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Sunday, October 4, 2026

Les cours suspendus lundi dans «400 à 500» lycées en France

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Par mesure de sécurité, les cours seront « totalement ou partiellement » suspendus dans 400 à 500 lycées lundi en France, à la veille d’une nouvelle journée de blocages redoutée par le gouvernement, qui se défend de faire un usage disproportionné de la force.

Parti mi-septembre d’un lycée de Créteil en région parisienne, le mouvement des lycéens — qui réclament notamment plus de moyens humains et financiers, dénoncent les absences non remplacées de professeurs, le délabrement des bâtiments — s’est étendu à toute la France et s’est enflammé cette semaine, marquée par une multiplication d’incidents et d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Façades incendiées, professeurs agressés… Sur les 3700 lycées du pays, « entre 400 et 500 » ont dû suspendre leurs cours vendredi, parce que les conditions de sécurité matérielles n’étaient « pas remplies », ou que des personnels « ont été directement visés » et « il y en aura probablement autant lundi, mais avec une reprise partielle des cours », a indiqué dimanche le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, sur les médias France 2 et France Inter.

Depuis les premiers blocages, « 78 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés, […] 24 établissements ont été incendiés ou saccagés » et en incluant les dégradations de logements de fonction, la facture atteint probablement « entre 20 et 30 » millions d’euros, a résumé le ministre.

« Lycéens violentés »

Invité dans une émission face au coordinateur de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard, il a de nouveau accusé ce parti de gauche radicale d’avoir « incité au blocage » et favorisé la flambée de violences. Jeudi, les services du premier ministre Sébastien Lecornu avaient estimé que le mouvement basculait vers des « violences urbaines », y voyant une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra-gauche ».

« S’il y a quelqu’un qui est responsable de cette mobilisation, c’est vous ! Parce que cette situation, c’est la conséquence de dix années de politique macroniste, de 10 000 suppressions de postes d’enseignants, de refus de revalorisation du point d’indice des fonctionnaires » ou encore « de Parcoursup, qui génère de l’angoisse », a répliqué dimanche Manuel Bompard, en évoquant la procédure informatisée d’orientation.

Ce dernier a aussi fustigé des interventions « absolument disproportionnées des forces de l’ordre ». « Quand vous avez un lycéen qui perd un œil » dans un tir de flashball [projectile de caoutchouc], un autre « qui prend une grenade lacrymogène dans les yeux » ou « une jeune étudiante qui se fait étrangler pendant plusieurs minutes, votre devoir […] c’est aussi d’apporter votre soutien à ces lycéens violentés », a-t-il dit.

La semaine dernière, plusieurs organisations dont le Syndicat de la magistrature (SDM), le syndicat CGT ou la Ligue des droits de l’Homme avaient accusé le gouvernement et les forces de l’ordre de « réprimer » la jeunesse avec des moyens « disproportionnés » ; face à la grande « vulnérabilité » des manifestants, « essentiellement des enfants », soulignait le SDM.

5000 interpellations

Les forces de l’ordre « ne répriment pas la jeunesse », mais « protègent » élèves et étudiants désireux de « porter pacifiquement leurs revendications », a répondu dimanche le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, déplorant des « accusations graves et sans fondement ».

Depuis lundi, les autorités ont dénombré plus de 5000 interpellations, dont environ 85 % de mineurs, en marge du mouvement (1700 pour la seule journée de vendredi).

Un adolescent de 16 ans a notamment été interpellé suite à l’agression d’un enseignant à La Ciotat, aspergé d’essence. Un autre, âgé de 15 ans, soupçonné d’avoir actionné un aérosol enflammé sur le visage d’une passante à Marseille, a été déféré en vue de sa mise en examen pour « acte de barbarie ».

Deux personnes ont aussi été placées en garde à vue à Belfort pour avoir participé au passage à tabac d’un policier, mais l’un d’eux a lui-même déposé plainte pour « tentative de meurtre », a annoncé dimanche son avocat.

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