Un test sanguin pour détecter la maladie d’Alzheimer : une nouvelle étape vers un meilleur diagnostic

La maladie d’Alzheimer est de loin la forme la plus fréquente de démence. Troubles de la mémoire, du raisonnement, du comportement ou de l’orientation, cette pathologie détruit les cellules cérébrales de manière évolutive et irréversible. Elle se caractérise par une accumulation anormale de protéines entre les cellules. Celle-ci forme des plaques d’amyloïdes qui perturbent le fonctionnement du cerveau. Il existe des examens pour confirmer le diagnostic et la présence de pathologie amyloïde comme la ponction lombaire et le PET scan. Cependant ils sont invasifs, contraignants et coûteux.
Un test d’une plus grande précision
Les chercheurs travaillent depuis des années sur les biomarqueurs sanguins afin de favoriser une détection moins invasive et plus rapide de la maladie. La firme pharmaceutique Roche a développé un nouveau test sanguin qu’elle présente comme étant capable d’aider à confirmer ou exclure la présence d’amyloïdes dans le cerveau.
Le Professeur Bernard Hanseeuw, neurologue aux Cliniques Universitaires Saint-Luc, souligne les progrès en termes de précision : "Le test mesure la concentration de la protéine TAU phosphorylée dans le plasma sanguin, donc dans une prise de sang. Auparavant, le taux d’erreur du test sanguin par rapport à d’autres méthodes validées, comme la ponction lombaire ou le PET Scan amyloïde, était de 75%. Ce n’est pas si mal, mais cela signifie qu’on se trompait chez un patient sur quatre. La valeur prédictive de ce test, lorsqu’il y a des troubles de mémoire, atteint les 90%. Aujourd’hui, nous obtenons avec les tests actuels un faible pourcentage d’erreurs. Une ponction lombaire peut toujours être proposée pour résoudre l’ambiguïté, pour trancher s’il devrait être au-dessus ou en dessous du seuil."
Un outil moins invasif et plus rapide
Le neurologue précise que ce nouveau test développé par deux firmes pharmaceutiques permet de confirmer un diagnostic de maladie d’Alzheimer chez des patients qui ont des troubles cognitifs, des troubles de la mémoire. Il peut être prescrit par les neurologues et les gériatres en Belgique en cas de suspicion. "Il ne s’agit pas d’un test de dépistage pour la population générale qui n’a pas de troubles cognitifs. Mais il s’agit d’un outil ", tient à souligner Bernard Hanseeuw.
Cependant, le chef de la clinique de la mémoire aux Cliniques Universitaires Saint-Luc nous fait part des bénéfices pour le patient en cas de résultat positif : "Cela nous permet de tester davantage de patients de manière moins invasive avec des résultats plus rapides. Car la prise de sang peut être faite au sortir de la consultation chez le neurologue plutôt que de devoir planifier un examen complémentaire. Une ponction lombaire est de manière évidente plus invasive et plus longue à organiser. Un PET Scan est plus cher et moins facilement accessible que ce que la prise de sang ne peut être".
Si un résultat négatif permet d’exclure avec un degré élevé de certitude la maladie d’Alzheimer, le spécialiste en neurologie insiste sur le fait que le diagnostic final ne peut pas se reposer uniquement sur un résultat positif du test sanguin. Seul un bilan clinique complet peut l’établir. "Ce test ne permet que de confirmer ou écarter la suspicion d’Alzheimer. Pour cette raison, il représente une réelle avancée dans la détection de cette pathologie", conclut Bernard Hanseeuw.
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