Voici les membres du Conseil des ministres de Paul St-Pierre Plamondon
Le premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, a présenté mercredi son Conseil des ministres. Celui-ci compte 10 femmes et 14 hommes (en excluant le premier ministre), ce qui le place tout juste en zone paritaire, avec une proportion de 41,6 % de femmes. Le Conseil exécutif compte des membres de toutes les régions du Québec, à l’exception de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches, de l’Outaouais et du Nord-du-Québec. Voici la liste des élus retenus pour en faire partie.
Catherine Gentilcore (Terrebonne)
Vice-première ministre, ministre de l’Immigration et de l’Intégration, ministre responsable de l’Accession du Québec à l’Indépendance, leader parlementaire du gouvernement
Présidente du Parti québécois (PQ) de 2023 à 2025, Catherine Gentilcore s’est ensuite présentée pour devenir députée de Terrebonne lors d’une élection partielle (17 mars 2025). Après sa victoire sans appel, elle est devenue la porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’économie et de culture, entre autres choses.
Mme Gentilcore aura pour mission de baisser à 35 000 le nombre d’immigrants permanents, comme l’a promis le PQ. Elle risque de faire face aux réticences des municipalités et des milieux d’affaires. À elle seule, la Ville de Québec dit avoir besoin de 13 000 immigrants permanents par année.
Le PQ s’est aussi engagé à diminuer de moitié le nombre de résidents temporaires, pour qu’il n’y en ait que de 200 000 à 250 000 sur le territoire québécois. Ici aussi, les défis apparaissent importants, puisque le Québec n’a pas le contrôle sur l’entrée de la plupart d’entre eux, soit les demandeurs d’asile, qui sont au nombre de 190 000.
À propos du Programme de l’expérience québécoise, le chef péquiste s’est engagé à respecter la parole donnée par le gouvernement du Québec à certains immigrants. Il s’agit donc d’un autre défi pour la ministre Gentilcore.
Nicolas Marceau (Marie-Victorin)
Ministre des Finances, ministre responsable des Infrastructures
L’économiste Nicolas Marceau effectue un retour au Parlement. Il retrouve aussi le ministère qu’il avait occupé dans le gouvernement de Pauline Marois, de 2012 à 2014.
Son passage aux Finances avait été difficile. Il avait reconnu s’être « trompé beaucoup » en sous-évaluant de 2,5 milliards de dollars le déficit du Québec. Son erreur l’avait obligé à repousser l’atteinte du déficit zéro de deux ans. Il avait aussi reculé sur la promesse péquiste de couper la « taxe santé » et sur l’augmentation de l’impôt sur les gains en capital.
Sur son tableau de bord : renouer avec l’équilibre budgétaire dès 2028-2029, tel qu’il s’est engagé à le faire en campagne électorale. Le PQ a aussi promis de faire passer de 11,5 à 9,5 % le taux d’imposition du revenu des sociétés — un engagement qui priverait à terme le gouvernement de 2,5 milliards de dollars par année. Autres promesses à concrétiser : couper de moitié la TVQ sur l’essence durant au moins un an et abolir la TVQ sur la vente de biens usagés.
Alain Therrien (Sanguinet)
Ministre responsable de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor, ministre responsable de l’Action communautaire, leader parlementaire adjoint du gouvernement
Parlementaire d’expérience, Alain Therrien en est à son deuxième passage dans un gouvernement, mais accède pour la première fois au Conseil des ministres. L’élu péquiste avait occupé les fonctions d’adjoint parlementaire sous Pauline Marois, puis de leader parlementaire du Bloc québécois à la Chambre des communes, de 2019 à 2025. Il doit piloter le premier projet de loi du gouvernement St-Pierre Plamondon devant geler les salaires des députés, des ministres et des dirigeants des sociétés d’État jusqu’au retour à l’équilibre financier.
