Washington prive Microsoft de permis de résidence permanente pour ses employés
Le vice-président américain J.D. Vance a annoncé jeudi la suspension pour Microsoft de l’accès à des permis de résidence permanente pour ses salariés aux États-Unis et l’a accusé d’abuser du système, ce que le géant technologique conteste.
Plusieurs autres sociétés ont fait l’objet de la même sanction, notamment le groupe français de conseil Capgemini.
La décision concerne le visa dit H-1B, un permis pour travailleurs qualifiés accordé à 85 000 personnes l’an dernier.
L’administration Trump exclut Microsoft d’un programme qui lui permettait jusqu’ici d’obtenir, sous certaines conditions, la conversion d’un visa H-1B en permis de résidence permanente, aussi appelé carte verte.
« Aucune entreprise aux États-Unis n’a davantage abusé de ce système que Microsoft », a déclaré J.D. Vance lors d’une conférence de presse.
Le vice-président a affirmé qu’en 2025 le groupe de Redmond, dans l’État de Washington, avait licencié « 6000 salariés américains » et obtenu, parallèlement, 6300 visas H-1B pour ses employés et « près de » 3000 permis de résidence permanente (carte verte).
« C’est un système scandaleux que nous laissons fonctionner depuis beaucoup trop longtemps », a lancé l’ancien sénateur de l’Ohio, « mais nous allons y mettre un terme. »
Le vice-président a adressé à Microsoft le message selon lequel le groupe était « une superbe entreprise américaine » mais devait « embaucher des travailleurs américains ».
Microsoft a indiqué que 80 % de ses demandes de visa H-1B lors de son exercice fiscal 2026 (clôturé fin juin) concernaient des personnes qui étaient déjà employées de la société.
Le solde concerne des individus qui se trouvaient « déjà aux États-Unis dans la légalité », « pas de nouveaux arrivants ».
Le gouvernement a également suspendu l’utilisation de ce programme par l’éditeur de logiciels Adobe, mais aussi Capgemini et les prestataires technologiques Cognizant, Tata, Infosys, HCL et Wipro.
Par ailleurs, J.D. Vance a ajouté que plusieurs grandes universités américaines faisaient l’objet d’une enquête sur de possibles fraudes à l’obtention de visas.
Donald Trump a créé en mars un groupe de travail chargé d’identifier la fraude dans l’attribution et l’utilisation de fonds et services du gouvernement fédéral. Il a placé J.D. Vance à sa tête.
Hasard du calendrier, la conférence de presse est intervenue le même jour qu’une cérémonie lors de laquelle le président américain a décoré le p.-d.g. de Microsoft Satya Nadella de la médaille nationale de la technologie et de l’innovation.
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