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Thursday, September 24, 2026

Thélyson Orélien accusé de plagiat après des soupçons d'utilisation de l'IA pour l'écriture de son dernier roman

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Dans la tourmente depuis mardi, le romancier Canado-haïtien, Thélyson Orélien, soupçonné d'avoir utilisé une intelligence artificielle pour écrire son roman C'était ça ou mourir, un des succès littéraires de la rentrée, fait maintenant l'objet d'allégations de plagiat. De nombreux articles signés par l'auteur ont été intégralement copiés ou presque.

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Ces accusations-là sont plus difficilement récusables. Le quotidien québécois La Presse a révélé mercredi que l'écrivain québécois-haïtien avait copié des paragraphes entiers du temps où il collaborait au journal comme rédacteur-pigiste il y a une dizaine d'années. En 2013, une chronique signée Thélyson Orélien se révèle être une traduction mot pour mot, reprise dans sa quasi-totalité, d'une chronique, en anglais, écrite par un journaliste du quotidien de Manille, The Philippine Star.

Et ce n'est pas un cas isolé. On retrouve aussi, sur son blog Médiapart, un paragraphe copié à l'identique d'une analyse publiée en espagnol dans le journal La Républica, écrite par un ancien ministre colombien des Finances. Autre exemple, dans le Huffpost Quebéc, où il reprend largement les réflexions et les tournures de phrases de l'artiste et auteur danois Pablo Saborio. « Une tromperie décevante et inexcusable », a réagi François Cardinal, l'éditeur adjoint du journal La Presse, à l'origine de ces découvertes. 

Thélyson Orélien a également publié dans le Mondoblog de RFI, qui n'existe plus depuis 2025. En 2013, il a publié un papier sur la démission du pape Benoit XVI, copié aussi, à quelques mots près, sur article du quotidien indien, The Hindu. La liste est longue et sur les réseaux sociaux une véritable chasse aux faux s'est lancée. Les internautes ont retrouvé des dizaines d'articles de Thélyson Orélien dans lesquels il copie pêle-mêle des journalistes, des pages de Wikipedia et des auteurs, tels que Alvin Toffler, Milan Kundera ou Victor Hugo…

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Une accusation d'écriture par IA à l'origine de tout

À l'origine, pourtant, il n'était pas question de plagiat, mais d'utilisation d'intelligence artificielle pour l'écriture de son dernier roman C'était ça ou mourir. Un des succès littéraires de la rentrée, en lice pour des prix prestigieux comme le Goncourt, le Renaudot ou le Femina. Tout avait commencé avec le doute instillé par un compte relativement confidentiel sur X du nom de « Balance ton Claude », qui a affirmé que le dernier roman de Thélyson Orélien, en lice pour de prestigieux prix littéraires français (dont le Goncourt), et prévu pour être traduit dans une vingtaine de langues, a été « presque intégralement » écrit avec une intelligence artificielle. Le livre aurait été passé au crible de Pangram, un logiciel américain de détection d'IA... Un outil jugé très fiable par les connaisseurs.

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« Je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine », a réagi mardi Thélyson Orélien dans Libération, jurant qu'il allait prouver sa bonne foi. Mais avec cette nouvelle déferlante d'accusations de plagiat dans la presse et sur les réseaux, c'est bien le profil d'un imposteur qui émerge.

Sa carrière littéraire remise en question

D'autant que l'affaire touche aussi son activité littéraire : dans sa nouvelle Où va le monde, écrite en 2012, celle qui l'a fait connaître du monde de l'édition et pour laquelle il avait remporté le prix du public organisé par Radio Canada, plusieurs passages ont été copiés à l'identique de la préface d'un livre célèbre : Le Matin des magiciens, de Louis Pauwels, paru en 1960. Notamment la toute première phrase : « Je suis d’une grande maladresse manuelle et le déplore. Je serais meilleur si mes mains savaient travailler. Des mains qui font quelque chose d’utile, plongent dans les profondeurs de l’être et y débordent une source de bonté et de paix. »

Les Éditions du Boréal, au Québec, disent prendre ces allégations très au sérieux et vouloir faire la lumière sur cette affaire. L'éditeur français Grasset a pour l'instant seulement parlé d'une « campagne de haine » à l'égard de Thélyson Orélien.

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