Consigne sur les contenants de boisson | Consignaction rate encore la cible

Consignaction a raté une nouvelle cible gouvernementale dans le déploiement de son réseau de lieux de retour de contenants consignés, n’ayant ouvert que 175 succursales en date du 1er septembre, soit 125 de moins que ce qu’exige Québec.
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L’organisation privée mise sur pied par les entreprises qui vendent des boissons doit gérer elle-même 300 des 1200 lieux de retour de contenants consignés que prévoit la réforme du système de consigne du gouvernement caquiste, mise en branle en octobre 20221.
« Ce qui est important, c’est de reconnaître les avancées que Consignaction a réussies en si peu de temps », a déclaré son vice-président stratégie, Jean-François Lefort, dans une entrevue avec La Presse.
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Jean-François Lefort, vice-président stratégie de l’Association québécoise de récupération des contenants de boisson
Consignaction, qui est la marque de commerce de l’Association québécoise de récupération des contenants de boisson (AQRCB), dit qu’elle fait tout son possible pour accélérer la cadence, mais qu’elle se bute notamment à des délais d’obtention des permis requis dans les municipalités où elle veut ouvrir des succursales.
« Le réseau présentement opère en surcapacité, parce qu’il y a tellement un engouement, les gens se déplacent pour aller dans un Consignaction [dans un autre secteur que le leur] », souligne M. Lefort.
Mécontentement
L’affluence dans les lieux de retour Consignaction crée du mécontentement chez certains utilisateurs, qui déplorent sur les réseaux sociaux être confrontés à de longues files d’attente, des machines défectueuses, des succursales fermées, des heures d’ouverture réduites ou des difficultés à se faire rembourser la consigne.
« Premièrement, il n’y a pas assez de succursales », tranche Karel Ménard, directeur général du Front québécois pour une gestion écologique des déchets.
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Karel Ménard, directeur général du Front québécois pour une gestion écologique des déchets
Les détaillants ne sont plus obligés de reprendre les contenants s’il y a une succursale Consignaction dans un rayon de trois à cinq kilomètres, selon la taille de la ville, mais le nombre de contenants consignés a augmenté avec la réforme, souligne-t-il.
C’est mathématique : plus il y a de contenants, moins il y a de lieux de dépôt, ça fait des engorgements.
Québec devrait augmenter le nombre de lieux de retour prévus à 2000, plutôt que 1200, et les répartir en fonction du nombre de contenants en circulation, pas seulement de la densité de population, suggère M. Ménard.
« Par exemple, au centre-ville de Montréal, il y a beaucoup plus de contenants consignés consommés par habitant, car des milliers de non-résidants viennent y travailler », dit-il en évoquant aussi les évènements culturels et les congrès.
La Société des alcools du Québec (SAQ), qui ne prévoit pas reprendre les contenants consignés, devrait aussi être mise à contribution, ne serait-ce que pour les bouteilles de vin et spiritueux, qui seront consignées à partir du 1er mars, estime M. Ménard.
Une « majorité silencieuse »
L’AQRCB nuance quant au mécontentement à son endroit : « Il y a une majorité silencieuse qui apprécie nos services », affirme Jean-François Lefort.
Les « lieux de retour modernisés », qui incluent à la fois les 175 succursales Consignaction gérées par l’AQRCB et les quelque 130 « zones Consignaction » installées chez certains détaillants, jouissent d’un taux de satisfaction de 88 %, soutient l’organisation.
Cette donnée provient d’un sondage web mené par la firme Ad Hoc recherche auprès de 3027 résidants du Québec du 5 au 17 février 2026, pour le compte de l’AQRCB, et la marge d’erreur est de 1,8 point, avec niveau de confiance de 95 %, a indiqué l’AQRCB, qui a toutefois refusé de transmettre le rapport du sondage à La Presse.
Clémence de Québec
C’est la troisième fois que l’AQRCB rate une cible gouvernementale : elle devait initialement avoir ouvert 200 succursales Consignaction au 1er mars 2025.
Cet objectif ayant été raté, Québec avait repoussé la date butoir d’un an, au 1er mars 2026, une nouvelle cible elle aussi ratée.
Mais Québec fait preuve de clémence, reconnaissant que l’AQRCB fait face à des « défis opérationnels » qui ralentissent l’ouverture de nouvelles succursales.
« Dans ce contexte, le Ministère et Recyc-Québec continuent de suivre de près l’évolution du déploiement du réseau par l’AQRCB », a déclaré une porte-parole du ministère de l’Environnement, Josée Guimond.
« Si la situation l’indique, le Ministère pourrait utiliser les pouvoirs dont il dispose pour que l’Association respecte ses obligations », a-t-elle ajouté.
Le Ministère indique que 72 lieux de retour sont « en cours d’ouverture » et que 87 autres « sont identifiés et en prévision d’aménagement ».
Même si ces 159 succursales prévues ouvraient leurs portes d’ici le 1er mars 2027, cela ne serait pas suffisant pour atteindre la prochaine cible gouvernementale de 400 lieux de retour à cette date.
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