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Friday, September 25, 2026

Pourquoi les animaux de Marineland meurent-ils ?

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Echo, une femelle dauphin transférée de Marineland à l’Espagne il y a moins d’un mois, est morte, a-t-on appris mercredi. Depuis juillet, il s’agit du cinquième cétacé déplacé du parc d’attraction à subir le même sort. Étaient-ils tous en mauvaise santé ? Dauphins, bélugas et orques survivent-ils mal à ces déménagements ? La Presse fait le point.

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Qu’est-il arrivé à Echo ?

Cette femelle dauphin était âgée d’environ 30 ans et présentait de sérieux problèmes de vision. Elle avait des problèmes respiratoires et éprouvait des difficultés à dormir. Son décès a été annoncé mercredi. Elle avait pourtant été envoyée à Valence, en Espagne, le 26 août dernier, au terme d’un voyage de 19 heures, en même temps que trois autres dauphins et deux bélugas. L’un de ces bélugas, Jelly Bean, une femelle de 19 ans, est également morte. Au total, quatre bélugas et un dauphin provenant de Marineland, sur les 34 cétacés transférés vers cinq sites différents cet été, sont morts.

Pourquoi déménager ces animaux ?

Le parc Marineland, à Niagara Falls en Ontario, a officiellement fermé ses portes en 2024. Le financement était, selon l’entreprise, insuffisant pour continuer à s’occuper des 34 cétacés encore dans ses bassins. Faute d’obtenir une aide d’urgence d’Ottawa, le parc a annoncé qu’il faudrait euthanasier ces animaux si on n’arrivait pas à leur trouver une nouvelle demeure. Le gouvernement fédéral a finalement accepté une proposition d’un consortium d’aquarium canadiens et américains, qui a pris en charge le transfert des 34 mammifères marins cet été.

N’y avait-il pas d’autres solutions ?

Oui, répond-on chez One Voice, une association française de défense des animaux. « Un sanctuaire avait été proposé en alternative en Nouvelle-Écosse pour les accueillir en milieu naturel, avec un transport plus court et leur permettant ensuite de mener une vie sans exploitation commerciale, indique au nom de One Voice Christine Ringuet, présidente de l’association Tilikum’s Spirit, vouée à la défense des cétacés captifs. Le Marineland d’Ontario avait refusé cette possibilité. » Il serait hasardeux, « tant que les résultats complets des nécropsies ne sont pas connus », de lier directement les cinq décès au transfert des animaux, précise Mme Ringuet. Selon la plupart des experts, la meilleure solution consiste à placer les cétacés dans un milieu naturel protégé, un « sanctuaire », plutôt que dans des bassins. Une chose est certaine, explique-t-elle : peu importe la destination, la séparation des cétacés de leur groupe les affecte grandement. « Ce sont vraiment des animaux ultras sociaux, bien plus sociaux que nous. Si on les retire du groupe, c’est comme si on retirait une partie d’eux. »

Les conditions des transferts sont-elles adéquates ?

Des dizaines de vétérinaires ont surveillé cet été la bonne santé des mammifères, sur lesquels on appliquait un gel protecteur, et qui étaient sous sédation légère pendant le voyage. Le transport s’est effectué dans des caissons adaptés à bord d’avions-cargos. Mais il s’agit tout de même d’un stress énorme pour ces animaux. « Les différentes étapes de l’opération – capture, contention, maintien sur civière, chargement, transport puis acclimatation – entraînent une augmentation des concentrations de cortisol et des modifications des paramètres immunitaires susceptibles de diminuer temporairement les capacités de défense de l’organisme et d’accroître la vulnérabilité des animaux aux affections », explique-t-on dans une fiche publiée par l’association Sea Sepherd.

Ne pourrait-on pas les remettre dans la nature, tout simplement ?

Difficilement, car ces animaux sont presque tous nés en captivité, et ils n’ont pas développé les habiletés de leurs congénères sauvages. « C’est toujours très compliqué : ils peuvent apprendre à chasser, ils peuvent apprendre à se débrouiller, mais ils ont souvent besoin de soins », indique Mme Ringuet. Echo, par exemple, était pratiquement aveugle et ne pouvait pas être remise en mer.

Y a-t-il de nombreux cas de cétacés morts pendant ou après leur transfert ?

Les cas des cinq dauphins et bélugas de Marineland ont été très médiatisés, mais on dispose de peu de statistiques sur la mortalité de ces animaux durant leur transfert. Selon un résumé d’études scientifiques rendu public par l’association World Animal Protection, les grands dauphins risquent « six fois plus de mourir immédiatement après la capture, pendant leur transfert entre deux sites ». Pour Christine Ringuet, il est souvent difficile de lier directement le décès au transfert. « C’est très rare que le décès arrive pendant le transfert ou juste après. Très souvent, ce sont des maladies, un système immunitaire fatigué, du stress qui provoquent le décès de l’animal plus tard. »

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