Sébastien D’Astous (Abitibi-Ouest)
Ministre délégué à l’Efficacité gouvernementale et à l’Allégement réglementaire de l’État, ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue et de la région du Nord-du-Québec
Maire d’Amos de 2015 à 2026, Sébastien D’Astous est gestionnaire et ingénieur de formation. Il avait retenu l’attention en 2018, quand il s’était octroyé une hausse de salaire de 36,5 % à titre de maire, puis en 2024, pour sa participation à Survivor Québec. Il s’était présenté pour l’Action démocratique du Québec en 2008, puis pour la Coalition avenir Québec en 2012, toujours dans Abitibi-Ouest. Au moment de prêter serment comme député, il avait formulé le souhait d’avoir un Abitibien au Conseil des ministres. « J’espère bien. Définitivement. Ça a été un cheval de bataille au cours des dernières années », avait-il dit aux journalistes. Il devra désormais piloter le Secrétariat à l’Efficacité gouvernementale et à l’Allégement réglementaire et instaurer un régime visant à transférer 10 % des revenus tirés des redevances minières dans les régions du Québec.
Anne Nguyen (Prévost)
Ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, ministre responsable de la région des Laurentides
Diplômée de l’Université Harvard, aux États-Unis, Anne Nguyen se décrit comme une spécialiste de l’intelligence artificielle (IA) et de son « rôle […] comme moteur de transformation positive ». Pendant la campagne, elle avait annoncé avec son chef qu’un gouvernement péquiste créerait un comité d’experts et d’encadrement sur l’IA. Son chef lui a donné le mandat de faire du Québec l’un « des endroits les plus innovants, mais aussi des plus réfléchis dans le monde » en matière d’IA.
Nicolas Girard (Repentigny)
Ministre des Transports et de la Mobilité durable, ministre des Affaires municipales, ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale
Nicolas Girard s’est surtout fait connaître comme député d’opposition, de 2004 à 2012, quand il a exposé au grand jour un scandale d’attribution de places en garderies par le gouvernement libéral d’alors. Défait par la solidaire Françoise David en 2012, il a ensuite amorcé une carrière dans les transports, à l’Agence métropolitaine de transport, puis au Réseau de transport de la Capitale, où il a dû gérer l’épineux dossier du tramway de Québec. Il a sur son tableau de bord la promesse péquiste d’entamer la construction du pont sur le Saguenay et de lancer le REM de l’Est, entre autres.
Stéphane Paquet (Pointe-aux-Trembles)
Ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Énergie, ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal
Ex-journaliste, Stéphane Paquet a été délégué général du Québec à Londres de 2012 à 2014. Il a ensuite travaillé à Montréal International, dont il est devenu le président-directeur général en 2020. À ce titre, il a loué le projet de train à grande vitesse Alto, duquel le Parti québécois a promis de se retirer. En campagne électorale, l’ex-ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon l’a par ailleurs accusé de véhiculer une histoire « invrasemblable » selon laquelle M. Paquet l’aurait mis en garde sur le projet Northvolt.
Dieudonné Ella Oyono (Les Plaines)
Ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, ministre responsable de la région de Laval
Avant de briguer les suffrages dans Les Plaines, Dieudonné Ella Oyono dirigeait le Service du développement économique de la Ville de Montréal depuis 2024. Diplômé en sciences économiques, cet immigrant originaire du Gabon présidait le PQ au moment où Paul St-Pierre Plamondon a été nommé chef, en 2020.
Joël Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)
Ministre de l’Éducation nationale
Joël Arseneau est l’un des parlementaires d’expérience du cabinet St-Pierre Plamondon. Élu en 2018, il a de nouveau obtenu la faveur des électeurs en 2022, devenant à l’époque l’un seul des trois députés du PQ. Cet ancien maire des Îles avait été blanchi, en 2013, à la suite d’un procès pour vol et fraude.
Il devra lancer, pour le début de l’année 2027, les États généraux sur l’éducation promis par son parti et s’assurer que ce soit aussi « le rendez-vous des parents et des élèves » — et non pas uniquement des groupes d’intérêts —, lui a dit son chef.
Elsie Lefebvre (Berthier)
Ministre de l’Enseignement supérieur, ministre responsable de l’Habitation, ministre responsable de la Condition féminine, ministre responsable de la région de Lanaudière
Elsie Lefebvre n’en est pas à ses premiers pas dans l’arène politique. Elle avait été élue députée lors d’un scrutin complémentaire à l’âge de 25 ans, en 2004. Après sa défaite aux élections générales suivantes, elle a fait le saut en politique municipale, puis a été analyste à TVA. Lorsqu’elle s’est présentée comme candidate, Paul St-Pierre Plamondon l’a qualifiée de « ministrable ».
