La basilique Notre-Dame de Montréal dévoile sa façade après 10 ans de travaux

Après 10 ans de travaux, la basilique Notre-Dame de Montréal a retrouvé une façade exempte d’échafaudages. Et pour financer le reste des travaux, la passerelle entre les deux tours sera rouverte au public, car oui, les travaux sont loin d’être terminés et la facture a même doublé.
En 2016, quand une des mains de la statue de la Vierge Marie menace de tomber, les dirigeants de la basilique ne se doutaient pas encore de l’étendue de ce qui les attendait.
En montant, c’est là qu’on a vu qu’il y avait un ventre de bœuf d’un pied et demi. Donc, la façade était détachée de la structure, et c’est là que des travaux d’urgence ont été lancés
, explique Michel Issa, chef de direction de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame.
Une auscultation complète a ensuite été lancée, et la rénovation complète a été entamée en 2020.
Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu.
Sur la tour est, on croyait devoir changer 1800 pierres. Finalement, ce sont plutôt 4500 pierres qui ont été nécessaires.
Les responsables des travaux ont tenté de trouver des pierres de remplacement en Chine, en Inde et en Espagne, mais elles avaient une teinte trop bleue. Ce sont finalement des pierres dénichées à Portneuf, dans la région de Québec, et taillées sur mesure à Chambly, qui ont été utilisées. Avec le temps, elles prendront la même teinte grise.

Les trois sculptures se retrouvant dans les niches de la façade nord sont l’Immaculée Conception (représentant Montréal), Saint-Jean-Baptiste (figurant le Québec) et Saint-Joseph (patron du Canada).
Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi
Le jour où cette carrière sera épuisée, on aura un problème
, confie Mathieu Verreault, directeur des affaires touristiques et des opérations de la basilique Notre-Dame de Montréal.
Il y a aussi eu des erreurs de pose.
Dans le haut des tours, ils ont posé les pierres dans le mauvais sens
, mentionne M. Verreault. C’est de la pierre sédimentaire, donc elle doit être posée horizontalement dans le sens du sédiment pour que les forces mécaniques de compression la rendent imperméable. Si on la met dans l’autre sens, le sédiment est à la verticale, alors ce n’est plus imperméable à la pluie.
Les travaux en un clin d'œil :
Appelée La Persévérance, la tour ouest abrite un bourdon (grosse cloche) d’environ 11 000 kg. À l'époque, il fallait 12 hommes pour le faire sonner;
Appelée La Tempérance, la tour est abrite un carillon de 10 cloches. Il a fallu changer les pierres;
Pour les décors peints à l'intérieur, il a fallu retrouver la recette originale de la peinture et faire appel à des artisans venus de l'extérieur;
Les pinacles de tours qui culminent à 67 mètres de hauteur ont dû être rénovés.
La Fabrique s’attaque désormais à rénover les côtés et l’arrière de la basilique, et estime que l’enveloppe extérieure complète du bâtiment sera rénovée pour le bicentenaire de l’édifice en 2029.
Mais en 2030, il faudra s’attaquer à la rénovation de la voûte et probablement fermer la basilique au complet, ce qui implique des pertes de revenus. En effet, l’accès à la basilique, qui accueille environ 1,2 million de visiteurs par an, est le plus souvent payant.
En plus, le projet dans sa totalité est désormais évalué à 100 millions $, soit deux fois plus que prévu initialement. La Fabrique de la paroisse Notre-Dame va donc recycler une idée vieille de 180 ans : ouvrir aux visiteurs la passerelle d’accès entre les deux tours.
Au milieu des années 1850, la Fabrique avait ouvert un accès en hauteur au public pour financer le déplacement du cimetière Saint-Antoine (Vieux-Montréal) vers le mont Royal. Les épidémies de choléra engorgeraient en effet le cimetière, qui était en outre victime d’inondations avec tous les risques de contamination que cela implique.
On veut refaire la passerelle et l'ouvrir au public pour financer la fermeture de la basilique qui aura lieu en 2030 pour restaurer la voûte
, explique Michel Issa.
En attendant, les travaux de rénovation se poursuivent à l’intérieur de la basilique, qui a comme caractéristique que chacun des murs est totalement peint.
Avec les informations d'Alexandra Fortin
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