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Tuesday, October 27, 2026

Une anti-star sur le toit du monde: l’incroyable destin du roi Harry Kane

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Harry Kane © Photo News

Ballon d'Or

Avec l’Anglais Harry Kane, le Ballon d’Or 2026 consacre un profil rare de serial-buteur travailleur et collectif, architecte du jeu et finisseur hors pair, un footballeur de 33 ans anti “bling bling” qui a bien vieilli.

M.G

Source: AFP

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Bien sûr, il y a les chiffres, étourdissants: 73 buts inscrits en 2025-2026 avec le Bayern Munich (demi-finaliste de la Ligue des champions) et l’Angleterre (médaillée de bronze au Mondial), une prouesse seulement dépassée par les 82 réalisations de Lionel Messi en 2010-2011.

Le Londonien d’origine brille par sa science du déplacement, sa qualité de frappe et son jeu de tête, mais sa panoplie est bien plus large que ses lignes statistiques.

C’est aussi un chef d’orchestre habitué à reculer pour mieux organiser le jeu, distribuer des caviars et montrer l’exemple, comme il le fait dans le vestiaire avec une présence discrète mais respectée, toujours très écoutée.

“J’ai le sentiment d’avoir toujours eu cette qualité de passe, cette vision du jeu et cette intelligence footballistique — cette compréhension du jeu — tout au long de ma carrière. Et je pense que ces qualités se sont pleinement développées ces deux dernières années”, a-t-il déclaré dans un entretien récent aux médias de l’UEFA.

Son entraîneur au Bayern Munich, club qu’il a rejoint en 2023, est sur la même longueur d’onde : “c’est quelque chose que nous avons constaté et dont nous avons pu profiter, et qui était peut-être sous-estimé à l’époque en Angleterre. Mais il se bonifie avec l’âge, comme un bon vin”, disait de lui Vincent Kompany, fin avril, quand le N.9 marchait sur l’eau.

“One-season wonder”

“HurriKane” (un jeu de mots avec “hurricane”, soit “ouragan”) n’a pas toujours été prophète en son pays, la faute à un début de carrière au ralenti, à Tottenham.

Baladé de prêt en prêt, l’avant-centre ne s’est pas installé immédiatement chez les Spurs. Près de deux ans se sont écoulés entre son premier but sous le maillot blanc, en 2011 contre Shamrock Rovers et le suivant, contre Hull en 2013.

Même après sa saison de révélation, en 2014-2015, il a été étiqueté comme un “one-season wonder”, une sorte de phénomène éphémère, amené à retomber dans l’anonymat après une seule année réussie.

Travailleur acharné, Kane a pourtant brisé le scepticisme ambiant. Il est devenu le meilleur buteur de l’histoire de Tottenham (280 buts), de l’équipe d’Angleterre (91) dont il est le capitaine, et le joueur anglais le plus prolifique en Ligue des champions (58).

L’absence de trophées internationaux, malgré une finale de Ligue des champions (2019) et deux finales à l’Euro (2021 et 2024), ont pourtant jeté un voile sur ses accomplissements personnels.

Discret et classique

Cet amateur de golf aux cheveux blonds foncés, discret et à l’apparence classique, marié à son amour d’adolescence avec qui il a quatre enfants, cultive une vie privée discrète loin des réseaux sociaux et des clichés parfois associés aux footballeurs ostentatoires.

Il est entré lundi dans le cercle très restreint des Anglais ayant remporté le Ballon d’Or, aux côtés de Stanley Matthews (1956), Bobby Charlton (1966), George Best (1968), Kevin Keegan (1978 et 1979) et Michael Owen (2001).

A 33 ans, il n’a plus que quelques années pour remporter un trophée majeur, avec les Three Lions ou le Bayern. A coup sûr, il fera tout pour s’améliorer encore, à titre individuel.

“J’ai souvent joué contre lui et, à chaque fois, il était meilleur que la fois d’avant – maintenant que je joue avec lui, je comprends pourquoi”, a raconté son coéquipier bavarois, Jonathan Tah, dans un entretien au Times. “Il n’est jamais satisfait, on le voit travailler avant et après l’entraînement. C’est le plus grand finisseur que j’aie vu de ma vie, et il continue de travailler dessus”.

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