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Friday, September 18, 2026

OTAN : Trump nuira-t-il à la candidature de la plus haute gradée de l’armée canadienne?

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La cheffe d’état-major de la Défense du Canada, Jennie Carignan, pourrait être élue samedi comme prochaine présidente du Comité militaire de l’OTAN, mais le président américain Donald Trump pourrait décider de lui mettre des bâtons dans les roues.

Les chefs militaires des 32 pays membres de l'Alliance doivent voter pour déterminer qui, de Mme Carignan ou de son homologue allemand Carsten Breuer, succédera à l'officier de marine italien Giuseppe Cavo Dragone à la présidence du Comité.

Ce poste représente le lien entre la direction politique de l’OTAN et ses commandants militaires. Le Comité évalue les menaces, les capacités et les besoins opérationnels, et fournit des conseils militaires à l'OTAN.

Steve Saideman, expert en défense à l’Université Carleton qui a beaucoup écrit sur l’OTAN, estime que Jennie Carignan a absolument une chance d'être élue présidente.

Je pense que Mark Carney a probablement fait ses devoirs et qu’il n’aurait pas proposé son nom si elle n’avait aucune chance, explique-t-il, ajoutant que le contexte géopolitique est exceptionnel.

Je pense aussi que le Canada, en ce moment, est très sollicité par l'Europe pour jouer un rôle dans toutes sortes de structures européennes. Je crois donc que c'est une possibilité.

Ce vote intervient après la visite du premier ministre Carney à Strasbourg, en France, cette semaine, au cours de laquelle la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé que le Canada devienne le premier « membre associé » de l’Union européenne.

On ne sait pas exactement ce qu’un tel statut pourrait signifier, mais il pourrait permettre au pays d'amplifier considérablement son intégration économique et politique dans l'Union.

Mark Carney devant des drapeaux du Canada et de l'Union européenne.

Le premier ministre canadien Mark Carney a salué l’idée de faire du Canada un membre associé de l’Union européenne. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Mark Carney a accueilli favorablement cette proposition. Donald Trump, lui, non.

Le président américain l’a qualifiée, d’une part, de risible, mais l’a également décrite comme un acte potentiellement hostile qui pourrait entraîner l’imposition de droits de douane contre l'Europe.

De l'avis de Steve Saideman, l'élection de samedi pourrait ainsi être l'occasion, pour le président Trump, de se servir de son influence pour contrer la candidature de la Canadienne.

Donald Trump ne laissera pas un Canadien ou une femme diriger le Comité militaire, si les gens qui l’entourent ont prêté attention à cette situation, juge le spécialiste.

Il est très mécontent du Canada parce que celui-ci ose réellement agir de manière autonome. Sa réaction hier à la nouvelle concernant le statut de membre associé laisse penser qu’il saisira toute occasion, particulièrement une occasion qui lui coûte relativement peu, pour bloquer les ambitions du Canada, quelles qu’elles soient, poursuit-il.

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Un vote secret

L’élection du président du Comité militaire de l’OTAN se fait à la majorité, au moyen d’un scrutin secret entre les chefs d’état-major de la Défense. Le vote a lieu pendant une séance à huis clos du Comité.

Dans une entrevue accordée à CBC News, Jennie Carignan a déclaré que c’était un privilège d’être prise en considération, particulièrement à un moment où l’Alliance fait face à des tensions accrues avec la Russie, à des attaques hybrides et à la guerre en Ukraine.

Ne vous méprenez pas. Je sais parfaitement dans quoi je m’embarque, mais c’est une période tellement importante pour travailler avec l’OTAN en tant que partenaires, a-t-elle soutenu. Et je pense que je peux faire une différence de cette façon.

La générale Carignan a indiqué que certains de ses homologues à la tête des forces de défense l’avaient encouragée à présenter sa candidature.

Le général à la retraite Ray Henault est le dernier officier canadien à avoir occupé ce poste, de 2005 à 2008. Il a fallu trois tours de scrutin pour assurer son élection, indique-t-il.

D’après mon expérience, il y a toujours au moins quelques tours de scrutin avant d’arriver au résultat final, fait-il valoir.

Comme Jennie Carignan, Ray Henault dit avoir été approché à l'époque par des chefs militaires européens qui l’avaient encouragé à se présenter.

Mon intuition est que Jennie est très respectée, estime l'ex-général. C’est une femme très compétente. Elle possède une expérience opérationnelle supérieure à celle de la plupart des gens, franchement, notamment en tant qu’ingénieure de combat. Elle a participé à plusieurs des opérations dans lesquelles le Canada a été impliqué.

M. Henault n’a pas voulu s'avancer sur la position qu'adopteront les États-Unis.

Selon lui, néanmoins, la voix du chef d'état-major des armées américaines a toujours beaucoup de poids auprès de ses homologues des autres pays.

Je pense qu’ils prêteraient probablement attention à ce que le chef de la Défense américain pourrait dire, juge-t-il, soulignant toutefois qu'on ne saura pas pour qui le représentant des États-Unis votera, puisque ce sera un scrutin secret.

D'après un texte de Murray Brewster (nouvelle fenêtre), de CBC News

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