Saint-Feuillen : Patricia fabrique des costumes depuis plus de 40 ans

"J’ai commencé par fabriquer des costumes de Chinels pour mes enfants il y a 40 ans. Et je n’ai jamais arrêté."
Devant sa machine à coudre installée sur la table du salon, Patricia Arcq (65 ans) enfile des aiguilles dans un tissu jaune. "C’est un gilet de cantinière mameloucke". Les mameloucks étaient des troupes ottomanes d’élites incorporées à l’armée de Napoléon.
A la veille de la Saint-Feuillen, la plus importante des marches de l’entre-Sambre et Meuse, il y a du pain sur la planche pour les couturières de Fosses-la-Ville.
"La Saint-Feuillen, ce n’est qu’une fois tous les 7 ans, mais les compagnies font d’autres sorties chaque année. Les costumes finissent par s’user. Et puis avec le temps, il y a des personnes qui prennent du poids et qui ne savent plus rentrer dans leur costume", sourit Patricia.
3000 marcheurs
Le folklore, c’est une affaire de famille. "Mon mari, nos enfants, nos dix petits-enfants… Tout le monde participe. Ça me donne déjà beaucoup de travail, mais j’ai aussi beaucoup d’autres commandes des compagnies."
Avec près de 3000 marcheurs, la Saint-Feuillen est la plus importante des marches de l’Entre-Sambre et Meuse. "Dans notre groupe de couturières, l’aînée vient d’arrêter, à plus de 80 ans. La relève n’est pas facile à assurer. Moi j’ai toujours été une femme au foyer. Pendant que les enfants étaient à l’école, je pouvais trouver une heure ou deux par jour pour ma passion. Mais aujourd’hui beaucoup de femmes travaillent. Tout le monde est un peu débordé."
Patricia, en tout cas, n’est pas prête à prendre sa retraite. Son carnet de commandes est bien rempli. "Au moins jusqu’en 2028".
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