Soraya Martinez Ferrada demande aux partis de réinstaurer le «réflexe Montréal»
Montréal demande aux partis qui se lanceront sous peu en campagne électorale de mieux l’épauler pour faire face aux trois crises auxquelles la métropole est confrontée. La mairesse Soraya Martinez Ferrada a réclamé mercredi du prochain gouvernement un financement récurrent et l’ajout de services pour l’itinérance, l’habitation, la sécurité et les infrastructures dont le transport en commun. Elle souhaite notamment la création de trois centres d’urgence spécialisés en santé mentale et en dépendance. Mais surtout, la mairesse voudrait le retour du « réflexe Montréal »
« Montréal a fait sa part. On a investi davantage. On a adapté nos services. On soutient les organismes de première ligne. Mais force est de constater qu’une large partie des réponses à ces crises relèvent du gouvernement du Québec. Ce n’est pas normal que les contribuables montréalais doivent compenser chaque fois que les ressources ne sont pas au rendez-vous », a soutenu la mairesse en conférence de presse.
Québec doit en faire davantage pour lutter contre l’itinérance, avance-t-elle. À cet égard, la mairesse réclame du prochain gouvernement qu’il finance 3200 places en hébergement d’urgence de façon récurrente, dont 500 places saisonnières, ainsi que la création de trois centres d’urgence spécialisés en santé mentale et en dépendance d’ici l’été 2027. Cette mesure est nécessaire, croit la mairesse, sinon une pression accrue sera exercée sur les organismes communautaires qui œuvrent sur le terrain et sur les hôpitaux qui sont déjà surchargés.
Montréal demande également un financement stable et prévisible pour les infrastructures, notamment en transport en commun. Le métro de Montréal est aux prises avec un déficit de 7 milliards de dollars, a-t-elle rappelé. La mairesse a aussi réitéré sa demande pour un Réseau express métropolitain (REM) pour l’est de Montréal.
Montréal veut aussi un soutien particulier pour le centre-ville avec un « réel plan » pour son développement et le maintien du sentiment de sécurité. Elle a entre autres cité l’agrandissement souhaité du Palais des congrès.
Mais aux yeux de la mairesse, la demande la plus importante repose sur la nécessité de réinstaurer le « réflexe Montréal » qui nécessitera un « changement de posture » du gouvernement québécois à l’endroit de la métropole. « Montréal doit être consultée en amont de toutes les décisions qui la concernent. Les enveloppes doivent tenir compte de notre poids et de notre responsabilité. »
Elle a d’ailleurs rappelé qu’aucune des ententes conclues entre Québec et le gouvernement fédéral n’inclut une part de financement protégée pour la métropole.
La mairesse n’est pas sans savoir que la carte électorale change peu d’un scrutin à l’autre et que ce phénomène tend à reléguer les enjeux de la métropole dans l’ombre. « Il ne devrait pas y avoir Montréal d’un côté et les régions de l’autre. Il y a un Québec dont les territoires sont liés. Montréal a besoin du Québec et le Québec a besoin de Montréal. »
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