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Sunday, November 8, 2026

La communauté journalistique honore Pierre Bruneau

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La Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) a remis samedi soir son prix Hommage 2026 à Pierre Bruneau. Pour l’ancien chef d’antenne de TVA, cette reconnaissance fait figure de réconciliation.

« En 1980, quand mon fils a reçu un diagnostic de la leucémie, j’avais accepté d’écrire et de faire une pub, un message pour les enfants atteints de cancer. La FPJQ m’avait comme blâmé en me disant qu’un journaliste ne doit pas s’associer à des causes, qu’il doit être neutre en tout temps. J’avais trouvé ça dur et je les avais envoyés paître, je l’avoue », raconte Pierre Bruneau lors d’une entrevue avec Le Devoir.

Plus tard, en se rendant à des événements de la FPJQ, il se sentait mal à l’aise. M. Bruneau avait toujours « cette espèce de roche dans [son] soulier ». Il a par contre redoublé d’ardeur pour défendre les enfants malades. Après le décès de son fils Charles, emporté à l’âge de 12 ans, il a créé la Fondation Charles-Bruneau, qui finance la recherche et les soins en oncologie pédiatrique.

Aujourd’hui, cet engagement est salué par l’association journalistique qui le lui avait autrefois reproché. Le jury composé d’anciens présidents de la FPJQ a aussi félicité « une carrière exceptionnelle et l’héritage d’un homme qui a accompagné le Québec pendant près de cinq décennies ». Il a souligné sa rigueur, sa clarté, son humanité, son professionnalisme, la qualité de sa langue et sa capacité à rendre l’actualité accessible.

Ce prix vient s’ajouter à une très, très longue liste de reconnaissances publiques reçues au fil des années : membre de l’Ordre national du Canada, médaille d’honneur de l’Assemblée nationale, officier de l’Ordre de Montréal, prix René-Lévesque, prix Gémeaux, trophées Artis, Prix pour l’ensemble d’une carrière aux prix Écrans canadiens, médaille du Jubilé, chevalier de l’Ordre de la Pléiade, officier de l’Ordre national du Québec…

« Tous les prix sont touchants », estime le chef d’antenne à la retraite depuis 2022. Il souligne que la fidélité des téléspectateurs s’établit à long terme. « Tu ne peux pas gagner la confiance des gens en faisant deux ou trois saisons. J’ai été 46 ans à la même heure au même poste, ce qui a fait que j’ai cette reconnaissance du public et que, par la force des choses, tout le monde a suivi. »

Une présence rassurante

Au-delà des prix, il y a l’impression d’avoir eu un effet positif dans la vie des gens. Ce Victoriavillois de naissance souligne avec bonheur que plusieurs personnes issues de l’immigration ont appris le français en l’écoutant.

« Il y a deux semaines, je suis allé à un événement de francophones de l’Ontario. Une jeune qui devait avoir 20 ans est venue me voir et elle s’est mise à pleurer. J’ai dit : “Ben voyons, qu’est-ce qui arrive ?” Elle a dit : “Je n’écoutais pas beaucoup les nouvelles, mais mes parents vous écoutaient. Juste à entendre votre voix, je revoyais toute ma jeunesse à la maison, parce qu’elle était présente à tous les soupers”. Heille, je trouvais ça tellement beau », raconte le vétéran journaliste.

Avoir eu une place aussi importante dans les chaumières, c’est sa plus grande fierté professionnelle. Lorsqu’il a commencé à lire les nouvelles à Télé-Métropole en 1976, à l’âge de 23 ans, la chaîne qui est devenue TVA était loin d’être une référence en la matière. Il a dû convaincre ses patrons que l’information était importante.

« Mon plus grand legs journalistique, c’est d’avoir noué avec la population et amené une nouvelle clientèle à l’information », juge celui qui avait auparavant travaillé à la radio.

Durant toutes ces années, Pierre Bruneau a adoré être aux premières loges des événements marquants. Il a aussi adoré être en direct.

Une retraite bien remplie

Après son retrait des ondes, M. Bruneau a reçu des offres pour se joindre au rang de plusieurs partis politiques. « Ça veut dire qu’ils ne savent pas dans quel camp je suis. J’ai réussi à avoir cette espèce d’image neutre qui fait que, même si on a tous des convictions, c’est mon travail d’informer qui a primé », souligne-t-il. Il a refusé les propositions, croyant qu’il aurait eu plus à perdre qu’à gagner, notamment en crédibilité.

Même s’il profite bien de la retraite, la salle de nouvelles lui manque. « Lors des dernières élections, c’était la première fois que je n’animais pas de soirée électorale ou de débat. C’est sûr que ça m’a fait quelque chose », admet le septuagénaire.

M. Bruneau se fait souvent dire que le public s’ennuie de lui, et c’est réciproque. Il préfère quand même voyager avec sa conjointe, voir grandir ses petits-enfants et s’occuper encore plus de sa Fondation.

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