Sommet EU-Canada à Montréal : « On a besoin de résultats concrets », dit Stéphane Dion

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À la veille du sommet Canada-Union européenne (UE), qui se tient jeudi et vendredi à Montréal, « on a besoin de résultats concrets dans tous ces domaines : commerce, science, défense et sécurité, intelligence artificielle », a déclaré l’ancien chef libéral Stéphane Dion, qui a été envoyé spécial auprès de l’UE de 2017 à 2025.
Si, encore une fois, il s'agit d'une sorte de communiqué final disant "nous allons continuer à continuer", ce serait très déprimant
, a ajouté dimanche M. Dion en entrevue à l'émission Rosemary Barton Live sur CBC.
M. Dion a fait cette déclaration alors que, par communiqué de presse, le premier ministre canadien Mark Carney avait indiqué que les deux parties travaillaient à l'élaboration d'une nouvelle alliance ambitieuse, une alliance suffisamment forte pour que personne ne puisse dicter nos choix, et suffisamment ouverte pour que d'autres puissent s'y joindre
.
Stéphane Dion a également déclaré qu'il souhaitait voir des mesures concrètes pour mettre pleinement en œuvre l'accord de libre-échange existant entre le Canada et l'UE — l'Accord économique et commercial global Canada-Europe (AECG).

L’ambassadeur du Canada en France, Stéphane Dion, attend l’arrivée d’invités à la résidence officielle de l’ambassadeur du Canada en France, à l’occasion d’une table ronde sur les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, à Paris, le 9 février 2025.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
L’AECG a été signé en 2016 et la majeure partie de l’accord (hormis son chapitre sur l’investissement) est provisoirement entré en vigueur en 2017. Mais neuf États membres de l’UEne l’ont pas ratifié à ce jour : la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie et la Pologne.
En amont du sommet, le Canada et l'UE travaillent à un accord commercial numérique visant à faciliter les transactions commerciales transfrontalières en aplanissant les obstacles liés aux signatures et contrats électroniques, au commerce sans papier, à la sécurité des flux de données et au commerce électronique.
« Membre associé », pas le meilleur terme
Le mois dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré vouloir ouvrir la porte au Canada pour qu'il devienne le premier membre associé
de l'UE.
Le lendemain, M. Carney a salué l'ambition
de la proposition, mais a opté pour le terme alliance pour le futur
lorsqu'il s'est adressé au Parlement européen.
Je ne suis pas certain que cette expression de "membre associé" soit bien acceptée
, a pour sa part mentionné M. Dion, soulignant que le terme se heurte à une résistance tant au Canada qu'en Europe.
Avec ce terme, on dirait que le Canada cède une partie de sa souveraineté à Bruxelles, et il n'y a aucune volonté en ce sens au Canada
, a poursuivi M. Dion. En Europe, c'est vu comme si le Canada bénéficierait des avantages de l'Union sans les obligations qui en découlent en matière de financement et d'harmonisation réglementaire.
L’ancien chef libéral a plutôt suggéré que le Canada devienne observateur officiel
, un poste qui n’octroie ni droit de vote ni élu au sein du Parlement européen.
Il a également mentionné qu'une autre option serait l'adhésion pleine et entière du Canada à la Communauté politique européenne, une instance informelle où les pays de l’UE se réunissent deux fois par an avec des pays non membres, comme le Royaume-Uni, la Norvège, la Suisse ou la Turquie.
L’UE est le deuxième partenaire commercial du Canada pour les biens et les services, avec des échanges qui totalisaient environ 178 milliards $ en 2025.
D'après un article (nouvelle fenêtre) de David Cummings, CBC News
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