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Tuesday, September 29, 2026

Geoffroy Didier (LR): «Je sais d'où vient l'ex-FN mais n'accuse pas sans preuves», après les propos antisémites prêtés à Jordan Bardella

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Geoffroy Didier, vice-président des Républicains et président délégué de la région Île-de-France, revient sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella. Il attend surtout « des preuves tangibles qui permettent de corroborer les accusations de presse ». Et, face à la mobilisation sociale de la journée et aux débats sur le budget et les retraites, il appelle la droite républicaine à « affirmer ses convictions ». « Nous ne cautionnons pas un budget qui irait dans le sens de davantage de déficit public », ajoute-t-il.

RFI : On va évidemment parler de la crise sociale, des retraites, du budget. Mais d'abord, un mot sur l'actualité politique, ces propos antisémites attribués à Jordan Bardella. Quelle a été votre réaction ?

Geoffroy Didier : Ma réaction, c'est celle d'un avocat qui veut voir des pièces à conviction, qui veut voir des preuves avant d'émettre un jugement. Je ne suis pas d'accord avec les idées politiques de Jordan Bardella, mais je n'accuse pas sans preuves, donc je ne participerai pas au concert des accusations et des condamnations, sans avoir davantage d'éléments tangibles, si ce n'est un article de presse.

Mais ça veut dire que si ces propos sont avérés, Jordan Bardella, selon vous, doit encore assumer ses fonctions politiques ?

Si ces propos étaient avérés et que les accusations étaient démontrées, vous imaginez bien qu'il s'agirait d'un tremblement de terre politique, mais nous n'en sommes pas là. Moi, je pars du principe qu'il y a le contradictoire, c'est-à-dire la possibilité d'accuser mais aussi la possibilité de se défendre. Je crois à la présomption d'innocence, je ne fais pas de procès d'intention à qui que ce soit, malgré les profonds désaccords politiques que je peux avoir avec le Rassemblement national. Et je n'oublie pas aussi qu'au conseil régional de l'Île-de-France, où je suis membre, certains conseillers régionaux RN avaient quitté la salle lorsque nous avions fait un hommage à Simone Veil. Donc je sais très bien d'où l'ex-Front national vient, mais je n'accuse personne ad hominem tant que je n'ai pas vu des preuves tangibles qui permettent de corroborer les accusations de presse.

Cela vous conforte dans le fait de ne pas avoir rejoint l'alliance d'Éric Ciotti, peut-être ?

Ah mais je n'ai pas eu à attendre des accusations de Mediapart pour être convaincu que la droite républicaine peut être offensive sans être excluante, qu'il faut préférer la préférence homérique plutôt que la préférence nationale et qu'il n'est jamais nécessaire d'être extrémiste pour résoudre les problèmes des Français.

L'autre information de la journée, on l'a entendue, c'est cette mobilisation sociale. C'est évidemment l'exaspération des Français qui s'exprime dans les rues, chez les fonctionnaires, les pompiers, les lycéens... Pourquoi les Français devraient-ils accepter aujourd'hui de faire encore plus d'efforts ?

Vous savez, si Emmanuel Macron n'avait pas si mal agi depuis dix ans, la France disposerait de marges de manœuvre et pourrait effectivement mieux payer les fonctionnaires qui souvent le méritent. La France compte près de 6 millions de fonctionnaires, c'est-à-dire que ce sont des dizaines de millions de familles qui comptent un fonctionnaire parmi elles. Et moi, ce que je veux faire, c'est rendre hommage à la fonction publique, qui est bien loin de la bureaucratie qu'on décrit parfois et qui remplit ses missions avec un vrai sens du service public. Je suis totalement favorable à ce qu'on baisse les dépenses publiques là où c'est nécessaire, à ce que les gaspillages soient combattus avec vigueur.

Mais quelles dépenses ?

Il y a des organismes, je crois 430 organismes, dont on peut franchement se poser la question de l'utilité, vous savez ?

Et à quelle échéance, concrètement ?

