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Sunday, November 8, 2026

Moscou espère que la défaite républicaine ne bouleverse pas les négociations

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La défaite des républicains aux élections de mi-mandat aux États-Unis a été suivie de près en Russie, où certains observateurs estiment qu’elle pourrait annoncer un soutien accru à l’Ukraine lorsque les démocrates prendront le contrôle du Congrès en janvier.

Mais si le Kremlin voit le temps s’écouler depuis le début de son invasion à grande échelle de son voisin, il y a près de cinq ans, il semble pour l’instant rester imperturbable.

Interrogé sur la question de savoir si le résultat des élections pourrait entraver les tentatives américaines visant à faciliter la négociation d’un accord entre Moscou et Kiev, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a exprimé l’espoir que le président américain Donald Trump poursuive ses efforts de paix.

« Les bases sont déjà en place, et un nouveau cycle de négociations trilatérales doit avoir lieu très prochainement », a indiqué M. Peskov à propos des pourparlers prévus mardi et mercredi à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis. Des représentants russes, ukrainiens et américains doivent y participer.

Il a également salué les « efforts humanitaires fructueux en faveur de la paix » menés par la première dame Melania Trump, ajoutant espérer « que tout cela se poursuivra. »

Le cessez-le-feu partiel de la semaine dernière autour de la ville d’Olechky, négocié avec l’aide de Mme Trump, a permis l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation de certains habitants.

M. Peskov a évité une question des journalistes visant à savoir si le nouveau Congrès viendrait changer la position de M. Trump sur la Russie et l’Ukraine. Il a qualifié cela d’« affaire interne » aux États-Unis.

Moscou semblait favorisé

Ces derniers mois, les actions de M. Trump ont semblé favoriser Moscou.

Le mois dernier, il a conclu un accord d’importation de gazole avec la Russie, marquant un revirement spectaculaire par rapport aux années de pression exercée par les États-Unis sur le Kremlin, au grand désarroi de l’Ukraine et de ses alliés européens.

M. Trump a également affirmé que les attaques de Kiev contre des raffineries de pétrole russes avaient provoqué une flambée des prix du gazole aux États-Unis. Il a exhorté Kiev à mettre fin à ces frappes, alors même que la hausse des prix mondiaux de l’énergie était en grande partie due à la guerre en Iran.

Le président américain a également publié un décret visant à suspendre de nouvelles sanctions de grande envergure qui pesaient sur l’économie russe, affirmant au Congrès que cette suspension était dans l’intérêt national. Les législateurs des deux partis ont vivement critiqué cette décision de M. Trump, estimant qu’elle profitait au président russe, Vladimir Poutine.

Dans le même temps, l’Ukraine a signalé un ralentissement de Starshield, la version militaire du service Internet par satellite Starlink appartenant à SpaceX, la société d’Elon Musk.

M. Trump a nié être à l’origine de ce bref ralentissement de Starshield, mais cette décision de limiter le système qui constitue l’épine dorsale des opérations de drones et des communications sur le champ de bataille de l’Ukraine a été largement perçue comme s’inscrivant dans les efforts de Washington pour faire pression sur Kiev.

L’accord sur le diesel a semblé battre de l’aile cette semaine après que des responsables fédéraux et étatiques américains ont averti que le transport de toute cargaison pourrait entraîner des conséquences juridiques, et que deux pétroliers à destination des États-Unis ont changé de cap. Le Kremlin a cherché à minimiser cette évolution, affirmant que les livraisons se poursuivraient.

Kiev a désespérément besoin de reconstituer ses stocks de missiles intercepteurs Patriot de fabrication américaine pour repousser les attaques de missiles balistiques russes. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a demandé à plusieurs reprises à Washington d’accélérer la livraison de ces systèmes de défense, mais les stocks américains ont été épuisés par la guerre en Iran, et les États-Unis ont donné la priorité à la reconstitution de leurs propres arsenaux.

Le 30 octobre, le gouvernement Trump a déclaré avoir approuvé un projet de vente de 2,1 milliards $ de missiles intercepteurs Patriot à l’Ukraine, après que Kiev a accusé le Pentagone de retarder la livraison.

M. Trump a également semblé faire écho à l’opinion du Kremlin selon laquelle M. Zelensky constituait un obstacle à la paix, en plus d’affirmer que M. Poutine était plus ouvert à un accord.

Jeudi, M. Trump s’est entretenu avec l’émissaire de M. Poutine, Kirill Dmitriev, qui a assisté à une cérémonie à la Maison-Blanche aux côtés de la première dame pour saluer la trêve humanitaire de la semaine dernière.

Le président n’a rencontré aucun des responsables ukrainiens également présents à l’événement, mais a laissé entendre qu’un accord de grande envergure sur la sécurité européenne était en cours d’élaboration.

