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Wednesday, September 23, 2026

80 millions de dollars et un énorme changement, Eggers (Northman) va adapter Romeo et Juliette

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Oubliez la guimauve hollywoodienne et les chemises hawaïennes de Leonardo DiCaprio. Robert Eggers, le réalisateur le plus jusqu’au-boutiste du cinéma d’épouvante, prépare sa prochaine victime : le chef-d’œuvre de Shakespeare, Roméo et Juliette.

Après les sorcières puritaines de The Witch, la folie maritime de The Lighthouse, la barbarie viking de The Northman, le sang frais de Nosferatu et en attendant les crocs de Werwulf, Robert Eggers s’attaque à ce que la littérature a produit de plus brutal : l’amour adolescent. Et pour s’offrir les services du cinéaste américain, Hollywood s’est livré une véritable guerre de tranchées.

A24, Sony et Warner Bros ont tous sorti le chéquier, mais c’est finalement Focus Features qui a raflé le morceau en posant près de 80 millions de dollars (environ 74 millions d’euros) sur la table. Un pactole monstre qui couvre à la fois la production et les cachets du réalisateur et des acteurs, pour ce qui sera le tout prochain film d’Eggers.

L’information a été révélée ce mardi 22 septembre 2026 par The Hollywood Reporter, qui a le premier rapporté le scoop. L’accord n’est d’ailleurs pas encore totalement bouclé : selon le magazine, Focus Features est sorti en tête des enchères, mais les contrats restent à finaliser.

Un choix créatif radical qui change tout pour Roméo et Juliette

Si le grand public s’attend à une relecture moderne ou à une énième adaptation académique, Eggers a déjà posé son énorme pavé dans la mare. Principal bouleversement par rapport aux adaptations habituelles : les acteurs joueront et s’exprimeront intégralement en vieil anglais.

Exit les tentatives de vulgarisation ou la modernisation pop des dialogues à la Baz Luhrmann (Romeo + Juliet en 1996) où les épées devenaient des pistolets. Fidèle à son obsession maladive pour la reconstitution historique, Eggers refuse de moderniser les dialogues pour les prémâcher au public contemporain.

Ce parti pris intransigeant transforme du tout au tout la proposition de casting : les agents de Los Angeles vont devoir dégoter de jeunes comédiens capables de déclamer des vers complexes dans une diction oubliée depuis des siècles, tout en conservant une intensité de jeu viscérale.

Au lieu d’un drame romantique fluide, le film s’annonce comme une plongée immersive, presque documentaire et poétique, dans la brutalité linguistique et sociale de l’Italie de la Renaissance.

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La romance vue comme un pur film d’horreur

Voir le patron de l’horreur contemporaine récupérer l’histoire des Capulet et des Montaigu n’a rien d’un hasard. Décapée de son vernis à l’eau de rose, la pièce originale de Shakespeare est un concentré de violence pure : haine intergénérationnelle intestine, vendettas sanglantes dans les ruelles de Vérone, épidémie de peste en arrière-plan et trajectoire macabre de deux gamin(e)s poussés au suicide collectif par le fanatisme de leurs familles.

En imposant la langue originale brute au milieu de la violence du 16e siècle, Robert Eggers ne devrait pas nous raconter une gentille histoire de coup de foudre.

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