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Thursday, September 17, 2026

Prix des carburants : pourquoi sont-ils aussi élevés et proche du record alors que le pétrole brut a déjà été plus cher ?

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Dans un litre d’essence ou de diesel, le montant qui correspond au produit ex-raffinerie a sérieusement augmenté ces derniers mois. Entre le 10 mars dernier et aujourd’hui, l’augmentation du produit ex-raffinerie est de 56,6% pour l’essence et 59,5% pour le diesel. "Le prix à la pompe chez nous dépend naturellement de l’évolution du Brent sur les marchés, mais encore plus du coût du carburant raffiné", explique Jean-Benoît Schrans, porte-parole d’Energia, la fédération belge du secteur pétrolier.

Du côté du cours du pétrole brut, le cours affichait à peine 70 dollars le baril avant le début de l’offensive américaine en Iran, fin février. Il tourne aujourd’hui autour des 105 dollars le baril, soit 50% d’augmentation. C’est une première explication à l’augmentation des prix.

C’est l’offre et la demande

S’en mêlent ensuite le coût du raffinage et l’évolution de l’offre et de la demande. Le pétrole brut doit être raffiné pour être transformé en essence et en diesel et plusieurs facteurs influencent le prix des produits raffinés. "Si je prends l’exemple de diesel, c’est l’offre et la demande. On voit que l’offre diminue au niveau mondial à cause de la situation géopolitique au Moyen-Orient, avec l’Iran, et maintenant également avec l’autre détroit, qui posent problème", explique Jean-Benoît Schrans.

Aujourd’hui, on a une situation tendue sur le marché du diesel au niveau mondial à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz. "Il y a toute une partie d’approvisionnement du diesel qui passait ou transitait via le détroit d’Ormuz, surtout vers l’Est et les pays asiatiques, qui est menacée ou qui est donc tombée pratiquement à zéro", rappelle Jean-Benoît Schrans.

Les raffineries à l’arrêt ou au ralenti dans le Golfe à cause de la guerre, combinée à l’embargo sur le pétrole russe entraînent une réduction de l’offre. La demande, elle, est forte, surtout en diesel (et mazout de chauffage à l’approche de l’hiver). Réduction de l’offre et forte demande expliquent l’augmentation des prix, en particulier du diesel. Enfin, pour le diesel, il ne faut perdre de vue que son raffinage est plus coûteux que celui de l’essence, car il nécessite plus de phases de transformation. On produit aussi moins de diesel que d’essence avec un litre de pétrole.

On pourrait aussi s’étonner de voir les prix des carburants à la pompe grimper beaucoup plus que le cours du baril de brut. On a en effet déjà connu des périodes où le cours du baril de brut était bien plus élevé que la centaine de dollars qu’on observe actuellement alors que dans le même temps les prix à la pompe étaient plus bas qu’aujourd’hui.

Là, l’explication est aussi à aller chercher du côté des cours du dollar et de l’euro. Sur les marchés internationaux, le pétrole brut s’achète en dollars. Le prix du baril de Brent, le pétrole de la Mer du Nord, qui sert de référence chez nous, est affiché en dollars. En matière de pétrole et de produits raffinés, tout ce qui s’achète sur les marchés internationaux est facturé en dollars.

"Après, quand on est en Europe, le prix affiché, celui qu’on va payer est en euros", explique Jean-Benoît Schrans. Au moment de la conversion des prix en dollars vers l’euro, plus le dollar est fort par rapport à l’euro, plus il faut sortir d’euros du portefeuille pour obtenir la même chose. C’est ce qui se passe actuellement, puisque le dollar a repris de la vigueur.

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