, c'est de la débrouille.

Et qu'est-ce qui manque le plus ?

Ce qui manque le plus ? On a des problématiques d'eau potable principalement, mais aussi des choses qui nous paraissent peut-être lointaines, comme l'huile moteur. L'huile moteur ne rentre pas dans le territoire ou quand elle rentre, c'est à des prix complètement faramineux. À titre d'exemple, en six mois, le prix d'un litre d'huile moteur a été multiplié par 20 et est passé à 1 300 dollars le litre. Et on a besoin de cette huile moteur pour faire marcher les générateurs pour les hôpitaux, mais aussi pour faire marcher tout ce qui est engins, donc les puits, pompes à eau, les pompes à main, etc. Donc ça, c'est un énorme besoin.

On a besoin d'eau et on a besoin de nourriture. Aujourd'hui, même s'il y a de la nourriture sur le marché, les familles ne peuvent pas se permettre d'acheter de la nourriture. Les prix sont extrêmement élevés. Les cuisines communautaires ont dû baisser leur nombre de repas distribués par jour. Aujourd'hui, on estime que près de 70 % de la population est dans une situation de crise alimentaire forte et sans l'aide humanitaire qui, même si elle est restreinte, passe encore un petit peu, on serait peut-être à neuf Gazaouis sur dix dans cette situation.

À lire aussiBande de Gaza: l’arme israélienne de la faim

Donc c'est impossible d'envisager même un début de reconstruction ?

C'est impossible. C'est complètement irréaliste, surréaliste et même presque insultant pour la population gazaouie, qu'on puisse parler de reconstruction alors que les gens n'ont pas de quoi subvenir à leurs besoins primaires aujourd'hui. Les parents se sacrifient pour laisser leurs enfants manger. On a des prix qui s'envolent, qui ont atteint des choses faramineuses et on a interdiction de faire rentrer le matériel nécessaire à l'hiver. Donc que ce soit des nouvelles tentes, des couvertures, etc. pour ces populations.

Donc, on sait que l'hiver va être de nouveau très, très rude. On entendait dans votre témoignage précédent l'une des femmes qui disait qu'elle en était à son troisième hiver. On se souvient tous des images de l'hiver dernier, des enfants qui meurent de froid, les tentes qui sont inondées. La saison hivernale est très difficile à Gaza et on a très, très peur de cette situation.

Le tout avec toujours des opérations militaires israéliennes et des morts. Et puis à huis clos, puisque la presse internationale est empêchée de se rendre sur place, à moins d'être escortée par l'armée, et 189 journalistes ou professionnels des médias ont été tués à Gaza. Il nous reste très, très peu de temps, mais les journalistes aujourd'hui sont encore une cible à Gaza ?

Les journalistes sont une cible, bien sûr, et c'est pour ça que, en tant qu'humanitaire, on a aussi un devoir de se faire le relais auprès de vous de ce qui se passe puisqu'on est encore présent, je ne sais pas pour combien de temps, puisque vous savez qu'on est aussi ciblé par des interdictions de travailler par les autorités israéliennes. Il est essentiel qu'on continue de porter la voix des Palestiniens, à Gaza comme en Cisjordanie.

Et on sait que les journalistes sont sous une grosse pression, les humanitaires aussi, les ambulanciers, les répondeurs, les travailleurs de santé, tout ce qui permettrait aussi de pouvoir témoigner de ce qui se passe est attaqué directement par les autorités israéliennes.

À lire aussiBande de Gaza: 365 km² anéantis par Israël en 365 jours, «une volonté de détruire une mémoire»

View the original on RFI →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.