Stade olympique | Travaux d’urgence contre des infiltrations

Après le toit, au tour des « voiles minces » de causer des soucis. Le Parc olympique réalise ces jours-ci des travaux d’urgence sur les surfaces de béton qui forment la coquille du Stade parce que des infiltrations d’eau y mettent en péril « la sécurité des personnes ou des biens », a pu confirmer La Presse.
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Ce nouveau chantier – complètement distinct de celui du remplacement du toit – se déroule sur l’une des 35« voiles minces » du monument, les immenses feuilles de béton installées entre chaque console. Des travaux sur les autres zones pourraient suivre.
Un premier contrat d’urgence de 254 000 $ vient d’être accordé de gré à gré à l’entreprise Aquabloc afin de « corriger les infiltrations d’eau et protéger la structure contre les dommages hivernaux » dans le cadre de tests, selon la déclaration du Parc olympique. Pour ce faire, l’entreprise devra « fournir et installer des solins et une membrane d’étanchéité ».
Aquabloc se spécialise dans la protection des structures contre les infiltrations d’eau.
Dans un courriel à La Presse, le service des communications du Parc olympique a indiqué que le contrat vise « à évaluer une solution d’étanchéité permanente pour les voiles minces du Stade ».
« Pour ce faire, nous avons ciblé une zone d’environ 372 m² afin de valider la méthode d’installation, d’évaluer la performance des matériaux et de préciser les coûts d’une éventuelle intervention à plus grande échelle », a continué le Parc olympique. Les travaux permettront aussi d’« exécuter les travaux d’étanchéité de la zone ciblée avant l’hiver afin d’éviter que les infiltrations d’eau et les cycles de gel-dégel n’endommagent la structure durant la saison froide ».
PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE
Les « voiles minces » sont ces sections blanches qui se retrouvent à la base de la coquille du Stade olympique (indiqué par la flèche rouge).
Dans un autre courriel, le Stade a indiqué que le caractère urgent de l’opération était lié à des retards qui ont eu lieu au cours des tests, alors que l’hiver est à nos portes. « Les travaux préparatoires ainsi que le retrait de la membrane existante ont nécessité plus de temps que prévu initialement », a indiqué le Parc olympique. « Cette situation a laissé une surface de béton exposée à l’approche de l’hiver. Il était donc nécessaire de compléter les travaux d’étanchéité. »
Un expert « étonné »
Le Parc olympique a refusé d’accorder une entrevue à La Presse sur le sujet. Aquabloc n’a pas rappelé.
Philippe Lupien, professeur d’architecture à l’UQAM et grand connaisseur du Stade olympique, a exprimé sa surprise quant à la nécessité d’effectuer des travaux d’urgence dans un monument si surveillé.
Bien que je n’aie aucun doute sur la nécessité d’évaluer des solutions “permanentes” pour l’étanchéisation de la toiture du Stade olympique, je suis étonné que cela se fasse maintenant, alors que le Stade a été ces dernières années probablement l’édifice le plus ausculté au Québec.
Le Parc olympique ne semble d’ailleurs pas avoir appris l’existence de ces infiltrations dans les dernières semaines. Dès l’été 2025, l’organisation publique passait un contrat avec la firme d’architectes Riopel+associés ayant pour objet « infiltration voiles minces ». En juillet dernier, l’entreprise Tro-Chaînes a fourni une « équipe d’hydrodémolition » pour enlever une membrane sur ces mêmes voiles minces. Il s’agissait chaque fois de contrats modestes, de quelques dizaines de milliers de dollars seulement.
L’utilisation de voiles minces fait partie des principaux héritages architecturaux de Roger Taillibert, père du Stade olympique de Montréal.
Multiples projets
Les ouvriers qui s’activent sur ces travaux d’urgence ont beaucoup de compagnie au Stade olympique. Selon le décompte du Conseil du trésor, sept projets de plus de 20 millions chacun sont actuellement en réalisation sur ce monument de l’est de Montréal.
En plus du remplacement du toit (870 millions), le gouvernement Legault a aussi autorisé le remplacement des systèmes mécaniques (51 millions), électriques (42 millions) et sonores (prix inconnu) dans l’enceinte du stade. Dans le mât, les projets de remplacement du funiculaire (38 millions), d’aménagement des espaces touristiques (46 millions) et de réalisation de la terrasse au sommet de la structure (38 millions) doivent se terminer incessamment.
« Mon défi avec le Stade olympique, c’est qu’on passe d’un symbole négatif à un symbole positif », avait déclaré le premier ministre François Legault en 2023, avant d’autoriser le pharaonique projet de remplacement du toit. « Oui, ça va coûter cher, mais je pense que c’est important que le Stade olympique ait un toit. »
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