102 ans, 1 Oscar et seulement 30 films : c'est l'actrice hollywoodienne la plus âgée au monde et elle est toujours aussi légendaire

Un Oscar dès son premier film, deux étoiles à Hollywood et des rôles mémorables avec Marlon Brando ou Cary Grant : à 102 ans, Eva Marie Saint incarne tout un pan de l’histoire du cinéma. Retour sur le parcours d’une actrice à l’élégance intemporelle.

Certains spectateurs l’ont découverte sous les traits de Martha Kent, la mère adoptive de Clark Kent dans Superman Returns. D’autres gardent surtout en mémoire son visage dans deux classiques incontournables : Sur les quais et La Mort aux trousses. Des univers très différents, reliés par une même actrice, Eva Marie Saint, qui a célébré son 102e anniversaire le 4 juillet 2026, comme le rappelle People.
Sa filmographie ne ressemble pourtant pas à une course aux premiers rôles. Au cinéma comme à la télévision, elle a construit son parcours au fil de rencontres avec des réalisateurs majeurs, sans que sa présence à l’écran devienne quotidienne.
Deux étoiles, et une longue histoire avec la télévision
Pour mesurer l’ensemble de sa carrière, il suffit de regarder les distinctions qui lui ont été consacrées sur le Hollywood Walk of Fame : Eva Marie Saint y possède deux étoiles depuis 1960, l’une pour le cinéma, l’autre pour la télévision.
Le petit écran occupe en effet une place essentielle dans son parcours. Après avoir travaillé chez NBC, elle y fait ses débuts de comédienne en 1947. Bien avant de tourner avec les grandes vedettes hollywoodiennes, elle se forme ainsi au fil des productions dramatiques et des séries.
Elle continuera à fréquenter ce milieu après ses succès au cinéma. Dans les années 1970 et 1980, elle apparaît notamment dans La Conquête de l’Ouest, qui lui vaut une nomination aux Emmy Awards, puis dans Une intime conviction (1984) et A Year in the Life (1986). Les amateurs de Clair de lune la connaissent également comme la mère du personnage de Cybill Shepherd, un rôle qu’elle tient entre 1986 et 1988.
Cette partie de sa carrière lui apporte aussi une récompense majeure : en 1990, elle remporte un Emmy pour People Like Us.
Warner Bros. Pictures
Hitchcock, Preminger, Frankenheimer : des rencontres qui comptent
Au cinéma, son nom reste indissociable d’Eve Kendall, la femme énigmatique que croise Cary Grant dans La Mort aux trousses. Alfred Hitchcock lui confie ce personnage après la naissance de sa fille Laurette, en 1958. Sorti l’année suivante, le film donne à l’actrice l’un de ses rôles les plus mémorables.
Les collaborations prestigieuses se succèdent alors. Otto Preminger la dirige aux côtés de Paul Newman dans Exodus en 1960. John Frankenheimer lui offre ensuite un rôle de premier plan dans L’Ange de la violence, avec Warren Beatty, avant de la retrouver pour Grand Prix en 1966.
D’autres cinéastes enrichissent cette décennie : Vincente Minnelli avec Le Chevalier des sables (1965), Norman Jewison avec Les Russes arrivent (1966) ou encore Robert Mulligan avec L’Homme sauvage (1968). Ses apparitions deviennent progressivement plus espacées, mais les noms associés à ses films témoignent de la place qu’elle a acquise à Hollywood.
D.R.
Face à Brando, un premier film récompensé par un Oscar
Cette reconnaissance avait commencé de manière spectaculaire. En 1954, Elia Kazan choisit Eva Marie Saint pour Sur les quais. Pour ses débuts au cinéma, elle partage l’affiche avec Marlon Brando et incarne le principal personnage féminin du récit.
Dès cette première expérience, elle décroche l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, remis en 1955. Une entrée remarquée dans le septième art. Enceinte lorsqu’elle reçoit la statuette, elle donne ensuite naissance à son fils Darrell. Son retour au cinéma passe par la comédie Si j’épousais ma femme, avec Bob Hope, en 1956. Elle retrouvera ce partenaire en 1972 dans Cancel My Reservation, réalisé par Paul Bogart.
Entre-temps, elle aborde des registres plus dramatiques : la dépendance à la drogue dans Une poignée de neige de Fred Zinnemann, puis la fresque L’Arbre de vie d’Edward Dmytryk, où elle côtoie Montgomery Clift et Elizabeth Taylor. Les deux films sortent en 1957.
Action Cinémas / Théâtre du Temple
De nouveaux rôles pour de nouvelles générations
Après des années 1990 largement consacrées à la télévision, Eva Marie Saint apparaît dans Je rêvais de l’Afrique en 2000. Son interprétation de Martha Kent dans Superman Returns, six ans plus tard, permet à un nouveau public de la découvrir. Son dernier rôle au cinéma est celui de Willa âgée dans Un amour d’hiver, sorti en 2014, avec Colin Farrell.
Warner Bros.
D’Elia Kazan à l’univers de Superman, Eva Marie Saint a ainsi laissé son empreinte dans des films qui continuent de se transmettre d’une génération de spectateurs à l’autre.
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