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Monday, September 21, 2026

Une session d’automne mouvementée s’amorce à Ottawa

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Après une longue pause estivale, les députés fédéraux retrouvent les couloirs du parlement lundi pour une session d’automne qui promet d’être mouvementée. Guerre commerciale avec les États-Unis, élections québécoises, menace référendaire en Alberta… Mark Carney ne manquera pas de dossiers susceptibles de mettre son gouvernement à l’épreuve.

Pour l’heure, le premier ministre canadien entame pourtant la rentrée avec le vent dans les voiles. « Nous avons un momentum », répétait-il tout sourire vendredi devant ses troupes réunies au parlement pour préparer la reprise des travaux.

Et les chiffres lui donnent raison. Malgré l’échec des négociations commerciales avec Washington cet été, Mark Carney atteint des sommets de popularité auprès des Canadiens. Les libéraux enregistrent également leurs meilleures projections électorales depuis le dernier scrutin, en plus d’avoir remporté les trois élections partielles tenues cet été.

Mais l’automne pourrait réserver quelques secousses au premier ministre. La première pourrait venir du Québec, où un nouveau gouvernement sera élu le 5 octobre. À l’aube de la rentrée parlementaire, le Parti québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon mène toujours dans les intentions de vote au Québec. Une victoire du parti indépendantiste changerait considérablement la dynamique avec Ottawa, son chef promettant de tenir un référendum sur la souveraineté vers la fin d’un premier mandat.

La question de l’unité canadienne risque également de rattraper Mark Carney dans l’Ouest. Deux semaines après le scrutin québécois, les Albertains seront appelés à se prononcer sur la tenue d’un référendum contraignant sur la séparation de leur province. Même si l’option référendaire tire de l’arrière, le résultat donnera la mesure des frustrations et des tensions qui persistent en Alberta.

De nouveaux projets de loi

Le gouvernement libéral entame la session avec une majorité de 173 sièges, consolidée cet été par trois victoires aux élections partielles, dont un gain dans Chicoutimi–Le Fjord face aux conservateurs.

Fort de cette majorité, le premier ministre entend faire adopter plusieurs projets de loi de grande portée. « Cette session de la Chambre des communes sera cruciale. Nous allons présenter certaines des mesures législatives les plus importantes, non seulement depuis l’arrivée de notre gouvernement, mais depuis des décennies », a promis le chef libéral durant son discours à ses députés vendredi.

Le gouvernement compte notamment faire adopter son projet de loi C-34, la Loi sur les médias sociaux sécuritaires, qui vise entre autres à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.

Mark Carney a aussi annoncé que son gouvernement déposerait, peu après la rentrée, un nouveau projet de loi visant à réformer le processus d’approbation des projets fédéraux.

Les troupes libérales comptent par ailleurs profiter de nouvelles élections partielles pour renforcer encore leur majorité. Au moins six sièges seront à pourvoir au cours des prochains mois, dont trois au Québec.

Des temps durs pour l’opposition

Les partis d’opposition abordent quant à eux la rentrée dans un contexte moins favorable, dans l’ombre d’un gouvernement libéral majoritaire et toujours populaire. Les temps sont particulièrement difficiles pour les conservateurs de Pierre Poilievre, qui sont tombés à leur plus bas niveau de l’année dans les sondages, avec 32 % des intentions de vote, selon le dernier coup de sonde d’Angus Reid. À cela s’ajoute le récent départ d’un sixième député conservateur depuis les dernières élections.

Pierre Poilievre ne fait pas face, pour l’heure, à une fronde ouverte au sein de son caucus. Mais il devra conserver ses deux sièges qui seront en jeu lors des prochaines élections partielles en Ontario.

Le Bloc québécois entame pour sa part la session avec un siège vacant depuis le départ de Simon-Pierre Savard-Tremblay, candidat du PQ aux élections provinciales. Le parti tentera donc de conserver Saint-Hyacinthe lors de la prochaine partielle, après avoir échoué à ravir Chicoutimi–Le Fjord cet été.

Avec seulement cinq sièges, le Nouveau Parti démocratique (NPD) devra aussi tenter de tirer son épingle du jeu pour s’imposer dans la conversation politique — d’autant que son chef, Avi Lewis, doit encore se faire élire au Parlement. Le parti pourrait par ailleurs être rayé de la carte au Québec s’il ne parvient pas à conserver Rosemont–La Petite-Patrie, laissée vacante par Alexandre Boulerice, désormais candidat sur la scène provinciale.

D’autres dossiers chauds

L’automne déjà chargé sera ponctué d’autres rendez-vous importants. Le rapprochement entre le Canada et l’Union européenne (UE) sera au menu d’un sommet à Montréal à la fin octobre, qui devrait permettre d’en savoir davantage sur cette nouvelle « alliance ». La question doit également faire l’objet de débats et d’un éventuel vote au Parlement.

La Cour suprême du Canada pourrait quant à elle rendre son jugement très attendu sur la Loi sur la laïcité de l’État, la loi 21. La décision pourrait tomber avant même le scrutin québécois.

Comme à l’habitude, le gouvernement devra aussi présenter son budget cet automne. Celui-ci donnera un aperçu de l’état des finances publiques après les nombreuses mesures d’aide déployées en réponse à la guerre commerciale et la suspension de la taxe d’accise fédérale sur l’essence.

Sur le front diplomatique, Ottawa pourrait enfin accueillir plusieurs dirigeants étrangers, dont le premier ministre indien, Narendra Modi. Lors de leur rencontre au sommet du G7, Mark Carney l’a invité à effectuer une visite au Canada d’ici la fin de l’année.

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