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Saturday, November 7, 2026

Projet de 20 condos ultraluxueux | Tourmente dans le « Haut-Outremont »

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L’action se déroule dans l’avenue Maplewood, l’une des plus prestigieuses du riche arrondissement montréalais d’Outremont.

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Les maisons érigées ici, sur le flanc du mont Royal, ont souvent des allures de manoirs, avec leurs devantures en pierre grise ou en brique rouge. Elles valent 2,5 millions de dollars au minimum, parfois le double.

C’est dans ce secteur alors en émergence que les Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception ont établi leur congrégation en 1902. Elles y ont bâti un vaste domaine, traversé par un ruisseau et rempli de verdure. Une oasis où elles venaient se ressourcer avant de repartir répandre la bonne parole en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud.

La propriété est devenue trop grande pour leurs besoins. Elles se sont résignées à la vendre en 2015. En pièces détachées.

Les religieuses ont cédé un premier morceau au promoteur Demonfort, pour 11 millions. Le groupe y a bâti une soixantaine de condos haut de gamme et quelques maisons en rangée, en intégrant une partie de l’ancien couvent.

De grosses pointures du milieu juridique, du showbiz et de la finance habitent le complexe, situé à quelques minutes du centre-ville. Parmi eux : l’homme d’affaires Jean-Pierre Léger, qui a vendu sa chaîne de restaurants St-Hubert pour 537 millions il y a 10 ans.

La congrégation a choisi de se départir du reste de sa propriété il y a deux ans. Un lot limitrophe au premier, mais situé un peu plus haut dans la montagne : avenue Maplewood.

Les religieuses ont conclu une promesse d’achat avec l’ex-président de Demonfort, Florent Moser. Un gars d’Outremont, 47 ans, quatre enfants. Elles avaient aimé son premier projet, respectueux de la flore et du patrimoine religieux, et lui faisaient confiance pour donner une nouvelle vocation au deuxième site.

Le promoteur a racheté en parallèle un lot voisin pour 2,4 millions. Son plan ? Obtenir un changement de zonage pour ces terrains, puis y bâtir une vingtaine de grands appartements ultraluxueux, d’une valeur de plus de 2 millions chacun.

IMAGE FOURNIE PAR LE GROUPE MOSER

Le projet proposé comprendrait 20 grands appartements de trois chambres.

Un investissement d’environ 40 millions au total.

Le projet a été ébruité il y a quelques mois. La rumeur a eu l’effet d’une bombe nucléaire dans la petite enclave cossue du « Haut-Outremont », où tout le monde se connaît et où plusieurs jouissent d’un vaste pouvoir d’influence.

Les riverains se sont vite mobilisés. Leur bataille comporte un seul objectif : empêcher la construction de copropriétés dans l’avenue Maplewood, dominée par les imposantes maisons unifamiliales.

Pas ici, pas dans ma cour.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Des maisons de l’avenue Maplewood, dans Outremont

Cette campagne « anticondos » est menée à coups de chaînes de courriels, de pétitions, de porte-à-porte, ou encore d’appels à la mairesse d’Outremont, Caroline Braun, et à d’autres élus.

Des militantes ont tenté d’inciter Justin Trudeau à s’impliquer dans la fronde, m’a confirmé un porte-parole de l’ancien premier ministre du Canada. M. Trudeau a acquis une maison à 4,3 millions dans l’avenue Maplewood, au début de l’année, à quelques centaines de mètres de l’ancienne congrégation religieuse. (Il a décliné leur offre.)

La mairesse de Montréal a aussi été sollicitée.

Un riverain, l’avocat Jean-Pierre Ouellet, ancien vice-président du conseil de RBC Marché des Capitaux, soutient s’être entretenu à deux reprises avec Soraya Martinez Ferrada, pour signifier son opposition à un changement de zonage, qui permettrait la construction d’un immeuble multilogements.

Sa dernière conversation remonte à la semaine dernière, m’a-t-il affirmé.

« Madame Ferrada, quand je lui ai parlé mardi en fin d’après-midi, elle était sereine : “Faites-vous-en pas. Le changement de zonage est en voie de se faire, il va être fait dans quelques semaines, peut-être quelques mois, ça va être zoné comme vous l’avez demandé : unifamiliale et/ou parc”. C’est ce que la mairesse Ferrada m’a dit. »

Le cabinet de la mairesse a refusé de me confirmer si cette conversation a eu lieu, et si elle a pris de tels engagements en matière de zonage – une décision qui devrait relever de l’arrondissement.

« L’arrondissement d’Outremont a exprimé son intention de permettre l’habitation sur ce terrain, conformément au changement de zonage prévu au Plan d’urbanisme et de mobilité. Ça doit suivre les étapes réglementaires, passer devant le conseil d’arrondissement et les élus devront se prononcer. On ne peut pas présumer de la décision qui sera prise », m’a indiqué Mme Martinez Ferrada par écrit.

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