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Saturday, October 17, 2026

Les Canadiens préfèrent maintenir les règles environnementales plutôt que de les assouplir

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Malgré la guerre commerciale avec les États-Unis, les Canadiens souhaitent maintenir les exigences environnementales du pays plutôt que de les assouplir, comme le propose le gouvernement de Mark Carney avec son projet de loi C-39. Même parmi les électeurs libéraux, l’appui à ces mesures est limité, selon un sondage Léger publié samedi.

Deux Canadiens sur trois (66 %) estiment que le Canada devrait maintenir ou renforcer ses exigences environnementales actuelles, et ce, même dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis. Au Québec, cette proportion est similaire (70 %), montre le coup de sonde commandé par Équiterre et réalisé en ligne du 9 au 12 octobre auprès de 1525 adultes résidant au Canada.

« [Mark Carney] n’a pas l’adhésion de la population canadienne pour procéder comme il le fait en matière d’affaiblissement et de contournement des lois et de la réglementation environnementale », affirme Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales chez Équiterre, en entrevue avec Le Devoir.

Le constat est particulièrement frappant chez les répondants qui s’identifient au Parti libéral du Canada : 80 % d’entre eux souhaitent maintenir ou renforcer les exigences environnementales actuelles. « C’est un signal très fort, un signal que le premier ministre aurait intérêt à écouter », fait valoir M. Viau.

Le 21 septembre dernier, le gouvernement Carney a déposé le projet de loi « visant à bâtir un Canada fort », ou C-39, qui propose notamment de réduire à un an le délai pour l’obtention d’un permis fédéral pour tout projet. Celui s’inscrit dans la continuité de la loi consacrée aux projets dits d’« intérêt national » (C-5), adoptée en juin 2025.

Pérennité des mesures

Par le biais du projet de loi C-39, Ottawa veut créer des « régions d’intérêt national » où certains projets pourraient contourner des lois et des règlements environnementaux. Ce pouvoir, permis grâce à la désignation de « projet d’intérêt national » inscrite dans C-5, a actuellement une limite de cinq ans.

Même si 43 % des répondants approuvent cette désignation dans le contexte de guerre commerciale, le sondage révèle qu’un répondant sur deux (49 %) estime que les mesures d’accélération devraient être limitées dans le temps, contre 29 % qui souhaitent les voir devenir permanentes. Chez les électeurs libéraux, 57 % privilégient également des mesures temporaires.

« En retirant cette clause crépusculaire [avec le projet de loi C-39], on enlève toute l’idée de base, qui était qu’on utilise des outils exceptionnels pour répondre à une situation exceptionnelle », soutient M. Viau, en faisant référence à la guerre commerciale avec les États-Unis. « On transforme la situation d’exception en un régime permanent de contournement de la réglementation environnementale. »

Le directeur des relations gouvernementales chez Équiterre ajoute qu’« il y a un attachement fort à la protection des lois et de la réglementation existante dans toutes les régions du pays ». Selon le sondage, entre 68 % et 75 % des répondants souhaitent maintenir ou renforcer la portée de lois environnementales, même dans un contexte où le Canada cherche à attirer des investissements étrangers.

La Loi sur les espèces en péril recueille le plus fort appui (75 %), suivie de la loi qui protège les rivières (74 %), la Loi sur les pêches (73 %), la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (72 %) et la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (68 %).

Projets pétroliers et gaziers

Le projet de loi C-39 prévoit par ailleurs de transférer à d’autres organismes une partie des responsabilités de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC). Par exemple, la Régie de l’énergie du Canada serait chargée d’étudier les projets de pipelines, les lignes de transport d’électricité et certains projets d’énergie renouvelable en mer.

Sur ce point, 44 % des répondants s’opposent à ce que l’AEIC perde la responsabilité d’étudier l’impact du développement des pipelines sur l’environnement et les collectivités. À noter que près de trois personnes sur dix (27 %) ne se prononcent pas.

Par ailleurs, lorsqu’il est question de mettre en œuvre certaines actions dans le secteur pétrolier et gazier pour faire face à la guerre commerciale, le sondage révèle des opinions plus partagées. En effet, 40 % des répondants appuient une réduction de la réglementation environnementale pour favoriser le développement de projets pétroliers et gaziers, alors que 39 % s’y opposent.

L’écart est légèrement plus net lorsqu’il est question de réduire les politiques environnementales visant à atténuer les effets négatifs des industries pétrolières et gazières, M. Viau citant comme exemple les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre : 42 % des répondants sont contre cette proposition, alors que 34 % l’appuient. Au Québec, la proportion des personnes opposées à une telle réduction atteint 51 %.

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