Carney et les premiers ministres rencontrent les dirigeants des Premières Nations

(Ottawa) Les dirigeants des Premières Nations ont rencontré lundi à Ottawa le premier ministre Mark Carney et certains des premiers ministres provinciaux, lors d’une rencontre que la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN) a qualifiée de rencontre en face-à-face attendue depuis longtemps.
Publié à
Alessia Passafiume et Kyle Duggan La Presse Canadienne
« Le premier ministre a déclaré que le Canada repose sur les fondations de trois peuples : les Premières Nations, les Français et les Britanniques. Mais on ne peut ignorer le fait que les Premières Nations habitaient ces territoires bien avant que les frontières coloniales ne soient établies », a déclaré la cheffe de l’APN, Cindy Woodhouse Nepinak, dans son discours d’ouverture lors de la réunion de lundi.
« C’est pourquoi nous sommes ici : pour assurer la prospérité et le bien-être de nos enfants et des sept générations à venir. Il ne peut pas s’agir simplement de faire passer en force des projets d’envergure aussi vite que possible. »
La réunion de lundi est la première du genre depuis les pourparlers de l’Accord de Kelowna de 2005, qui avaient réuni les premiers ministres provinciaux et le premier ministre fédéral de l’époque, Paul Martin, ainsi que des dirigeants autochtones afin de discuter des moyens de combler les écarts socio-économiques au sein des communautés autochtones.
Cette réunion intervient alors que le gouvernement de Mark Carney s’efforce d’accélérer l’approbation et le développement de grands projets – des efforts qui, selon certains chefs des Premières Nations, menacent leurs droits.
Les tensions entre Ottawa et les Premières Nations ont atteint un pic peu après l’élection de Mark Carney, en 2025, lorsque son gouvernement a adopté une loi visant à créer un nouvel organisme chargé de rationaliser le développement des grands projets et de les approuver dans un délai d’un an.
Les dirigeants des Premières Nations ont averti que ces délais raccourcis porteraient atteinte à leurs droits et donneraient lieu à des recours judiciaires. Les gouvernements provinciaux ont adopté des lois similaires.
Mais les tensions s’exacerbent également pour plusieurs autres raisons, notamment le processus de revendications territoriales en Colombie-Britannique, le projet de pipeline Pacific Link récemment annoncé en Alberta et l’exploitation de la région minière riche en ressources du Cercle de feu en Ontario.
Les Premières Nations sont représentées à cette réunion à huis clos principalement par des chefs régionaux de l’Assemblée des Premières Nations. Une délégation de signataires de traités modernes et de représentants des traités n° 6, 7 et 8 participe également à la réunion.
M. Carney a souligné lundi que le fait qu’il s’agit de la première réunion rassemblant des dirigeants fédéraux, provinciaux et des Premières Nations depuis deux décennies donnait à réfléchir.
Il a souligné que cette « rencontre a lieu à un moment décisif et déterminant ».
Le premier ministre a expliqué que « le monde a changé et le Canada fait face à des menaces qui pèsent sur son économie, sa sécurité et sa souveraineté », ajoutant que « pour relever ces défis, il faut un pays fort. Et c’est quand nous sommes unis que le Canada est le plus fort ».
M. Carney a affirmé que la mission du Canada consistait à incarner pleinement les valeurs de toute la population pour un Canada juste et inclusif.
Si certaines Premières Nations s’opposent au programme de développement de M. Carney et à ceux des premiers ministres provinciaux, d’autres sont ouvertes à l’idée d’accroître l’activité économique sur leurs territoires.
La présidente de la Nation Nisga’a, Eva Clayton, a déclaré aux journalistes avant la réunion qu’elle soutenait les projets de M. Carney et qu’elle-même, ainsi que d’autres signataires de traités modernes, étaient présents à cette réunion pour apporter leur soutien au Canada.
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