En Wallonie, des agriculteurs laissent leurs céréales sur pied pour nourrir les oiseaux en hiver

Au bord du champ, une bande de céréales se dresse encore. Ici, les épis ne seront pas récoltés : ils serviront de réserve alimentaire aux oiseaux durant l’hiver.
Dans cette ferme familiale du Brabant wallon, la pratique existe depuis plus de trente ans. Le choix des parcelles n’est pas laissé au hasard. Les agriculteurs privilégient notamment les zones moins productives, les coins plus humides où les surfaces coûtent plus cher en intrants, en semences, en engrais ou en pesticides. "On fait notre calcul d’un point de vue agronomique et environnemental. On se dit que ça pourrait être intéressant de laisser ce petit coin-là", explique Louis Dumont de Chassart, agriculteur.
Si les oiseaux n’ont pas encore beaucoup entamé les épis cette année, la situation devrait évoluer avec l’arrivée du froid. Lorsque les champs se vident et que les ressources deviennent plus rares, ces bandes de céréales prennent toute leur importance. Elles permettent aux oiseaux de se nourrir directement sur les épis ou de récupérer les graines tombées au sol. Un apport essentiel pour les espèces qui vivent dans les milieux agricoles, particulièrement vulnérables durant la mauvaise saison. "C’est vraiment critique pour les oiseaux agricoles d’avoir de la nourriture en hiver", précise Arnaud Laudelout, ornithologue chez Natagora.
Au-delà de l’alimentation, cette démarche participe aussi à un objectif plus large : favoriser les auxiliaires naturels des cultures. En encourageant la présence des oiseaux, les agriculteurs espèrent notamment contribuer à la régulation de certains insectes nuisibles et de mauvaises herbes, et ainsi limiter le recours aux produits chimiques.
Parmi les espèces susceptibles de profiter de ces espaces figurent des oiseaux devenus rares dans les plaines wallonnes. Le secteur concerné accueille notamment le Bruant proyer, une espèce dont la population reste particulièrement fragile en Wallonie.
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