The Jerusalem PostTurkey says Israeli citizens led alleged $3 billion international investment fraud networkCNN Türk18 EYLÜL 2026 REYTİNG SONUÇLARI| Kızılcık Şerbeti, MasterChef Türkiye Reyting Sonucu: Dün Akşam En Çok Ne İzlendi?PunchPolice arrest suspected armed robber in Cross River, recover gunBollywood HungamaRohit Shetty confirms Golmaal 5 cast; reveals release date with a ‘whistle-worthy’ motion posterוואלהנער בן 14 נכווה ממים רותחים בהרצליה - מצבו בינוניUOLCriar supervírus letal é fácil no papel e dificílimo na práticaSky TG24Ecofin, confronto su extraprofitti energia. Giorgetti: “Choc prezzi finirà nelle bollette”SportstarEast Bengal vs Coal India LIVE score, Calcutta Football League: CI 0-2 EBFC; EBFC two goals up in 10 minutesFootball ItaliaNainggolan: I could still play for Roma or Inter, Monchi’s double game with me, Dzeko and ChelseaIl Fatto QuotidianoDopo OpenAI e Anthropic, anche l’Intelligenza artificiale di Google viola sistemi informatici. Il docente: “Gemini non è un hacker, errore nei test”Digital SpyEmmerdale reveals first look at Joe Tate's fury after Vinny's confessionKhaosod EnglishPrincess Sirivannavari leads Thai costume showcase in Tokyo
The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, September 19, 2026

La péninsule interdite : voyage au cœur de la baie de Wellers

Translate

Formée par une péninsule de sable donnant sur le lac Ontario, la baie de Wellers se niche dans un petit coin de paradis du comté de Prince Edward, à environ deux heures à l'est de Toronto.

C'est comme un petit Sandbanks, explique Ray Patterson, résident du secteur et descendant d'Asa Weller, qui a donné son nom à la baie. En cette journée nuageuse, M. Patterson, président d'une organisation de conservation locale, nous offre, à mon caméraman et à moi, une visite guidée de son quartier nautique.

Un quai avec deux chaises rouges de type Muskoka, un bateau sur l'eau de la baie, l’autre côté de l’eau, on peut apercevoir l'île Bald.

Le quai de Ray Patterson offre une vue sur l'île Bald, une des îles de la baie interdites d'accès au public.

Photo : Radio-Canada / Charley Dutil

Avant de prendre le large, il nous accueille dans sa salle à manger pour nous en expliquer la topographie à l'aide d’une pile de documents. Tout comme le secteur de Sandbanks, la baie de Wellers abrite des dunes de sable et de magnifiques plages. Cependant, contrairement à sa célèbre voisine, il est impossible de planter un parasol sur la plus grande partie de cette péninsule.

La raison : son passé militaire. De 1939 à 1953, la zone a servi de terrain d'entraînement au bombardement pour les pilotes de l’Aviation royale canadienne.

Assise à la table, Karen Mouck, une amie de Ray et résidente de longue date des berges de la baie, nous raconte les détails d'une rencontre qu'elle a faite sur les plages de la baie, il y a plusieurs années.

J'ai rencontré un ancien pilote britannique en marchant un jour sur plage, dit-elle. Son nom était en fait Charlie Brown, ajoute-t-elle en souriant. Il m'a expliqué que, lors des exercices d'entraînement, des chaloupes étaient installées au bord de la péninsule, et servaient de cibles pour les pilotes.

Une fois l'armée partie, les gens allaient ramasser des fragments de métal. C'était considéré comme un passe-temps local, explique Mme Mouck.

Le Canadair F-86 Sabre en vol.

Le Canadair F-86 Sabre aurait été l'un des types d’avion qui bombardaient la péninsule de la baie de Wellers, selon l'historien Marc Seguin. (Photo d'archives)

Photo : Gouvernement du Canada

En raison des risques que présentent les munitions non explosées, le site reste strictement fermé au public, plus de 70 ans après le largage des dernières bombes. Officiellement, la baie est désignée comme une réserve nationale de faune.

Interviewé avant notre départ, Alex Souchen, spécialiste de l’histoire de l'élimination des munitions, nous a expliqué que la reconversion d’anciens terrains militaires en réserves naturelles est une pratique courante.

Pendant la guerre, l'armée a connu une expansion territoriale gigantesque, rappelle ce professeur de l'Université de Guelph. Une fois le conflit terminé, les pressions se sont multipliées pour réduire le budget militaire. Il s'agissait d’une armée qui s’était [développée] avec un chèque en blanc, et cette même institution s'est retrouvée à gérer la dépollution de ces territoires avec des moyens considérablement réduits, ajoute-t-il.

La péninsule de la baie de Weller vue des airs.

Pendant une quinzaine d’années, ce lieu a été bombardé par les pilotes l'Aviation royale canadienne.

Photo : Radio-Canada / Grant Linton

Au-delà de la recherche d’économies pour éviter les coûts de décontamination, il s'agit également d'un bon coup publicitaire pour l'armée et le gouvernement, selon le professeur Souchen.

On prétend verdir les terres militaires, protéger les espèces menacées et créer des habitats sauvages, simplement parce que les humains n'y ont pas accès.

À la baie de Wellers, le nettoyage de la péninsule s'est fait attendre jusqu’aux années 2000. Entre 2006 et 2014, le ministère de la Défense a retiré 30 munitions explosives non explosées ainsi que 3933 kg de débris. De plus, 93 kg de rebuts de munitions additionnels y ont été ramassés en 2017.

La péninsule de la baie de Wellers.

La péninsule de la baie de Wellers vue sous un autre angle.

