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Tuesday, September 29, 2026

Des publicités pro-Trump financées à même les fonds publics comparées à de la propagande

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L'administration Trump diffuse depuis la semaine dernière, aux frais des contribuables américains, une série de publicités télévisées mettant en scène le président Donald Trump et reprenant son message politique. Cela contrevient à une loi fédérale, avertissent les démocrates, mais aussi des experts en éthique.

Le ton de ces trois publicités, présentées par la Maison-Blanche comme des messages d'intérêt public, s'apparente à celui de publicités électorales.

La plus récente, dont la diffusion a commencé au cours de la fin de semaine, est d'ailleurs identique à un message diffusé sur le réseau de Donald Trump, Truth Social, pendant sa campagne présidentielle de 2024, à quelques secondes près.

La vidéo de 30 secondes, en noir et blanc, montre Donald Trump, qui regarde directement la caméra, en train de marcher dans un couloir, le visage fermé, alors qu'on entend sa voix hors-champ parler de la bataille finale.

Avec vous à mes côtés, nous démantèlerons l’État profond. Nous chasserons les va-t-en-guerre de notre gouvernement, y dit-il, alors que la guerre en Iran entre dans son huitième mois. Nous chasserons les mondialistes, nous chasserons les communistes, les marxistes et les fascistes, ajoute-t-il.

Nous nous débarrasserons de cette classe politique malsaine qui déteste notre pays. Nous mettrons en déroute les médias diffusant de fausses informations, et nous libérerons l’Amérique de ces vilains une bonne fois pour toutes.

La différence fondamentale entre les deux messages est l'avertissement écrit de la toute fin. Celui diffusé la semaine dernière se conclut par le message payé par le gouvernement des États-Unis. Celui de l'an dernier se terminait par un message de campagne et un appel à composer un numéro par messagerie texte.

Dans la première vidéo diffusée la semaine dernière, en pleine visite officielle du président chinois, Xi Jinping – reçu avec faste – , on entend notamment le président américain, en voix hors champ, promettre de vaincre le communisme, puis le directeur général de l'Ultimate Fighting Championship (UFC), Dana White, un de ses alliés, chanter ses louanges.

La vidéo de 16 secondes montre une succession d'images rapides de Donald Trump avec en arrière-plan sonore la chanson Love Me. L'artiste JMSN a d'ailleurs dénoncé l'utilisation de sa chanson sans son autorisation.

La deuxième vidéo, d'une durée d'une minute, vante le retour de l'âge d'or de l'Amérique. Elle reprend en voix hors champ des extraits du discours qu'a prononcé Donald Trump à l'occasion du 250e anniversaire des États-Unis.

Jamais auparavant une nation n’avait célébré un triomphe aussi éclatant que celui-ci, dit-il.

Selon une estimation de la firme AdImpact, qui analyse les dépenses publicitaires, la diffusion des trois publicités pourrait avoir coûté plus de 1,7 million de dollars américains. Elles ont été diffusées dans divers marchés, entre autres lors de parties de la Ligue nationale de football, d'émissions comme Saturday Night Live et d'émissions d’information dominicales.

La Maison-Blanche nie tout message partisan

Dans des communiqués, la Maison-Blanche s'est défendue de véhiculer un message partisan, présentant ces publicités comme des messages d’intérêt public du président Donald J. Trump au contenu éducatif et patriotique.

Il est tout à fait clair que ces messages ne sont pas des publicités de campagne; le président Trump ne se présente pas aux élections et il n’y a aucun appel à l’action, soutient la Maison-Blanche.

Ces messages sont pourtant diffusés à quelques semaines des élections de mi-mandat de novembre, qui, selon les analystes, risquent fort de priver les républicains de leur majorité à la Chambre des représentants, et peut-être même au Sénat.

Le président, au plus bas dans les sondages, a pourtant exhorté ses partisans à faire comme si son nom était sur les bulletins de vote. Selon divers médias, dont CNN, ses conseillers estiment que la meilleure stratégie pour garder le contrôle du Congrès est de mobiliser le plus possible sa base électorale plutôt que de tenter de convaincre les électeurs indépendants.

