Des femmes inconscientes filmées lors d’actes sexuels, des milliers d’images retrouvées, plusieurs hommes arrêtés : une « affaire Pelicot » secoue la Belgique

Impossible de ne pas penser à l’affaire Pelicot tant le parallèle s’impose de lui-même. À Anvers, trois hommes ont été arrêtés dans une enquête portant sur de possibles agressions sexuelles commises pendant plusieurs années sur des femmes qui auraient été inconscientes, voire droguées. Comme dans l’affaire Pelicot en France, des images constituent une pièce centrale de ce dossier particulièrement sordide.
Selon Het Laatste Nieuws, les enquêteurs ont découvert sur les appareils numériques d’un suspect de 41 ans des milliers d’images montrant des femmes lors d’actes sexuels alors qu’elles semblaient inconscientes. Certaines auraient pu être sous l’emprise de substances. Les faits pourraient remonter jusqu’en 2008.
L’affaire n’est évidemment pas identique à celle qui a bouleversé la France. Dans le dossier des viols de Mazan, Dominique Pelicot avait drogué son épouse Gisèle pendant près de dix ans afin de la violer et de la livrer à des dizaines d’hommes recrutés sur internet. Mais le dossier anversois présente des similitudes troublantes : des femmes potentiellement droguées, inconscientes au moment des faits présumés, des actes enregistrés et plusieurs hommes désormais dans le viseur de la justice...
La plainte d’une ancienne compagne
Tout commence cette année avec la plainte de l’ex-compagne du suspect principal. Elle affirme avoir été filmée à son insu lors d’une agression sexuelle. La police saisit alors plusieurs appareils numériques. Le quadragénaire est arrêté en mai, notamment pour des soupçons de viol et de voyeurisme, avant d’être placé sous surveillance électronique puis libéré sous conditions en juillet.
Mais l’analyse du matériel informatique va donner une tout autre dimension à l’affaire .« Au cours de ces investigations complémentaires, d’autres agressions sexuelles graves ont été mises au jour », explique Kato Belmans, du parquet d’Anvers. « Deux autres anciennes compagnes du quadragénaire auraient notamment été droguées et agressées sexuellement », dit-elle. Les enquêteurs doivent toutefois encore établir précisément les faits, certains étant particulièrement anciens.
Au cours d'investigations complémentaires, d’autres agressions sexuelles graves ont été mises au jour »

Des images récentes ont été découvertes, mais aussi des enregistrements datant de la période 2008-2011. Deux femmes apparaissant sur ceux-ci ont déjà pu être identifiées et ont déposé plainte. Surtout, les investigations ont conduit les policiers vers deux autres hommes, âgés de 37 et 50 ans, qui apparaîtraient sur d’anciennes images.
Le principal suspect a finalement été arrêté une nouvelle fois le 23 septembre. Les deux autres hommes ont également été interpellés.
Le suspect conteste
Le quadragénaire nie catégoriquement avoir drogué les femmes. Il reconnaît l’existence de relations sexuelles, mais soutient qu’elles étaient consenties. Son avocat, Jonathan Bogaerts, estime que les accusations de soumission chimique sont « absolument infondées ». La question du consentement devra donc être au cœur de la suite de l’enquête .Un autre suspect conteste pour sa part les poursuites en invoquant la prescription concernant certains faits anciens.
Combien de femmes pourraient avoir été victimes ? D’autres hommes apparaissent-ils encore sur les milliers d’images saisies ? L’enquête judiciaire se poursuit pour identifier d’éventuelles autres victimes et déterminer si d’autres personnes ont participé aux faits.
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