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Wednesday, September 23, 2026

Pourquoi le géant américain Nike ne fait plus rêver

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Nike reste le premier équipementier sportif mondial, mais la marque américaine traverse une période difficile. Baisse du chiffre d'affaires, chute de l'action, perte de parts de marché en Chine et montée en puissance de nouveaux concurrents, le géant de la basket doit désormais retrouver l'innovation et la désirabilité qui ont fait son succès.

C'est une marque et un logo que l'on connaît toutes et tous : Nike et sa célèbre virgule. Et si Nike est toujours le premier équipementier sportif mondial, son image est sérieusement écornée. Kylian Mbappé a annoncé le 18 septembre qu'il mettait fin à sa collaboration avec l'entreprise. Cette semaine, Nike a également perdu sa place au sein de l'indice S&P 100, qui regroupe les 100 plus grandes capitalisations boursières américaines. Un symbole supplémentaire du déclassement du géant américain.

Pourtant, il y a encore trois ans, l'entreprise réalisait un chiffre d'affaires record : 51,4 milliards de dollars sur l'exercice 2023-2024. Mais aujourd'hui, il est inférieur de près de cinq milliards de dollars. Et autre symbole de ce déclassement : l'action Nike a perdu près de 80 % de sa valeur en cinq ans.

Si le géant mondial de la basket connaît une période difficile, c'est notamment en raison de différentes erreurs stratégiques. D'abord, le groupe a préféré s'appuyer sur ses modèles iconiques en les remettant au goût du jour, comme les Air Force 1 ou les Dunks, au détriment de la recherche et de l'innovation purement sportive. Or le marché a changé.

Les consommateurs se sont lassés des grandes marques de sport généralistes et se sont tournés vers de nouveaux acteurs proposant des produits plus spécialisés. Surtout, Nike a voulu privilégier la vente directe sur son propre site internet et dans ses boutiques officielles. L'objectif était de mieux contrôler sa relation avec les consommateurs et de vendre directement ses produits. Mais en réduisant ses relations avec bon nombre de distributeurs indépendants, la marque a aussi libéré un espace considérable dans les rayons des magasins multimarques. Et cette place a été récupérée par les concurrents.

On, Hoka, Salomon : les nouveaux concurrents de Nike

De nouvelles marques ont ainsi pu s'installer dans les rayons, comme la marque suisse On, mais aussi Hoka, Salomon ou Asics. Ces entreprises ont attaqué Nike sur des marchés précis : le running, la randonnée, le trail ou encore le tennis, alors que Nike proposait une immense gamme destinée à tout le monde. Les nouveaux acteurs, eux, sont arrivés avec des produits très spécialisés, très reconnaissables et une identité forte sur chaque sport.

Pendant longtemps, Nike avait pourtant les têtes d'affiche et les légendes nécessaires pour asseoir la puissance de sa marque. Porter une Nike, c'était aussi acheter une image. Michael Jordan, Serena Williams, Cristiano Ronaldo ou encore Kylian Mbappé ont contribué à faire de la marque un phénomène culturel. Pendant des décennies, le groupe disposait ainsi de trois avantages en même temps : de très bons produits, les meilleurs athlètes et une puissance culturelle exceptionnelle.

Le dossier souligne que cette domination, longtemps partagée essentiellement avec Adidas et Puma, est aujourd'hui remise en cause par de nouveaux acteurs. Et les clients, eux, ont été sensibles aux arguments de ces nouvelles marques. La Chine est une parfaite illustration de cette perte de puissance. Pendant des années, le pays a constitué l'un des grands moteurs de croissance de Nike, derrière les États-Unis. Mais les ventes y ont reculé de 30 % depuis 2021, tombant à leur niveau le plus bas depuis huit ans. Nike doit en outre affronter des marques chinoises comme Anta et Li-Ning, qui bénéficient d'une meilleure connaissance du marché local.

Nike tente de retrouver la recette de son succès

À cela s'ajoute un autre problème : Nike fabrique l'essentiel de ses produits en Asie, notamment au Vietnam, en Chine, en Indonésie ou au Cambodge. Ces pays sont confrontés à des droits de douane américains sur les importations. Ces surtaxes ont pesé sur les coûts et les marges de l'entreprise. Alors relativisons tout de même, Nike reste un géant mondial. L'entreprise emploie près de 78 000 personnes et conserve une puissance considérable. Et une partie de sa stratégie est justement en train d'être corrigée.

Depuis l'arrivée d'Elliott Hill à la direction de Nike fin 2024, le groupe cherche notamment à renouer avec les distributeurs et à remettre les produits sportifs au cœur de sa stratégie. Le plan de redressement baptisé « Win Now » vise notamment la course à pied et le basketball, avec l'objectif de relancer les ventes et de stabiliser les parts de marché. Le défi est donc considérable : Nike doit retrouver de l'innovation, reconquérir des consommateurs et surtout recréer cette puissance culturelle qui lui permettait autrefois d'imposer les tendances.

Car le véritable problème de Nike n'est peut-être finalement pas seulement de vendre moins de chaussures. C'est d'avoir perdu une partie de cette capacité à faire rêver. La fameuse virgule n'est donc pas près de disparaître. Mais le géant américain doit désormais tout faire pour qu'elle ne se transforme pas en point final.

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