Ces messages visent à rappeler aux Américains qu’ils doivent aimer leur pays et comprendre pourquoi il mérite d'être défendu — chez eux, à la frontière et à l’étranger.

La Maison-Blanche a comparé ses messages à des messages d'administrations précédentes remontant à celle de Woodrow Wilson, citant par exemple la campagne de vaccination contre la COVID-19 mise en place par l'administration de Joe Biden.

Des poursuites possibles

Norm Eisen, ancien conseiller juridique de la Maison-Blanche en matière d’éthique sous Barack Obama, a estimé sur X que cette machine de propagande ressemble à de la corruption.

En entrevue au réseau public NPR, il a indiqué que les deux groupes de défense de la démocratie et de l’État de droit qu'il a cofondés pourraient poursuivre l’administration Trump. Toutes les options sont sur la table, a-t-il dit.

Richard Painter, qui a occupé une fonction similaire dans l'administration de George W. Bush, a dénoncé un abus de pouvoir.

Ce genre de propagande gouvernementale est courant dans des pays comme l’Iran et la Corée du Nord, mais pas ici. En fait, c’est illégal, a-t-il critiqué sur X.

Après la première annonce télévisée diffusée la semaine dernière, Public Citizen, un groupe de défense des consommateurs et de l’intérêt public, a déposé une plainte auprès des agences fédérales chargées de surveiller l’utilisation des fonds publics et le respect des règles d’éthique par les employés gouvernementaux.

Depuis la semaine dernière, plusieurs démocrates, mais aussi des républicains ont dénoncé cette campagne publicitaire.

C'est ILLÉGAL pour le gouvernement d'utiliser l'argent des contribuables américains pour financer des publicités politiques, a par exemple argué le représentant démocrate Mike Levin dans une vidéo mise en ligne lundi sur X. C'est de la propagande et c'est vous qui payez la facture, a-t-il ajouté en s'adressant aux citoyens américains.

Déjà après la diffusion de la première publicité, quatre élus démocrates qui siègent au comité des crédits de la Chambre des représentants ou du Sénat ont écrit à la Maison-Blanche pour lui demander de cesser sa diffusion.

C’est le genre de propagande gouvernementale à laquelle on pourrait s’attendre en Corée du Nord, pas aux États-Unis d’Amérique, et il s’agit d’un usage abusif, flagrant et illégal des impôts durement gagnés par les Américains.

Cette publicité viole les règles fédérales interdisant l’utilisation de fonds publics à des fins de propagande et pourrait également enfreindre les règles d’éthique fédérales comme la loi Hatch, qui interdit aux employés de l’administration fédérale de participer à certaines activités politiques partisanes dans le cadre de leurs fonctions, ont-ils argué.

La Maison-Blanche n'a pas précisé quel département ou agence gouvernementale était responsable de la création et du financement des publicités.

Ne vous inquiétez pas, utiliser l'argent des contribuables pour diffuser des publicités de campagne inquiétantes mettant en scène le président, ça s'est déjà fait et c'est tout à fait légal… dans les républiques bananières, a ironisé le représentant Thomas Massie, l'un des seuls républicains à s'opposer publiquement au chef de file de son parti.

Sans être aussi mordant, le sénateur républicain John Kennedy, un allié de Donald Trump, a exprimé son désaccord.

Je ne pense qu’aucun représentant de l’État, y compris le président Trump, Kristi Noem [l'ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure] ou John Kennedy, ne devrait utiliser des fonds publics pour des publicités privées qui portent sur eux, a-t-il soutenu dimanche sur les ondes de CBS.

La Maison-Blanche voit les choses autrement. Mais je pense qu’il devrait y avoir une règle interdisant — enfin, il y en a probablement une — d’utiliser des fonds publics pour faire sa propre promotion.

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