Immobilier : combien la remontée des taux pourrait-elle vous coûter?

Le marché immobilier était déjà fragile pour plusieurs raisons, entre autres à cause du contexte économique et de la remontée des taux fixes, et voilà que les hausses de taux variables recommencent.
C’est une douche d’eau froide, c’est clair!
Le courtier immobilier Marc Lefrançois est préoccupé par l’impact des taux sur ce qu’il appelle le marché du milieu
: les acheteurs qui n'ont pas nécessairement besoin de déménager, mais qui souhaiteraient simplement acheter plus grand ou améliorer leur qualité de vie.
Il observe que ce genre de client est plus sensible au contexte économique et aux hausses de taux que ceux qui achètent ou qui vendent une propriété à cause d'événements importants dans leur vie, comme la naissance d'un enfant ou la retraite.
Ce nouveau coup de frein arrive alors que les taux hypothécaires fixes avaient déjà commencé à remonter, bien avant la décision de mercredi, puisqu’ils suivent la remontée des taux obligataires canadiens des derniers mois.

Ceux qui souhaiteraient simplement acheter plus grand ou améliorer leur qualité de vie pourraient être portés à remettre leurs plans à cause de la hausse des taux hypothécaires, selon un courtier.
Photo : Radio-Canada / Marjorie April
Combien coûte la remontée des taux hypothécaires fixes?
Selon les données de Ratehub, le meilleur taux hypothécaire fixe sur cinq ans est passé de 3,79 % à la fin d'octobre 2025 à 4,44 % le 30 octobre 2026.
Une hausse de 0,65 point de pourcentage qui peut représenter plusieurs milliers de dollars sur une année.
Hypothèques à taux fixe : comparaison des versements
| Montant emprunté | Taux à 3,79 % en octobre 2025 | Taux à 4,44 % en octobre 2026 | Différence des versements par année |
|---|---|---|---|
| 300 000$ | 1544 $/mois | 1650 $/mois | + 1270 $ |
| 400 000$ | 2059 $/mois | 2201 $/mois | + 1700 $ |
| 500 000$ | 2573 $/mois | 2751 $/mois | + 2140 $ |
| 600 000$ | 3088 $/mois | 3301 $/mois | + 2560 $ |
Les propriétaires qui ont une hypothèque à taux fixe ne seront touchés par les hausses de taux qu'au moment du renouvellement.
Et pour les hypothèques à taux variable?
Les taux variables, eux, réagissent plus directement aux décisions de la Banque du Canada.
La hausse de mercredi a déjà fait monter les taux préférentiels des institutions financières.
Selon Ratehub, le meilleur taux variable sur cinq ans était d'environ 3,45 % avant la hausse du taux directeur, contre 3,70 % aujourd'hui.
Taux variable : simulation de l’effet de la hausse de 25 points de base
| Montant emprunté | Taux à 3,45 % avant la hausse d'octobre | Taux à 3,70 % après la hausse d'octobre | Hausse des versements sur 12 mois |
|---|---|---|---|
| 300 000 $ | 1 490 $/mois | 1 530 $/mois | 477 $ |
| 400 000 $ | 1 987 $/mois | 2 040 $/mois | 636 $ |
| 500 000 $ | 2 483 $/mois | 2 549 $/mois | 795 $ |
| 600 000 $ | 2 980 $/mois | 3 059 $/mois | 954 $ |
Attention : les détenteurs d'une hypothèque à taux variable ne verront pas tous leurs paiements augmenter. Certains conservent les mêmes versements mensuels, mais remboursent moins rapidement leur capital.
Une amélioration de l'abordabilité qui risque de s'arrêter
Depuis deux ans, l'achat d'une propriété était devenu un peu plus abordable au Canada, grâce à la baisse des taux hypothécaires et au recul des prix notamment.
Une amélioration qui était toutefois encore loin d'être suffisante pour rétablir l'abordabilité.
Selon RBC, les coûts de propriété au pays représentaient toujours 52,8 % du revenu médian brut d'un ménage représentatif au deuxième trimestre de 2026.
Le gros de l’amélioration de l’abordabilité est probablement déjà derrière nous.
Même si les prix des maisons continuaient de diminuer dans certains marchés, les économies réalisées par les acheteurs pourraient être en partie annulées par la hausse des coûts d'emprunt, si les taux d’intérêt continuent à monter.
Pourquoi une reprise demeure possible en 2027
Malgré ce contexte, l’économiste en chef adjoint de RBC continue de croire à une reprise graduelle du marché immobilier l'an prochain.

Robert Hogue de RBC estime qu'il y a une demande accumulée dans le marché immobilier au pays.
Photo : Radio-Canada / Jonathan Castell
Il estime que le contexte économique qui a créé de l'hésitation chez les acheteurs a créé une demande accumulée dans le marché.
De nombreux ménages ont reporté leur projet d'achat, entre autres à cause de l’incertitude causée par le conflit commercial avec les États-Unis.
Une partie de ces acheteurs pourrait donc finir par revenir sur le marché, même si les conditions financières ne sont pas idéales.
Robert Hogue prévient toutefois que la reprise risque d'être cahoteuse
.

La reprise de 2027 pourrait être en dents de scie, selon un économiste. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
L'incertitude économique, les inquiétudes entourant l'emploi et la remontée des taux pourraient continuer de provoquer des périodes de ralentissement du marché immobilier.
Les acheteurs et les propriétaires qui renouvèleront bientôt leur hypothèque devront donc composer avec des coûts d'emprunt moins prévisibles qu'ils ne l'étaient il y a quelques mois à peine.
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