Le Conseil de sécurité de l'ONU s'attaque aux violences numériques contre les enfants dans les conflits armés

Fait rarissime : le Conseil de sécurité a adopté, à l’unanimité, lundi 19 octobre, une résolution pour mieux protéger les enfants soldats à l’ère du numérique. Si depuis 30 ans l’ONU tente d’endiguer les recrutements de mineurs dans les conflits, l’organisation n’avait pas élargi son mandat alors que sur le terrain, on constate que les jeunes sont repérés et attirés par les groupes armés grâce aux réseaux sociaux ou aux plateformes de jeux vidéo.
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Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten
L’an dernier, plus de 38 000 violations graves contre les enfants dans les conflits armés ont été recensées, un chiffre record qui a certainement poussé les diplomates de l'ONU à voter ce texte de concert malgré des mois de négociation. La Grèce, qui portait la résolution, a appelé à ce que les jeunes ne disparaissent pas dans l’espace numérique.
Avant même la diffusion de l’intelligence artificielle, la technologie a sophistiqué les armes sur le terrain, mais aussi le recrutement des enfants soldats. Et cela rend bien plus compliquée la protection des jeunes sur les théâtres de conflits armés.
Adapter les protections
Pour l’ambassadrice grecque, qui a porté le texte, il était plus que temps que le Conseil se saisisse de la question : « Le recrutement via un smartphone reste du recrutement. Les parties à un conflit adaptent leurs méthodes. Si (nous) le Conseil n’adapte pas les siennes, l’écart entre les dispositifs existants et les menaces émergentes se creusera », explique l'ambassadrice grecque Aglaia Balta.
La résolution ne crée aucune nouvelle catégorie de violation, mais elle adapte les protections existantes aux espaces numériques. Elle exige que les parties aux conflits stoppent le recrutement des enfants, leur enlèvement ou leur exploitation sexuelle via les plateformes de jeux, les réseaux sociaux ou les messageries chiffrées. Elle encourage aussi des partenariats avec les entreprises de la tech pour limiter l’exposition des enfants aux contenus préjudiciables.
Certains États ont émis des critiques : l’ambassadeur adjoint somalien a ainsi regretté que le rôle de l’Union africaine n’ait pas été défini plus clairement, ou que des moyens financiers supplémentaires ne soient pas prévus. Malgré leur vote favorable, les États-Unis ont exprimé les réserves les plus virulentes. Ils ont notamment dénoncé l’inefficacité du bureau de la représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés.
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