Cela ne pourra se faire qu'après l'élection présidentielle de 2027, puisque c'est l'élection la plus structurante ou celle où on fait des vrais choix démocratiques assumés. Mais au Conseil régional d'Île-de-France, nous avons supprimé ou fusionné 15 organismes sans que les Franciliens ne s'en rendent compte, c'est-à-dire sans que les Franciliens se disent : « Tiens, les services publics de la région se sont amoindris. » Je crois qu'il y a du gras et que nous devons, par respect pour les Franciliens et par respect pour les contribuables qui subissent quand même le taux de prélèvement obligatoire le plus important des pays de l'OCDE, agir pour que l'État soit plus fort. Et la seule manière de le rendre plus fort, c'est de le rendre plus nerveux, c'est-à-dire de lui enlever tout le gras ou tout le calcaire qu'il y a dans les cubes de l'État et qui mériterait effectivement d'être nettoyé. Ceci ne veut pas dire que les fonctionnaires – qui, dans leur immense majorité, accomplissent leur travail avec un vrai sens de la mission des services publics – ne soient pas mieux rémunérés et ne soient pas mieux valorisés. Je crois que c'est justement cela que nous devons trouver comme équilibre, c'est-à-dire en terminer avec la bureaucratie inutile pour valoriser les fonctionnaires qui le méritent.

On parle de ce projet de loi de finances qui va être dévoilé à l'Assemblée. Chez Les Républicains, est-ce que vous, vous êtes prêts à voter un budget qui comporte des mesures que vous désapprouvez ?

Je n'y suis pas favorable. Je pense que nous sommes à l'heure des choix, c'est-à-dire l'heure des vrais choix politiques que la campagne présidentielle autorise, et que ce n'est pas le moment de négocier, de renoncer à ces convictions. C'est plutôt le moment de les affirmer et de dire que nous ne cautionnons pas un budget qui irait dans le sens de davantage de déficit public sans véritablement mieux servir les Français.

Ça veut dire aussi peut-être le faire avec des députés Rassemblement national, s'il y a une mesure que vous voulez faire adopter et que seuls les députés Rassemblement national acceptent de voter ?

Non, mais si le Rassemblement national dit que le ciel est bleu aujourd'hui, et que le ciel est effectivement bleu, je n'aurais pas de mal à dire que la météo est clémente. Mais je ne me positionne pas dans mes convictions par rapport à une autre formation politique. Je me positionne par rapport à mes propres convictions. Ce que je veux, en revanche, c'est que nous soyons fidèles à ces convictions et que nous n'y renoncions pas, que nous ne les négociions pas pour un plat de lentilles ou pour avoir la paix sociale pendant quelques semaines ou quelques mois de plus. Je crois que vraiment les Français attendent de nous tous, responsables politiques, des conditions sincères, de la constance et de leur permettre de faire de véritables choix. Le problème avec Emmanuel Macron, c'est qu'à force de dire que la droite et la gauche n'existaient pas ou qu'il était un peu de droite et un peu de gauche, les Français se sont rendu compte qu'ils n'avaient finalement pas eu le choix. Et qu'on leur a expliqué que tout ça, c'était la même chose. Moi, je crois que la gauche et la droite, ce sont des valeurs, des convictions différentes. Je respecte celle de gauche, j'affirme celle de droite, mais je crois que les Français doivent avoir le choix et que l'élection présidentielle doit justement leur permettre d'effectuer ce choix et qu'ensuite, les options de ce choix puissent être effectivement mises en œuvre.

On parlait beaucoup du sujet des retraites : Édouard Philippe a reculé sur l'âge de départ en retraite, à 65 ans. Il était présenté quand même par ses adversaires comme l'homme de la retraite à 67 ans. Qu'est-ce qui diffère entre Horizons et les Républicains sur ce point, en quelques mots ?

Oui, je ne sais pas si c'est ce qui diffère, mais en tout cas, j'estime que la proposition de Bruno Retailleau est équilibrée. C'est-à-dire qu'on ne part pas avant 63 ans, sauf évidemment en situation de handicap ou bien que l'on a effectué des travaux pénibles. Donc on peut partir dès 63 ans avec une décote, et 65 ans reste l'âge légal. Ce n'est pas 67, c'est 65. J'estime que ce que propose Bruno Retailleau est équilibré avec une perspective d'avenir, c'est que désormais, l'âge légal soit indexé sur l'espérance de vie. C'est assez sain, assez simple, et à mon avis tout à fait compréhensible par un grand nombre de nos concitoyens.

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