La ville de New York accusée d'avoir dissimulé la toxicité mortelle de l'air après le 11-Septembre

À New York, 25 ans après les attentats du 11-Septembre, Zohran Mamdani, le maire de New York, et ses équipes ont rendu public plus de 170 000 pages de documents restés confidentiels jusqu'alors qui montrent que les autorités de la ville savaient que l'air du sud de Manhattan était pollué et dangereux pour la santé après l'effondrement des tours du World Trade Center. À l'époque pourtant, le message adressé aux habitants était l'inverse.
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Cinq mois après l'attentat du 11-Septembre, en février 2002, Michael Bloomberg, alors maire de New York, déclarait que « tous les tests effectués indiquent que la qualité de l’air était dans les limites acceptables ». Dans le sud de Manhattan, à proximité de Ground Zero, ce n'était pourtant pas le cas et les autorités de la ville le savait dès le mois d'octobre 2001. C'est ce que démontrent notamment ces archives rendues publiques cette semaine. Dans l’air et les poussières : de l’amiante, du plomb, de la silice et des fibres de verre, mais aussi des substances toxiques issues des incendies qui ont continué à couver pendant des mois.
Plus de 9 400 morts liés à l'exposition
Près de 3 000 personnes ont été tuées ce jour-là, mais plus de 9 400 autres sont mortes des suites de maladies liées à leur exposition aux attentats, selon le programme fédéral mis en place pour assurer leur suivi médical, y compris les premiers intervenants qui ont passé des mois à travailler sur le site.
À l'époque on disait pourtant aux habitants, aux travailleurs et aux secouristes qu'ils pouvaient revenir dans le sud de Manhattan sans danger. Ce n'était pas le cas et 25 ans plus tard, le nombre de décès dus à des maladies liées au 11-Septembre a dépassé celui des victimes de l'attentat. C'est ce que déclarait Zohran Mamdani lorsqu'il a rendu public ces documents cette semaine. « Des gens sont tombés malades parce que les dirigeants auxquels ils faisaient confiance leur ont menti en leur affirmant qu'ils pouvaient respirer sans danger un air toxique », a insisté Zohran Mamdani.
La bataille juridique des associations de victimes
Ces documents, qui vont être mis en ligne par vagues pendant 12 mois, mettent donc en cause deux de ses prédécesseurs, Rudy Giuliani, en poste au moment des attaques, puis Michael Bloomberg, à partir de l'hiver 2002. Certains documents figurant parmi les 173 000 publiés mardi portent sur des « discussions que l'administration Giuliani avait à l'époque au sujet de sa responsabilité juridique et des risques sanitaires », a fait savoir l'avocat en chef de la ville de New York, Steven Banks. Un autre document met en avant « des informations fournies par le représentant au Congrès, Jerry Nadler » sous la mandature de Michael Bloomberg « concernant les inquiétudes de résidents du sud de Manhattan » quant à la qualité de l'air qu'ils respiraient.
Cette publication en ligne a été décidée au terme d'un accord judiciaire avec l'association 9/11 Health Watch, une organisation de défense des victimes qui avait saisi la justice pour contraindre la ville à rendre publiques les informations dont elle disposait.
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