En Russie, plusieurs craignent que la victoire des démocrates n’incite le Congrès à faire pression sur M. Trump pour qu’il fasse preuve de plus de prudence et durcisse sa position sur la Russie.

Dmitri Medvedev, qui a occupé la présidence russe de 2008 à 2012, a prédit que M. Trump serait moins enclin à faire pression sur l’Ukraine une fois que le nouveau Congrès serait en place.

« Il n’a pas besoin d’une confrontation supplémentaire avec les démocrates », a déclaré M. Medvedev, qui occupe désormais le poste de vice-président du Conseil de sécurité russe.

Potentiel renforcement de l’aide à l’Ukraine

L’Ukraine bénéficie d’un fort soutien bipartite, ce qui laisse entrevoir l’adoption, sans risque de veto, d’une aide supplémentaire en faveur de Kiev ou de nouvelles sanctions sévères à l’encontre de Moscou.

Mercredi, M. Zelensky a déclaré à la chaîne allemande ZDF que, bien que les deux partis aient apporté leur soutien à Kiev, les démocrates « s’expriment très clairement en faveur de l’Ukraine ».

Dans d’autres déclarations faites jeudi, le dirigeant ukrainien a souligné que les élections de mi-mandat pourraient avoir un effet positif concernant l’aide américaine, notamment en accélérant la livraison des missiles intercepteurs Patriot.

« Je pense que nos chances d’obtenir une aide supplémentaire de la part des États-Unis pourraient désormais augmenter », a-t-il déclaré.

Abbas Gallyamov, ancien rédacteur de discours de M. Poutine devenu analyste politique et vivant à l’étranger, a estimé que son ancien patron avait manqué une occasion de conclure un accord sur l’Ukraine avant la victoire des démocrates et qu’il pourrait désormais se heurter à des États-Unis moins coopératifs.

« Les perspectives de Poutine se sont considérablement assombries, a écrit M. Gallyamov dans un commentaire. Il pensait que le temps jouait en sa faveur et n’était pas pressé de saisir la fenêtre d’opportunité qui s’était ouverte après la victoire de Trump, et, aujourd’hui, cette fenêtre commence à se refermer. »

Certains experts en politique ont toutefois mis en garde contre l’attente d’un revirement spectaculaire.

Les démocrates pourraient inscrire à l’ordre du jour une augmentation des aides financières à l’Ukraine et intensifier la pression sur M. Trump concernant l’accord sur le diesel ou les dérogations aux sanctions contre la Russie, mais il est peu probable que des limites strictes soient imposées au pouvoir du président, a affirmé Jorn Fleck, directeur principal du Centre européen de l’Atlantic Council.

« Même avec une forte majorité dans les deux chambres du Congrès, les démocrates auront du mal à imposer des limites significatives à la conduite de la politique étrangère de M. Trump, compte tenu de ses pouvoirs constitutionnels et de sa volonté de repousser les limites », a déclaré M. Fleck dans un commentaire.

« Libéré de la nécessité de se présenter à nouveau devant les électeurs aux urnes, Trump pourrait passer à la vitesse supérieure dans les négociations pour consolider son héritage. »

Certains s’attendent à un Trump plus intransigeant

Konstantin Kosachev, vice-président de la chambre haute du Parlement russe, a fait valoir que les pouvoirs exécutifs de M. Trump en matière de politique étrangère lui permettraient de poursuivre ses dessins malgré l’opposition du Congrès.

Il a ajouté que si les autorités ukrainiennes pensaient que la défaite des républicains rendrait le gouvernement Trump plus réceptif aux demandes de l’Ukraine, elles pourraient se tromper.

« Elles ne trouveront pas un Trump plus malléable ou plus contraint, a affirmé M. Kosachev. Au contraire, elles auront affaire à un président plus résolu, qui n’aura plus à se soucier des prochaines élections. »

Malgré toute l’importance du Congrès, « le rôle du président américain en matière de politique étrangère reste prépondérant — un fait que Trump comprend mieux que quiconque », a-t-il ajouté.

Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a tenu des propos similaires jeudi lors d’un entretien avec l’Associated Press, affirmant que « le président, c’est le président Trump » et qu’il a le pouvoir de dicter la politique étrangère et de sécurité. Il faut s’attendre à de l’« imprévisibilité », a-t-il ajouté.

M. Kosachev a affirmé qu’en plaçant leurs espoirs dans une victoire des démocrates, Kiev et ses alliés à Londres, à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes se sont rangés du côté des adversaires politiques de M. Trump sur la scène nationale.

« En conséquence, ils sont pratiquement assurés de deux années d’un Trump intransigeant », a-t-il indiqué.

Avec la contribution d’Emma Burrows depuis Tallinn, en Estonie

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