Se sentir bien dans sa tête : 5 conseils de la thérapeute Audrey Van Ouytsel


1 - Accepter de ne pas savoir tout gérer
« Notre quotidien est largement organisé par des temporalités collectives : école, travail, transports, horaires, activités… », rappelle-t-elle. Cette accumulation peut donner l’impression que tout s’accélère et que les journées débordent de toutes parts. « Une partie de notre sentiment de débordement vient de cette brusque densification du temps. » Fatigue, baisse de motivation ou petit blues ne signifient pourtant pas nécessairement que quelque chose ne va pas. « Notre organisme et notre esprit ont parfois besoin d’une mise à jour. »
Alors, inutile de chercher à remplir immédiatement chaque espace libre de l’agenda. « Plutôt que d’exiger de soi une efficacité maximale, mieux vaut accepter de lever le pied, de préserver des moments de respiration et de laisser au corps comme à l’esprit le temps de retrouver leur équilibre. »
2 - Distinguer ses véritables priorités
La pression de devoir toujours faire mieux peut aussi peser lourd. « On a parfois le sentiment qu’il faudrait constamment devenir une meilleure version de soi-même. » Et lorsque la réalité est trop éloignée de cet idéal, frustration, culpabilité ou sentiment d’échec peuvent rapidement s’installer. Mais cette pression n’est pas toujours personnelle. « Toutes ces attentes ne viennent pas uniquement de nous. Elles sont aussi socialement construites. »
Médias, publicité, réseaux sociaux, mais aussi environnement professionnel ou familial participent à diffuser des normes de performance, de bien-être, de réussite, de parentalité ou encore d’apparence. « À force d’y être exposés, nous pouvons transformer ces attentes collectives en exigences personnelles. » D’où l’importance de prendre un peu de recul et de faire le tri dans ses propres priorités. « Est-ce que je le veux vraiment ou est-ce que j’ai intégré l’idée que je devrais le faire ? »

3 - Retrouver de petites marges de liberté réalistes
Nos journées sont souvent rythmées par des horaires et des agendas qui laissent finalement peu de place à l’improvisation. « Psychologiquement, retrouver de petites zones de choix permet de restaurer un sentiment d’autonomie : marcher une demi-heure, lire un bouquin, voir quelqu’un que l’on aime… » Pas question pour autant de transformer ces moments en nouvelle obligation. « Il faut aussi sortir du discours parfois culpabilisant du ‘prenez du temps pour vous’. Nous ne disposons pas tous des mêmes ressources ni de la même maîtrise de notre temps. »
Plutôt que de chercher à tout prix de grandes plages de temps libre, mieux vaut donc commencer petit. « Même modeste, un espace réellement choisi peut avoir beaucoup de valeur. »
4 - Réactiver les liens et les solidarités
Quand la sensation de débordement s’installe, le réflexe peut être de se replier sur soi et de vouloir tout gérer seul. « Pourtant, le soutien social constitue une ressource essentielle. » Famille, conjoint, amis, collègues, voisins, autres parents… Demander un coup de main, répartir certaines contraintes, organiser un covoiturage ou partager une tâche peut déjà permettre de sortir de l’isolement.
Une tendance d’autant plus facile à avoir que « nous vivons dans une société qui valorise énormément l’autonomie individuelle et la capacité à se débrouiller seul ». Mais cela ne signifie pas qu’il faille tout porter soi-même. « Notre capacité à faire face aux difficultés dépend aussi de la qualité des liens et des ressources disponibles autour de nous. » Et parfois, le simple fait de mettre des mots sur ce que l’on traverse permet de relativiser : « Verbaliser ses difficultés permet parfois de découvrir que beaucoup d’autres personnes éprouvent exactement les mêmes tensions. »
5 - Considérer vos émotions comme une véritable information
Une baisse de moral n’est pas forcément quelque chose qu’il faut chercher à expliquer ou à justifier à tout prix. Elle peut aussi être l’occasion de se demander ce qui nous manque réellement. « Est-ce le repos ? Le temps passé avec mes proches ? La liberté ? Les vacances ? » Car nos émotions peuvent aussi nous renseigner sur nos besoins. Il peut alors être utile de prendre le temps d’identifier ce qui nous fait réellement du bien : une promenade, une soirée sans obligations, moins d’écrans, davantage de temps passé dehors ou encore un dimanche moins chargé. « L’objectif n’est pas de bouleverser son quotidien, mais de mieux comprendre ses besoins et de leur accorder une place plus importante dans sa vie de tous les jours. »
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