Yémen: près de 200 morts dans une nouvelle offensive des rebelles houthis vers la ville de Taëz

Au Yémen, des affrontements importants entre forces progouvernementales et Houthis ont eu lieu depuis le jeudi 3 septembre 2026, faisant près de 200 morts, dont des civils. Ce sont les combats les plus meurtriers depuis des années.
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Les affrontements au Yémen entre forces progouvernementales et Houthis ont fait ce samedi plus de 60 morts, dont des civils. Selon trois sources militaires yéménites, 26 soldats gouvernementaux ont été tués samedi après plusieurs heures de combat dans le sud-ouest, tandis que des sources médicales et militaires au sein des Houthis ont fait état de 31 combattants rebelles tués. Une source médicale dans la ville de Taëz, contrôlée par le gouvernement, a indiqué qu'une frappe de missile avait tué six civils voyageant à bord d'un bus et en avait blessé sept autres. Un responsable gouvernemental a attribué cette frappe aux Houthis.
Une offensive pour consolider son contrôle du détroit de Bab el-Mandeb
Après avoir annoncé en juillet un blocus maritime en mer Rouge contre l'Arabie saoudite, les Houthis ont lancé une offensive terrestre pour s'emparer des zones bordant le détroit de Bab el-Mandeb. Leur but est de consolider leur contrôle de cette voie maritime essentielle. Ce passage, qui permet de relier l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.
Les rebelles pro-iraniens ne tiennent pas aujourd'hui de secteurs donnant directement sur Bab el-Mandeb, mais ils contrôlent la grande ville portuaire de Hodeïda, plus au nord. Ils se sont également emparés de zones stratégiques dans les hauteurs qui pourraient leur offrir de nouvelles positions pour viser notamment des pétroliers saoudiens.
Les « prochaines heures seront décisives », a affirmé un responsable militaire à Taëz, après que les rebelles ont conquis la veille des positions à proximité de la ville. Les Houthis cherchent notamment à couper l'accès à la ville portuaire de Mokha, contrôlée par le gouvernement et visée depuis plusieurs semaines.
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Un pays dévasté à nouveau en guerre
Depuis que le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, les attaques à coups de missiles, de tirs de roquettes et de drones se multiplient. Le gouvernement yéménite, qui reçoit le soutien de l'Arabie saoudite, qui mène des frappes aériennes, a décidé ce samedi d'envoyer des renforts venant d'Aden dans les zones où se déroulent des combats.
En juillet, des frappes attribuées à Riyad avaient alors visé l'aéroport de Sanaa, aux mains des Houthis, où l'Iran avait envoyé un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d'autorisation du royaume saoudien, qui contrôle l'espace aérien yéménite. Les rebelles multiplient depuis les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par le gouvernement.
Ce pays pauvre de la péninsule arabique a été dévasté par une guerre civile entre 2014 et 2022. Depuis 2014, la guerre opposant les Houthis (soutenus par l’Iran) au gouvernement reconnu par la communauté internationale (soutenu par une coalition menée par l’Arabie saoudite) a fait plus de 377 000 morts directes et indirectes et déplacé plus de 4,5 millions de personnes. Plus de la moitié de la population de 40 millions d’habitants a besoin d’aide humanitaire.
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