Photo : Radio-Canada / Grant Linton

Selon Environnement et Changement climatique Canada, il y aura toujours un certain risque de munitions explosives non explosées dans la réserve nationale de faune, y compris sur l'île Bald, le site subissant continuellement des changements en raison de la nature dynamique de l’eau, du vent et du sable.

M. Patterson indique que cette nature dynamique des éléments menace la santé de la baie pour une autre raison. Il y a un apport constant de sable vers la baie, explique-t-il. Autrefois, plusieurs liens maritimes existaient entre la baie et le lac, mais aujourd'hui, un seule existe à l'extrême ouest de la baie.

Dans les années 1980, une association de résidents, les Amis de la baie de Wellers, a vu le jour afin de protéger ce dernier canal.

Il y avait une grande inquiétude que les eaux de la baie meurent complètement, et qu'on se retrouve avec une prolifération d’algues et ce genre de chose.

L'organisation a rassemblé de nombreux résidents inquiets. Ensemble, ils ont fait une collecte de fonds pour mettre en place une opération de dragage tous les deux à trois ans. Ces responsabilités ont par la suite été transférées aux autorités municipales et provinciales.

Le canal serpentin qui fait le lien entre la baie de Wellers et le lac Ontario.

Le canal en forme de serpent qui fait le lien entre la baie de Wellers et le lac Ontario.

Photo : Radio-Canada / Charley Dutil

Cela a permis à la baie de revivre, aux poissons de s'y épanouir et d’assurer une bonne circulation de l'eau au fil du temps, raconte M. Patterson.

Une mission en évolution

Parfois, l'eau est comme celle des Bahamas, lance Ray Patterson au volant de son bateau. Ce matin-là, les eaux de la baie de Wellers sont d'un calme absolu. À notre gauche se trouve la péninsule et, à notre droite, se dressent les chalets sur les berges.

Un chalet de luxe sur les berges de baie de Wellers.

Le rivage de la baie de Wellers dévoile une étonnante mosaïque de chalets, reflétant tous les niveaux de vie.

Photo : Radio-Canada / Charley Dutil

Depuis le bateau, les écarts de revenus entre les propriétaires de chalets sautent plus aux yeux que la frontière entre les deux sections de la péninsule, où seule une discrète pancarte sert de repère. Des caméras y auraient été installées, selon l’historien local Marc Seguin. Le gouvernement fédéral affirme quant à lui avoir décerné 9 sanctions pécuniaires administratives et 10 avertissements à des curieux en 2025.

Après l’exploration du canal et une opération de remorquage imprévue, nous jetons l’ancre près de l’une des plages publiques de la péninsule. Un couple dans la cinquantaine nous y accueille, bière à la main, au son du rock des années 1970.

Ray Patterson (gauche) et Karen Mouck (droite) sur la plage de la péninsule de la baie de Wellers.

Ray Patterson et Karen Mouck sur la plage de la péninsule.

Photo : Radio-Canada / Grant Linton

Nous traversons rapidement la péninsule à pied pour rejoindre la plage bordant le lac Ontario. Celle-ci est déserte et le niveau de l’eau est si bas que nous pourrions théoriquement marcher sur quelques centaines de mètres dans le lac, quitte à nous mouiller les pieds.

C'est là que M. Patterson nous présente le nouveau combat des Amis de la baie de Wellers : l'éradication du phragmite, une plante envahissante venue d'Asie qui nuit à la biodiversité, aux terres humides et aux plages, d'après le gouvernement de l’Ontario.

Cette espèce invasive peut se multiplier rapidement, à la fois par la dispersion des graines et par l'activité des rhizomes souterrains, explique-t-il.

Des pousses de phragmite sur la plage de la péninsule de la baie de Wellers.

Deux types de phragmite existent en Ontario, une espèce indigène plus petite et une espèce envahissante qui peut atteindre cinq mètres de hauteur.

Photo : Radio-Canada / Grant Linton

Actuellement, un plan d'action de deux à trois ans est mis en place pour contrer la propagation du phragmite dans le secteur de la baie, explique le président des Amis de la baie de Wellers.

D'après Environnement et Changement climatique Canada, la péninsule est un habitat privilégié pour plusieurs espèces menacées, notamment le petit blongios, le pluvier siffleur et la couleuvre à nez plat.

Un oiseau à travers des quenouilles.

Le petit blongios est le plus petit membre de la famille des hérons. (Photo d’archives)

Photo : Conservation de la nature Canada / Steve Arena

Sur le plan de l’évolution, un professeur d’écologie à l’Université Trent de Peterborough, Dennis Murray, estime qu'il n'y a pas de grande différence entre les deux zones de la péninsule. Il précise cependant que les habitats sont probablement mieux préservés là où l'accès a été limité.

 La densité et la qualité de l’habitat seront meilleures qu’elles l’auraient été s'il y avait beaucoup de monde qui visitait le site, dit-il.  Ça veut dire que, probablement, il y a des densités plus élevées d’espèces qui sont sur cette terre-là, versus une autre île où il y a des campeurs ou des visiteurs.

Un couple se promène sur une plage déserte.

Un couple se promène sur la plage presque déserte de la péninsule de la baie de Wellers.

Photo : Radio-Canada / Grant Linton

La baie de Wellers est encore ponctuellement utilisée pour des manœuvres militaires, affirment certains résidents. Elle sert entre autres aux entraînements de recherche et sauvetage, selon Marc Seguin.

Karen Mouck raconte que ces exercices ont souvent lieu en soirée. Il y a un éclairage incandescent très puissant, puis le bruit des hélicoptères, raconte-t-elle. C'est impressionnant.

La base des Forces canadiennes de Trenton n'est qu'à quelques kilomètres à l'est de la baie. Notre aventure se termine avec un rappel de cette proximité lorsque notre drone partage le ciel au-dessus de la baie avec des avions C-130 Hercules...

View the original on Radio-Canada

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.