Nos ancêtres savaient marcher debout depuis longtemps : une découverte change l'histoire de leur vie dans les arbres

L'acquisition de la bipédie, c'est-à-dire la capacité à marcher sur deux jambes, représente une étape majeure de l'évolution humaine. Il s'agit d'ailleurs de l'une des premières caractéristiques qui a différencié la lignée humaine de celle des autres grands singes, qui ont conservé leur caractère arboricole. En libérant les mains et en permettant le déplacement sur de longues distances, la bipédie aurait ouvert de nouvelles possibilités comportementales et la colonisation d'environnements variés.
Les Hommes sont-ils devenus bipèdes pour porter la nourriture ?
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Si l'apport de la bipédie dans le développement de la lignée humaine est incontestable, de nombreuses questions subsistent encore, notamment quand et pourquoi cette caractéristique est apparue chez certaines espèces d’hominines.
La bipédie : une longue transition entre les arbres et le sol
L'hypothèse principale est que la bipédie serait apparue il y a environ 6 à 7 millions d’années. Si pour certains chercheurs Toumaï (Sahelanthropus tchadensis) est l'un des plus anciens hominines connus susceptibles d'avoir pratiqué la bipédie, cette interprétation reste toutefois fortement discutée. La difficulté à dater l'apparition de la bipédie vient en effet principalement du fait que cette caractéristique n'est pas apparue du jour au lendemain, et qu'il est probable qu'elle n'ait au début été qu'occasionnelle, ces espèces très anciennes présentant donc des traits caractéristiques à la fois d'une vie arboricole et d'une bipédie.
La question plus pertinente semble donc être : à quel moment la bipédie est-elle devenue habituelle ?
Crâne de Toumaï. © Didier-Descouens, Wikimedia commons, CC by-sa-30
Cette transition entre une vie principalement arboricole et principalement au sol pourrait ainsi être bien plus tardive. Une nouvelle étude suggère ainsi que la transition vers un mode de vie davantage terrestre pourrait ne s'être accentuée qu'il y a environ deux millions d'années.
Des os des jambes plus robustes chez les premiers Homo
Des chercheurs ont en effet analysé des fossiles de sept individus ayant appartenu aux australopithèques et aux premiers représentants du genre Homo, datant de 1,5 à 3,7 millions d'années.
La structure interne des os des bras et des jambes a été étudiée grâce à des scanners, notamment pour estimer leur résistance à la flexion et à la torsion. Il apparaît ainsi que si les australopithèques montraient déjà des caractéristiques associées à la marche bipède, la robustesse de leurs bras indique qu'ils continuaient certainement à passer beaucoup de temps dans les arbres.
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Les premiers humains ayant vécu entre 1,8 et 2,3 millions d'années présentent quant à eux une configuration bien plus proche de celle des humains modernes, avec des os des jambes plus robustes que ceux des bras, laissant penser que la vie au sol, avec un déplacement bipède, était alors dominante par rapport à la vie arboricole. Les résultats ont été publiés dans la revue Science Advances.
La comparaison des os des jambes et des bras entre les premiers représentants du genre Homo (à droite) et Australopithèque (à gauche) aide à dater la transition entre un mode de vie principalement arboricole et un comportement plus couramment bipède. © Cullen Townsend
Les chercheurs observent également une coïncidence chronologique intrigante entre ce changement comportemental et l'augmentation significative de la taille du cerveau. Si aucun lien de cause à effet n'est pour l'instant prouvé, le fait que ces deux évolutions notables se soient produites durant la même période soulève toutefois des questions. « Nous supposons que l'évolution vers une marche plus fréquente a pu imposer de nouvelles exigences au corps et au cerveau, ce qui pourrait aider à expliquer pourquoi ces changements se sont produits à peu près au même moment », explique Kristian Carlson, auteur principal de l'étude.
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