Déneigement à Montréal | « On ramène le sel à Montréal », dit la mairesse

La mairesse de Montréal promet d’augmenter de façon importante l’utilisation de sel dans les rues et sur les trottoirs de la métropole, cet hiver, faisant valoir que la sécurité des citoyens devait être priorisée.
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« On ramène le sel à Montréal », a dit Soraya Martinez Ferrada, en point de presse. « On va se le dire : le sel, quand on veut déglacer un trottoir, c’est ça qui est le plus efficace. Des gens qui tombent à terre parce qu’on n’a pas bien déglacé, je n’en veux plus. »
« On ramène le sel, je pense que c’est une grande décision », a-t-elle continué, se défendant toutefois d’être tombée dans « l’idéologie du sel ». « On vient changer complètement la façon dont on pense à la ville. La bonne garnotte, elle ne suffit pas. On ramène beaucoup de tonnage de sel. »
Dans les dernières années, la Ville épandait un mélange qui atteignait jusqu’à 80 % de gravier pour seulement 20 % de sel, a indiqué l’administration municipale. Même s’il est très efficace par temps doux, le sel de déglaçage a des impacts importants sur l’environnement, notamment à travers la contamination des nappes phréatiques, ainsi que sur la dégradation des infrastructures.
Pour épandre tout ce sel, la Ville de Montréal a acquis 11 nouveaux camions, qui sillonneront les rues de Montréal dès cet hiver. L’administration Martinez Ferrada a indiqué jeudi avoir investi 15,8 millions supplémentaires pour renouveler plus rapidement que prévu la flotte de machinerie de déneigement. En plus des saleuses, 32 autres machines (notamment des souffleuses) ont été achetées.
« L’année passée, le manque d’équipement a fait que beaucoup de citoyens n’ont pas eu le service », a déploré Soraya Martinez Ferrada. « Je ne veux pas revivre cette expérience cette année, je ne peux pas que les citoyens revivent cette expérience cette année. »
L’opposition à l’hôtel de ville a critiqué la profession de foi de la mairesse en faveur d’une augmentation du salage des routes et des trottoirs. « Il y a une crise dans l’état des infrastructures. Tout le monde réfléchit aux alternatives au sel », a fait valoir Céline-Audrey Beauregard, porte-parole en matière de déneigement. « Il faut réfléchir à l’utiliser aussi peu que possible. Au bon moment. […] On ne peut pas nier l’impact majeur que le sel a. »
Sel égyptien : Montréal « liée par le processus »
La Presse a révélé jeudi matin que la Ville de Montréal s’approvisionnerait pour la première fois uniquement en sel en provenance d’Égypte cet hiver : l’appel d’offres d’une valeur de 23 millions a été remporté par une entreprise de Victoriaville qui fait venir plusieurs chargements de sel en provenance d’Afrique chaque année. La mine Seleine, aux Îles-de-la-Madeleine, demandait un prix trop élevé.
Soraya Martinez Ferrada a reconnu qu’elle aurait préféré épandre du sel québécois dans les rues de Montréal, mais a ajouté qu’elle était « liée par le processus d’approvisionnement qu’on a ». « Je ne peux pas lui dire où aller chercher son sel. Je travaille avec une entreprise du Québec qui m’a donné le meilleur prix. »
Cet hiver, Montréal assurera elle-même le déneigement de 55 % du territoire, contre 45 % confié au privé. Il s’agit d’un « sommet » récent, a confirmé Martin Savard, directeur exécutif à l’arrondissement de Ville-Marie.
La mairesse de Montréal a aussi affirmé qu’elle faisait confiance au processus de vérification interne de la Ville de Montréal, après l’attribution de contrats de déneigement à Lachine à une entreprise de l’homme d’affaires Kevin Mainville. Celui-ci vient de voir une autre de ses entreprises – Excavation National – être inscrite sur au Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics après une enquête sur la présence dans son giron de Louis-Pierre Lafortune. Ce dernier a été condamné en 2017 pour un complot qui visait à recycler l’argent des Hells Angels dans l’industrie de la construction.
« Ce n’est pas la même entreprise », avait souligné M. Mainville, mercredi, en entrevue avec La Presse.
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