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Thursday, October 8, 2026

Face à l'écrasante puissance commerciale chinoise, l'Europe cherche la riposte

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Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, entame ce jeudi 8 octobre une visite cruciale de deux jours en Chine pour tenter de rééquilibrer les relations commerciales entre les deux blocs. Alors que Paris et Berlin appellent Bruxelles à durcir sa politique commerciale, Pékin met en garde contre toute dérive protectionniste.

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C'est une visite qui intervient dans un climat de tensions commerciales croissantes. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, arrive ce jeudi 8 octobre à Pékin avec une mission délicate : tenter de rééquilibrer les échanges entre l'Union européenne et la Chine, sans déclencher une guerre commerciale.

L'enjeu est de taille pour les Européens. Le déficit commercial de l'UE avec la Chine atteint un milliard d'euros par jour et s'est creusé de 20 % en un an. Au sein des institutions européennes, certains estiment que l'économie du continent fait face à une crise existentielle et que des changements radicaux sont nécessaires.

Donner à Bruxelles les moyens de riposter

Dans ses bagages, Maros Sefcovic emporte notamment les recommandations de la France et de l'Allemagne. Les deux pays souhaitent donner à la Commission européenne les moyens de riposter plus rapidement et plus fermement aux pratiques commerciales jugées déloyales, en lui permettant de restreindre, voire de fermer, l'accès au marché européen aux pays accusés de fausser la concurrence.

Un changement radical de la position allemande, salué par l'eurodéputé Pascal Canfin, membre de la commission du Commerce international du Parlement européen. Pour lui, il faut appliquer en Europe les mêmes recettes qu’en Chine. « Le modèle à suivre, c'est exactement ce que les Chinois eux-mêmes ont fait depuis 30 ans. Ils ont forcé les entreprises européennes qui investissaient en Chine à transférer de la technologie. Ils ont réservé certains marchés publics à des entreprises chinoises pour permettre aux entreprises chinoises de croître, puis de devenir des leaders mondiaux. Ils ont mis en place des conditions d'accès au capital avec des subventions publiques qui ont largement soutenu leurs propres entreprises. Aujourd'hui, on ne le fait pas. On pourrait le faire. »

Pékin dénonce une dérive protectionniste

Si la Chine n'est pas explicitement nommée dans la proposition franco-allemande, elle est clairement visée. Et Pékin n'a pas tardé à réagir, comme le rapporte notre correspondante Clea Brodhurst.

Le ministère chinois du Commerce accuse Paris et Berlin de pousser l'Europe vers le protectionnisme. Il rappelle les principes fondamentaux européens que sont l'ouverture, la coopération et le respect des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Pour les autorités chinoises, les différends commerciaux doivent se régler par la négociation. Pékin insiste sur les bénéfices réciproques des échanges avec l'Europe et appelle à préserver les chaînes d'approvisionnement.

Mais la pression monte entre les deux partenaires. La Chine vient d'ouvrir une enquête antidumping sur un produit chimique européen. Pékin dispose également d'un levier de taille sur les industries européennes : ses restrictions sur les terres rares.

Après avoir été accusée de frilosité dans les crises commerciales, par exemple face aux États-Unis, la commission européenne se retrouve en situation de devoir entamer un bras de fer avec la Chine sans toutefois créer une guerre commerciale avec Pékin.

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