Brésil: Lula et Bolsonaro cherchent à se disqualifier mutuellement, à quelques jours du second tour

À quatre jours du second tour de la présidentielle brésilienne, prévu dimanche 25 octobre, Flavio Bolsonaro a saisi mardi 20 octobre la justice électorale pour lui demander de disqualifier son rival, peu après que le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé son intention d'en faire autant. Au cœur des accusations : le rôle du géant américain Meta et de ses réseaux sociaux dans la campagne.
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Les réseaux sociaux se sont révélés un champ de bataille majeur dans l'entre-deux-tours du plus grand pays d'Amérique latine. Le président sortant de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, accuse Meta d'« ingérence » au profit du sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, qui estime en retour que Lula s'est livré à un « abus de pouvoir » via des publications massives sur la messagerie WhatsApp.
Résultat : l'équipe de campagne de Lula a annoncé mardi 20 octobre son intention de déposer un recours au Tribunal supérieur électoral (TSE) pour faire annuler la candidature de Flavio Bolsonaro. L'action est motivée par une « manipulation algorithmique » de Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, visant à nuire au président sortant, a expliqué sous couvert d'anonymat une source au sein de son équipe. Le coordinateur de sa campagne, le sénateur Camilo Santana, a précisé que la requête serait déposée mercredi.
Flavio Bolsonaro, lui, n'a pas attendu. Dans son recours déposé mardi devant le TSE, consulté par l'AFP, ses avocats dénoncent un « abus de pouvoir » de Lula. Ils l'accusent d'avoir diffusé massivement sur WhatsApp des contenus promouvant l'action du gouvernement en pleine période électorale. Son équipe dénonce également une supposée « offensive de propagande négative » menée par son adversaire « avec l'aval » de Meta.
Meta au cœur des accusations
Meta et les avocats des deux candidats se sont réunis mardi au Tribunal supérieur électoral, selon une source au sein de cette instance, rapporte l'AFP. La veille, le TSE avait donné au géant américain 24 heures pour démontrer qu'il avait pris des mesures garantissant l'égalité de traitement des deux candidats, sous peine d'une amende d'environ 200 000 dollars par jour.
L'entreprise, qui nie les accusations, assure avoir satisfait à ces exigences. Elle avait reconnu la semaine dernière des problèmes techniques, notamment la désactivation par erreur d'annonces de campagne de Lula, mais affirmé que ces incidents ne concernaient pas uniquement le Brésil.
Cette bataille judiciaire intervient alors que le scrutin s'annonce serré. Au premier tour, le 4 octobre, Flavio Bolsonaro, fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro, était arrivé en tête avec 47 % des suffrages, contre 45% pour Lula. Un sondage de l'institut Datafolha donne désormais 51% d'intentions de vote au sénateur conservateur contre 49 % au président sortant, soit une égalité technique compte tenu de la marge d'erreur.
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