Mathieu Lebrun (Rousseau)
Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale
Ce ministère aura à sa tête l’un de ses anciens employés en la personne de Mathieu Lebrun. Depuis 2021, il y occupait le rôle de médiateur-conciliateur en chef. Il a notamment participé aux négociations de 2023 avec le Front commun. Avant d’œuvrer dans la fonction publique, il a travaillé à la Sûreté du Québec et dans le secteur privé pendant plusieurs années. Il aura notamment pour mandat d’instaurer un minimum de trois semaines de vacances.
Méganne Perry Melançon (Gaspé)
Ministre de la Famille et de la Jeunesse, ministre responsable des Sports et des Loisirs, ministre responsable de la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
Méganne Perry Mélançon est l’une des plus proches alliées de Paul St-Pierre Plamondon. En 2018, son élection avait nécessité un dépouillement judiciaire. Elle l’avait ensuite remporté par 41 voix. Puis, en 2022, elle avait été défaite par la Coalition avenir Québec, au grand dam de son chef. Depuis, elle est restée dans son entourage comme « porte-parole nationale », avant de se représenter et de reprendre Gaspé.
Marie-Karlynn Laflamme (Chicoutimi)
Ministre de la Santé, de la Prévention et des Aînés, ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean
En février, Marie-Karlynn Laflamme avait permis au PQ de reconquérir la circonscription de Chicoutimi à l’occasion d’une élection partielle. Gestionnaire dans le réseau de soins de sa région au début du siècle, elle a ensuite été vice-rectrice intérimaire à l’Université du Québec à Chicoutimi. Elle aura notamment le mandat d’abolir — ou de réformer — Santé Québec, non sans oublier de s’occuper de prévention et des aînés, lui a rappelé son chef, qui souhaite aussi décentraliser le réseau. « Nous ne sommes pas des top guns ; ce n’est pas dans notre mentalité », a dit M. St-Pierre Plamondon, en plaidant pour une grande tournée du réseau afin d’y trouver des solutions émanant du terrain.
Camille Pellerin-Forget (Iberville)
Ministre responsable des Institutions démocratiques, ministre déléguée à la Santé mentale et aux Services sociaux, ministre responsable de la région de l’Outaouais
« Première physiothérapeute lue à l’Assemblée nationale », comme l’a souligné son chef, Camille Pellerin-Forget a fait carrière dans le réseau public de la santé. Elle a présidé, de 2022 à 2025, la commission politique du PQ, pour lequel elle était aussi et co-porte-parole en matière de santé, d’aînés et de famille. Elle devra « faire atterrir le plus rapidement possible » une réforme du mode de scrutin.
Marie-Claude Sarrazin (Groulx)
Ministre de la Justice, ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, ministre responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, ministre responsable de la Lutte contre le racisme, ministre responsable de la Lutte contre la discrimination envers les personnes LGBTQ +, ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Protection des renseignements personnels, ministre responsable de la Laïcité
Procureure durant la commission Gallant sur le virage numérique à la Société d’assurance automobile du Québec, Marie-Claude Sarrazin était, jusqu’à cette année, associée dans un cabinet avec… le député libéral Nicolas Plourde. Avocate d’expérience, elle a battu l’ex-ministre Eric Girard le 5 octobre. Si elle cumule autant de fonctions, c’est parce que M. St-Pierre Plamondon jugeait que toutes les missions qui lui sont confiées sont liées au poste de ministre de la Justice. Au sujet de la laïcité, son chef lui a suggéré de tendre la main aux partis d’opposition pour développer ce « concept de vivre-ensemble » et voir venir certaines problématiques. L’entrisme religieux n’a « rien de théorique ni d’imaginaire », a notamment affirmé le premier ministre. À la Justice, il lui a donné le défi d’ajouter des procureurs pour éviter que des accusés s’en tirent avec des peines plus clémentes, faute de ressources.
