Au Yémen, le système de santé proche du «point de rupture», alerte l'OMS

Le prince héritier d'Arabie saoudite a reçu mardi 29 septembre à Riyad le vice-président des Émirats arabes unis. Les deux pays sont à la fois des concurrents régionaux et des alliés. Au Yémen, ils se sont affrontés en début d'année. Mais face à l'avancée des rebelles houthis, l'Arabie saoudite, qui soutient les forces gouvernementales yéménites, aimerait obtenir le soutien d'Abu Dhabi et de leurs alliés sur le terrain. Les combats se poursuivent sur les hauteurs du stratégique détroit de Bab el-Mandeb désormais contrôlé par les Houthis.
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Depuis plus de dix ans, le système de santé yéménite est éprouvé par la guerre. Avant la dernière escalade, seuls 60 % de ses hôpitaux étaient pleinement fonctionnels, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Leurs capacités, ajoute-t-elle, étaient limitées en matière de chirurgie traumatologique, de transfusion sanguine et de soins intensifs.
Le Yémen a replongé en juillet dans la guerre, nouveau front du conflit au Moyen-Orient. La reprise des combats le place au « point de rupture », prévient la directrice régionale des urgences de l'OMS, Annette Heinzelmann.
Les combats ont entraîné de nouvelles destructions de structures hospitalières, le déplacement de certains personnels de santé et des difficultés à acheminer des médicaments. Un accès aux soins rendu plus compliqué alors que dans le même temps, les victimes se comptent par milliers : 4 481 dans les seules zones gouvernementales.
Au total, précise l'OMS, neuf établissements ou infrastructures de santé ont été mis hors service ou attaqués à Taïz, Lahj et Hodeida, sur la côte ouest. Selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), au moins 145 000 personnes ont été déplacées à cause des combats depuis début septembre.
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Un risque élevé de propagation des épidémies
Dans ce contexte de surpopulation de certaines zones, d'insalubrité et d'accès limité aux services de santé, l'OMS anticipe un risque de propagation des épidémies, qui « circulaient déjà à grande échelle » auparavant, selon Annette Heinzelmann.
Mais les combats ont aussi augmenté le risque de propagation d'épidémies déjà existantes dans le pays : la rougeole est ainsi jugée « particulièrement préoccupante » par l'OMS, mais l'organisation pointe aussi des cas suspects de choléra et a recensé plus de 9 000 cas de dengue.
L'organisation onusienne indique avoir acheminé 59,3 tonnes de fournitures médicales vers 40 établissements de 10 provinces, mais « les stocks de plusieurs fournitures vitales entreposées par l'OMS à Aden sont déjà épuisés », a relevé la directrice régionale des urgences de l'OMS.
Au total, 20 millions de dollars ont déjà été mobilisés, souligne, de son côté, le porte-parole de l'ONU, qui rajoute : « Nous avons de besoin de plus d'argent et nous en avons besoin très rapidement », conclut-il.
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