Quatre mois de prison pour des menaces motivées par la haine des francophones

Le résident d’Ottawa qui a proféré des menaces de mort envers la conseillère municipale de Rideau-Vanier, Stéphanie Plante, était motivé par la haine des francophones. C’est ce qu’a déterminé le juge Timothy Lipson jeudi, en condamnant l’accusé à quatre mois de prison ferme, plus une période de probation de trois ans.
Les faits remontent à 2024. L’accusé avait envoyé des courriels menaçants à Stéphanie Plante, l’accusant d’être une terroriste étrangère
voulant imposer un agenda francophone dans la capitale.
[Je suis] soulagée. Ça fait deux ans que ça traîne. Je n’aime pas utiliser ce mot, mais c’est vrai. Ça fait un an que j’ai été questionnée par le procureur et par la défense
, réagit Mme Plante à la suite de la décision du juge.
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Elle explique qu’en plus des menaces proférées, l’accusé aurait suivi son fils à la sortie de l’école. Cela aurait poussé la conseillère et sa famille à remettre en question sa carrière en politique municipale. Elle raconte avoir même envisagé de démissionner.
Selon la conseillère, le juge Lipson a été très clair
dans sa décision de condamner Jason Claude Lamarche à quatre mois de prison, suivi de trois ans de probation.
Ça fait partie du travail, mais je pense qu'on peut débattre sans craindre pour sa vie.
En plus de la sentence prononcée, le juge a qualifié les faits comme étant motivés par la haine envers les francophones.
J'ai trouvé ça très intéressant parce que son nom, c'est Jason Claude Lamarche
, explique Mme Plante en entrevue à l'émission de radio Les matins d'ici. Clairement, il y a quelqu'un dans sa famille qui est francophone, il a des racines francophones.
C'était très clair quand il a pris la parole que, premièrement, il n’allait pas s'excuser envers moi
, poursuit la conseillère. Deuxièmement, [qu’il] a vraiment quelque chose contre les francophones. Il nous blâme pour le fait qu'il ne trouve pas d'emploi [ou] de logement.
Plus qu’une attaque personnelle
Mme Plante insiste sur l’importance du message envoyé par le juge avec cette décision. Elle considère que cela peut aider les femmes qui envisagent une carrière politique.
J'ai été très reconnaissante que le juge soit très clair que ces choses sont inacceptables, surtout envers les femmes et que c'est une menace contre la démocratie
, indique-t-elle.
Elle rappelle que, pour la première fois, depuis la fusion de la Ville d’Ottawa en 2001, les sièges du nouveau conseil municipal élu le 26 octobre seront majoritairement occupés par des femmes.
J'espère que ces femmes-là vont rester en politique et j'espère aussi que les femmes vont se présenter en politique, que ce soit au niveau fédéral, municipal, au scolaire
, s’exprime-t-elle. Je ne veux pas que les femmes se sentent découragées de participer, que ça soit de voter, de se présenter en politique ou même de s'exprimer [à cause] de gens comme Monsieur Lamarche.
Avec les informations de Charlotte Tremblay et d'Ulysse Taillard
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