Guy Jr Lapointe (Verchères)
Ministre de la Sécurité intérieure, ministre responsable de la région de la Montérégie
Figure connue du milieu médiatique, Guy Jr Lapointe est passé par les services des communications de la Sûreté du Québec (SQ), du Bureau des enquêtes indépendantes et du Service de sécurité incendie de Montréal. Il est le fils de l’ex-défenseur étoile du Canadien Guy Lapointe. Ils ont tous deux été ciblés par des menaces de mort attribuées au crime organisé en 2018. En 2020, M. Lapointe a été poussé à quitter son poste à la SQ après avoir affiché son soutien à son patron Martin Prud’homme, alors visé par une enquête administrative.
Pascal Bérubé (Matane-Matapédia-Mitis)
Ministre de la Culture, du Patrimoine, des Communications et de la Langue française, ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent
Pascal Bérubé fait partie des élus d’expérience du caucus péquiste. Il a été élu une première fois en 2007 et a remporté les six élections suivantes dans son coin de l’est du Québec. Entre la défaite de Jean-François Lisée en 2018 et la victoire de Paul St-Pierre Plamondon dans la course à la chefferie de 2020, c’est lui qui a tenu le fort comme chef intérimaire du parti.
Jean Pellerin (Trois-Rivières)
Ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Protection de la biodiversité, de la Faune et des Parcs, ministre responsable de la région de la Mauricie
Jean Pellerin a été directeur régional d’une agence de courtage et président de la Chambre de commerce et d’industrie de Trois-Rivières de 2020 à 2021. Il est parvenu à battre, dans sa circonscription, l’ex-cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette.
Simon-Pierre Savard-Tremblay (Saint-Hyacinthe)
Ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuits
Simon-Pierre Savard-Tremblay a quitté son poste de député du Bloc québécois pour être candidat du PQ. Le Québécois, aussi membre de la nation wendate, a publié quatre livres sur la politique au Québec et sur le libre-échange.
Natalie Bisaillon (Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie)
Ministre des Ressources naturelles et des Forêts, ministre responsable de la région du Centre-du-Québec et de la région de la Chaudière‑Appalaches
Présentée avant la campagne électorale comme un élément clé de l’équipe économique du PQ, Natalie Bisaillon a notamment veillé aux stratégies boursières de La Caisse comme gestionnaire de portefeuille. Avant de se lancer en politique, elle était directrice générale et cheffe des relations avec la clientèle chez Desjardins Gestion internationale d’actifs. Elle a aussi œuvré au sein de l’entreprise d’assurances Intact. Elle est la première députée de la nouvelle circonscription de Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie.
Bernard Sévigny (Richmond)
Ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, ministre responsable de la région de l’Estrie
Bernard Sévigny a été maire de Sherbrooke pendant huit ans, ainsi que président de l’Union des municipalités du Québec pendant un an et demi (2016-2017). Il a coordonné les travaux d’un comité qui a émis un rapport de 500 pages sur la police, lequel a été largement ignoré par le gouvernement caquiste. Il est le conjoint de l’actuelle mairesse de Sherbrooke, ce qui a forcé son chef à l’écarter d’avance d’éventuelles responsabilités en matière d’affaires municipales.
Meggie Richard (Duplessis)
Ministre responsable des Régions et de l’Occupation du territoire, ministre responsable de la région de la Côte-Nord
La nouvelle ministre responsable des régions vient de la Côte-Nord. Élue dans Duplessis, comme l’a été sa tante, la péquiste Lorraine Richard (2003-2022), Meggie Richard a été préfète de la MRC de Minganie et présidente de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord. Partisane d’une plus grande décentralisation, elle devra aussi faire le suivi de la promesse du PQ de créer un pont reliant Baie-Sainte-Catherine à Tadoussac, un projet cher à sa région.
Nadine LeGal (Blainville)
Présidente du caucus du gouvernemen t
Nadine LeGal est avocate et mère de trois filles. Elle était jusqu’en 2026 la directrice générale du Cégep de Saint-Jérôme.
William Fradette (Lac-Saint-Jean)
Whip en chef du gouvernement
William Fradette a été candidat péquiste en 2018, 2022 et 2026, année où il a finalement gagné son pari. Il a dirigé le service de recherche de l’aile parlementaire du PQ et a agi comme conseiller politique du député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe de 2019 à 2023.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.