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Friday, November 6, 2026

Bart De Wever de retour chez le Roi ce vendredi : quels sont les scénarios, du plus au moins probable ?

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La première hypothèse et la plus probable selon nos informations, c’est que le Roi refuse la démission du Premier ministre. Et là, plusieurs raisons l’expliqueraient. Plusieurs pistes sont envisageables.

D’abord, le Roi pourrait avoir constaté qu’il est possible que le gouvernement se remette au travail et "que le communiqué du palais royal dise qu’à la suite des échanges de vues qu’il a eus avec le Premier ministre et les présidents des partis de la coalition, le roi a pu constater que des possibilités d’un accord à relativement brève échéance se dégageaient", explique Jean Faniel, politologue et directeur général du CRISP. Dans ce cas, Bart De Wever et ses vice-premiers ministres retourneraient donc rapidement à la table des négociations.

Des variantes à ce scénario sont possibles.

Ça veut dire que ça laisse encore le week-end aux acteurs pour faire chauffer leur téléphone

D’abord, le Roi pourrait ne pas encore communiquer sa décision ce vendredi. Dans ce cas de figure, "c’est simplement que le palais constate qu’au terme des consultations et entretiens qu’il a eus avec le Premier ministre et les cinq présidents, présidentes de partis, il prend le temps de la réflexion et qu’il réserve sa réponse pour lundi ou mardi, quelque chose comme ça", explique Jean Faniel.

"Ça veut dire que ça laisse encore le week-end aux acteurs pour faire chauffer leur téléphone", poursuit-il. "C’est un scénario qui serait lié au fait qu’il (le Roi, ndlr) aurait constaté que le blocage n’est pas total, que la crise n’est pas totale et la fin inéluctable, mais qu’on n’y est quand même pas encore tout à fait", précise le politologue. On grappillerait ainsi encore quelques jours "pour s’assurer que chacun va bien tenir sa promesse et qu’on peut commencer à vraiment négocier et aller à un accord".

Une autre variante, en cas de blocage plus profond, mais avec toujours la perspective qu’un accord soit possible, serait de poursuivre les consultations royales. Dans cette hypothèse, le Roi "décide de revoir ou de voir certaines personnes, éventuellement d’élargir aux présidents de partis de l’opposition, éventuellement élargir au gouverneur de la Banque Nationale ou aux représentants patronaux et syndicaux ou quelque chose comme ça", explique Jean Faniel. Là encore, ce serait du temps qui serait donné aux partis de la majorité pour tenter d’arrondir les angles.

Une possibilité serait aussi que le Roi désigne une sorte de médiateur, en tout cas quelqu’un dont la mission serait d’explorer davantage les possibilités de rapprocher les partis de la majorité. Cette hypothèse est cependant plus fréquente dans les périodes précédant la formation d’un gouvernement, mais rien n’empêcherait de confier un tel travail à une ou plusieurs personnalités, par exemple un ou plusieurs présidents de partis en tandem ou l’un ou l’autre vieux sage de la politique belge.

Le Roi pourrait acter que le Premier ministre De Wever n’est plus en mesure de diriger son gouvernement dans le contexte actuel et accepter sa démission. A nouveau, selon nos informations, ce n'est pas le scenario qui tient la corde.

Avant d’envisager d’organiser de nouvelles élections, une piste qui pourrait être suivie serait de chercher un nouveau Premier ministre pour l’actuelle majorité. Mais qui et dans les rangs de quel parti ? Le scénario est possible, mais peu probable selon Jean Faniel. "Pour Bart De Wever en particulier, ce serait quand même un camouflet de première catégorie. Donc, moi je crois assez peu à l’idée qu’on puisse avoir un Premier ministre alternatif ", même si juridiquement et constitutionnellement ce serait possible.

Dans une logique assez proche, chercher à remplacer l’un des partis de la coalition Arizona par un parti de l’actuelle opposition, bref constituer une nouvelle majorité, est aussi une option, mais elle est aussi peu probable. "Anders (les libéraux flamands, NDLR) n’a pas assez de sièges pour faire l’appoint, même s’il le propose", note Jean Faniel. "Soit c’est le PS, mais Paul Magnette a déjà écarté la piste, et j’imagine mal Bart De Wever accepter de diriger un gouvernement qui serait plus à gauche que le gouvernement actuel", poursuit-il.

S’il apparaît qu’il sera impossible aux partis de l’Arizona de s’entendre et de boucler leur budget, il est alors envisageable que la démission du Premier ministre soit acceptée en dressant le constat qu’il faut se tourner vers les électeurs pour désigner de nouveaux parlementaires. "Si on veut convoquer des élections anticipées, ça veut quand même dire qu’on doit mettre en route la procédure qui va déclencher la convocation d’une élection de la Chambre de manière anticipée endéans les 40 jours", explique Jean Faniel.

A partir de quand cette période de 40 jours commencerait-elle ? "Soit c’est le Roi qui dissout la Chambre. La Constitution prévoit des scénarios en la matière, mais on ne les a jamais utilisés et il faut que la Chambre elle-même marque son accord ou refuse", explique Jean Faniel. "Soit le plus vraisemblable, […] c’est l’adoption par le gouvernement, par la Chambre des représentants et par le Sénat (pas encore officiellement supprimé, ndlr) d’une liste d’articles de la Constitution qui serait ouverte à révision sous la prochaine législature. Et ce serait alors la publication au moniteur de ces trois listes, qui déclencherait la dissolution et la convocation des chambres au plus tard dans les 40 jours", explique le directeur général du Crisp.

Ce scénario nécessiterait peut-être de devoir calculer le meilleur moment pour déclencher cette échéance de 40 jours pour éviter de devoir organiser des élections en plein Noël ou Nouvel An, par exemple. "Soit il faut aller très très vite pour que des élections tombent plutôt dans la première quinzaine de décembre, soit plutôt on tire un peu plus en longueur pour au moins arriver à la seconde quinzaine de janvier", planifie Jean Faniel.

Ce scénario d’élections anticipées apporterait la certitude que le pays se dirigerait vers une période a priori longue sans gouvernement de plein exercice, car il faudrait du temps pour constituer une nouvelle majorité et s’entendre sur un nouvel accord de gouvernement. Ce n’est pas le meilleur des scénarios, si l’on en croit les appels à la raison et au sens des responsabilités lancés par plusieurs présidents de partis de la majorité cette semaine en marge des audiences chez le Roi.

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