L’épargne, un frein à l’achat d’une maison pour les nouveaux arrivants au Québec, selon un sondage
Devoir épargner pour la mise de fonds représente le plus grand obstacle à l’achat d’une propriété aux yeux des nouveaux arrivants au Québec qui souhaitent acheter une maison, selon un nouveau sondage de Royal LePage publié jeudi. Au total, 63 % des répondants ont indiqué que l’épargne est le plus grand obstacle, suivi de l’obtention d’un emploi plus stable ou mieux rémunéré (41 %).
À noter que les répondants devaient sélectionner toutes les réponses qui s’appliquent à leur cas. Pour Dina Morsi, courtière immobilière chez Royal LePage, ces préoccupations sondées trouvent échos sur le terrain lorsqu’elle travaille non seulement auprès de nouveaux arrivants, mais aussi auprès de personnes nées au Canada.
À l’échelle québécoise, 71 % des nouveaux arrivants qui ne sont pas déjà propriétaire ont répondu avoir l’intention d’acheter une résidence principale. En prenant en compte les 3 % d’indécis, ce sont 27 % d’entre eux qui ont indiqué ne pas vouloir acheter.
Le besoin de constituer une cote de crédit ou un historique de crédit au Canada est une autre préoccupation qui revient fréquemment pour ceux qui veulent acheter — choisie à 27 % dans le sondage —, souligne Mme Morsi. « Même s’il y a des programmes en place pour aider ces nouveaux arrivants, c’est sûr que c’est une coche de plus par rapport aux Canadiens. »
Des calendriers plus éloignés
Selon la courtière immobilière, une telle préoccupation pourrait également expliquer que 51 % des nouveaux arrivants qui comptent acheter une propriété au Québec envisagent de le faire dans plus de deux ans ou selon un calendrier encore incertain. En comparaison, 30 % visent acheter dans une fourchette d’un à deux ans, tandis que 10 % envisagent d’acheter d’ici moins d’un an.
Sur les régions sondées (la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba, l’Ontario, le Québec et les provinces atlantiques), le Québec est celle où le moins de répondant vise acheter d’ici un à deux ans et est aussi celle où le plus de nouveaux arrivants disent vouloir acheter dans plus de deux ans.
En lisant le sondage, Dina Morsi admet surtout avoir été étonnée qu’un tiers des répondants au Québec s’attendaient à ce que l’achat d’une maison soit plus difficile au Canada que dans leurs pays d’origine. Au total, 24 % d’entre eux ont répondu s’attendre à une difficulté similaire et 29 % s’attendaient à ce que l’achat soit plus facile au Canada.
Au Canada, « la maison est devenue beaucoup moins abordable par rapport aux revenus », observe Mme Morsi. « Et je pense que dans leur pays d’origine, l’accessibilité au logement, c’est plus simple que nous au niveau de la disparité entre les revenus et les coûts des maisons », poursuit-elle.
À noter que les réponses positives à la question « êtes-vous propriétaire d’un bien immobilier au Canada ? » augmentent graduellement en fonction du nombre d’années passées au Canada.
Ainsi, 13 % des répondants qui sont au pays depuis moins d’un an affirment être propriétaires de leur résidence principale, tandis que le pourcentage monte à 45 % pour les répondants qui vivent au Canada depuis au moins cinq ans et au plus dix ans. Pour les catégories « au moins un an, mais moins de trois ans » et « au moins trois ans, mais moins de cinq ans », ce sont, respectivement, 20 % et 24 % des nouveaux arrivants qui ont acheté une résidence principale.
Le sondage, qui a été réalisé entre le 25 août et le 8 septembre 2026 par la firme Burson via le panel en ligne de Léger, a questionné 1400 nouveaux arrivants qui ont immigré au Canada au cours des 10 dernières années. Comme l’échantillon est non probabiliste, une marge d’erreur ne peut être associée au sondage, mais « à titre comparatif, un échantillon probabiliste de 1400 répondants aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3 %, 19 fois sur 20 », indique-t-on.
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