Le Brésil va-t-il repasser à l’extrême droite ? "Avec le Mexique, il s’agit peut-être du dernier caillou dans la chaussure de Donald Trump sur le continent américain"

Le Brésil, avec ces 159 millions d’électeurs, a un poids politique indéniable sur le continent américain. Avec quelles conséquences si le pays repasse à l’extrême droite ? "Il y aura des changements au niveau de la politique interne, très clairement", avance Frédéric Louault.
"Sur la place de l’État, la libéralisation de l’économie, sur un durcissement sécuritaire… C’est vraiment ce qui est proposé par Flavio Bolsonaro. Il y aura aussi des enjeux au niveau régional, et c’est ça qui est peut-être le plus important, vu de l’extérieur. C’est ce que dénonce Lula : une vassalisation du Brésil qui se mettrait dans le sillage, dans un alignement total du gouvernement de Donald Trump, ce qui nuirait, selon l’équipe de campagne de Lula, à la souveraineté nationale du Brésil. Et cette idée de souveraineté, cela peut évidemment être un argument qui parle aux Brésiliens."
L’Amérique latine a vu un certain nombre de pays passer à l’extrême droite cette année. Frédéric Louault y voit une "trumpisation" de la politique en Amérique latine. "Après le Chili, la Colombie ou le Pérou, le Brésil est peut-être le dernier caillou dans la chaussure de Donald Trump sur le continent américain avec le Mexique, et pour Donald Trump, réussir à pousser l’élection de Flavio Bolsonaro est un élément important pour favoriser aussi les intérêts militaires, économiques et stratégiques des Etats-Unis."
Le Brésil est le premier partenaire commercial de la Chine en Amérique latine.
Le Brésil dispose en effet de grandes terres d’agriculture et de terres rares, d’où l’intérêt américain. Derrière cette pression américaine, il y a aussi la volonté, selon le spécialiste, de contenir l’influence de la Chine dans la région. "En Amérique latine, le Brésil est le premier partenaire de la Chine du point de vue commercial, loin devant les Etats-Unis. Une élection de Flavio Bolsonaro ne permettrait néanmoins pas forcément de renverser la situation et de refaire des États-Unis le premier partenaire commercial du Brésil. On l’a vu avec le mandat de son père, Jair Bolsonaro, entre 2019 et 2023. Ce dernier avait un discours très anti-chinois, mais à la fin de son mandat, les relations commerciales avec la Chine s’étaient encore renforcées."
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